Ski alpin : "Le calendrier doit être adapté", propose Adrien Théaux après l'annulation des trois premières manches masculines de la Coupe du monde

Privé de compétition à Zermatt-Cervinia (entre Suisse et Italie) ce week-end à cause des conditions météorologiques, le descendeur tricolore se dit en faveur d'une saison démarrant et finissant un peu plus tard.
Article rédigé par Andréa La Perna, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Le Français Adrien Théaux lors de la descente des finales de la Coupe du monde à El Tarter en Andorre, le 15 mars 2023. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Toujours pas de coup d'envoi pour la saison 2023-2024 de la Coupe du monde de ski alpin pour les hommes. Après l'annulation du géant de Sölden à cause du vent, le 29 octobre, les deux épreuves de descente prévues à Zermatt-Cervinia (là où le pillage d'un glacier fait polémique) n'ont pas pu avoir lieu les 11 et 12 novembre en raison de tempêtes de neige. Rien d'étonnant pour le descendeur français Adrien Théaux, habitué aux reports et autres interruptions dans cette discipline périlleuse, qui nécessite des conditions optimales pour garantir la sécurité des sportifs. Le doyen du circuit (39 ans) pense que décaler le calendrier de la Coupe du monde pourrait régler plusieurs problèmes.

Franceinfo: sport : Dans quel état d'esprit êtes-vous après l'annulation ?

Adrien Théaux : Ce n'était pas une grande surprise ce matin. Vu la météo, on se doutait depuis quelques jours que ça allait être très compliqué. On savait que [les organisateurs] voulaient absolument que cette course se tienne parce qu'elle avait déjà été annulée l'année dernière par manque de neige. Cette année, ce n'est pas le cas, mais on se doutait que sur les glaciers, à cette époque-là de l'année, ça devient très compliqué d'éviter le mauvais temps. 

La saison n'a toujours pas commencé et votre préparation est contrariée...

Je suis déçu parce que j'ai toujours envie de courir. Après, ça nous laisse plus de temps pour nous entraîner parce qu'on n'en a pas eu beaucoup. Les deux stages de préparation les plus importants sont au Chili et en Amérique du Nord en novembre, sauf qu'on nous a mis cette course entre les deux. Les conditions ont été exécrables au Chili et nous [les descendeurs] n'avons eu aucune journée d'entraînement quasiment. On aura la chance d'aller s'entraîner à Copper Mountain aux Etats-Unis, juste à côté de la prochaine descente, celle de Beaver Creek. Il y aura tout le monde et tout le monde y a ses repères. Même si on ne se donne pas à fond, ce sera quasiment des journées de course.

L'année dernière, quatre des cinq premières manches avaient été annulées, dont trois descentes. Vous donnez l'impression d'avoir pris l'habitude de ces annulations...

Ca fait quasiment 17 ans que je suis sur le circuit. En descente, des annulations, on en voit quand même beaucoup. Il faut savoir relativiser et être patient. J'ai appris à ne pas perdre d'énergie parce qu'on vit souvent des journées à rallonge parce qu'il fait mauvais, à cause du brouillard ou du vent, et que les courses sont retardées... Des fois, c'est décalé au lendemain. Je ne suis pas étonné et ça ne me fait ni chaud ni froid. Sur certaines courses, ça m'embête, là, ça me laisse plus de temps pour me préparer.

Pour bénéficier d'une meilleure préparation, éviter les annulations et concourir sous de meilleures conditions, vous êtes pour une restructuration du calendrier ?

Nécessairement, oui. Le calendrier doit être adapté. Certains le disent par rapport au manque de neige. Cette année c'est le contraire. Ce n'est pas une science exacte, mais d'après ce qu'on a pu voir sur les dernières années, les saisons se décalent de plus en plus. Généralement, il n'y a pas trop de neige à cette époque et il y en a énormément en fin de saison. Je suis pour décaler un petit peu le calendrier.

On arrive quasiment plus à nous préparer en été, sauf en Amérique du Sud. Pour les descendeurs, c'est aussi très difficile de trouver des pistes assez longues pour s'entraîner. Organiser des courses à haute altitude à cette période (fin octobre-mi novembre), c'est très compliqué. Souvent l'automne il fait très très mauvais. Soit il y a beaucoup de vent, soit il neige énormément, ce qui nous est arrivé cette année alors qu'il n'y avait pas de neige l'an dernier. C'est assez étonnant de mettre une course aussi tôt, surtout en descente, où les conditions pour pouvoir s'élancer sont plus difficilement réunies.

[Si le calendrier est décalé et que la Coupe du monde se termine plus tard], les conditions seront meilleures. Organiser des courses à cette periode-là, c'est aussi montrer aux gens que venir au ski au mois d'avril, voire début mai, c'est bénéficier de conditions assez exceptionnelles.

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