Collisions, blessures, hospitalisations... Sept chiffres sur les accidents de ski en France

Au lendemain de la mort de l'acteur Gaspard Ulliel après une collision dans une station savoyarde, franceinfo décrypte les principales données sur les accidents qui ont lieu sur les pistes de l'Hexagone.

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Un hélicoptère intervient le 28 février 2018 dans la station de sports d'hiver de Chalmazel, dans la Loire. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Le ski est-il (trop) dangereux ? Deux accidents de ski mortels en quelques jours dans les stations de sports d'hiver des Alpes françaises relancent le débat. Mercredi 19 janvier, l'acteur Gaspard Ulliel est mort à la suite d'une collision, mardi, avec un autre skieur, dans la station de La Rosière (Savoie). Le week-end précédent, une fillette britannique de 5 ans a été tuée après avoir été percutée par un homme de 40 ans qui skiait à une vitesse excessive, à Flaine (Haute-Savoie). Après ces drames, franceinfo fait le point sur les accidents de ski en sept chiffres.

Plus de 100 000 accidents traumatiques liés aux sports d'hiver chaque année 

Chaque année, en France, de nombreux blessés liés aux sports d'hiver sont à dénombrer. Ainsi, pas moins de 110 000 accidents traumatiques, c'est-à-dire avec blessure (une fracture, par exemple), ont été recensés lors de la saison 2019-2020, selon le rapport de l'association Médecins de montagne (document PDF). Un chiffre moins important que les années précédentes en raison de la fin précoce de la saison de ski, mi-mars 2020, liée à la pandémie de Covid-19. Sur les vingt dernières années, le nombre annuel d'accidents traumatiques en France varie entre 130 000 et 160 000 en moyenne.

Une vingtaine de décès par an dans les stations de ski

Sur les dix dernières saisons de ski (à l'exception de la saison 2020-2021, lorsque les remontées mécaniques étaient fermées), une vingtaine de personnes sont mortes, en moyenne, chaque année, dans les stations françaises, selon un rapport du Système national d'observation de la sécurité en montagne publié en 2020 (document PDF). Ce chiffre ne prend pas en compte les morts dues aux avalanches. Dans le détail, près de la moitié de ces décès ne sont pas traumatiques, liés par exemple à une crise cardiaque.

Seuls 5% des accidents de ski entraînent un transfert immédiat à l'hôpital

Si les accidents de ski sont nombreux, seuls 5,1% d'entre eux nécessitent de transférer immédiatement la personne blessée à l'hôpital ou en clinique, selon la moyenne de ses dix dernières années, rapporte l'association Médecins de montagne. Seuls 0,1% des accidents entraînent également une héliportation urgente depuis les pistes de ski.

Les collisions représentent seulement 10% des accidents de ski sur les pistes

Les deux terribles accidents mortels des derniers jours, causés par des collisions, sont des cas relativement rares. En effet, ces chocs entre skieurs représentent seulement 10% des accidents sur les pistes, selon l'association Médecins de montagne. L'immense majorité des blessures à ski sont liées à des chutes en solitaire. Les collisions sont cependant à l'origine d'un quart des blessures à la tête, dont les traumatismes crâniens. Ce fut le cas pour Gaspard Ulliel, victime d'un grave traumatisme crânien après une collision, mardi 18 janvier.

En règle générale, ces collisions entre skieurs sur les domaines balisés sont peu sévères. La gravité est bien plus importante pour les accidents de ski hors piste et lors de collisions contre des obstacles (des rochers, par exemple), selon un rapport de l'Ecole nationale des sports de montagne (ENSM) rendu en 2019 (document PDF). 

Les lésions au genou et à l'épaule représentent 52% des blessures

Attention à vos articulations. Plus de la moitié des blessures provoquées par des accidents de ski concernent des lésions au genou ou à l'épaule, selon l'association Médecins de montagne. Les entorses au genou, avec rupture des ligaments croisés, représentent à elles seules 15% des blessures lors des sports d'hiver, et même le double chez les femmes de plus de 25 ans. Chez les 10-16 ans, la fracture du poignet atteint plus de la moitié des diagnostics.

Les collisions entre skieurs sont plus fréquentes sur les pistes bleues

Les pistes les plus difficiles ne sont pas forcément celles où les accidents entre usagers sont les plus nombreux. En effet, ce sont sur les pistes bleues, de niveau moyen, que la proportion la plus importante de collisions entre skieurs a lieu, selon le rapport de l'École nationale des sports de montagne (document PDF). C'est également à l'intersection de deux pistes bleues qu'a eu lieu l'accident ayant provoqué le décès de Gaspard Ulliel, mardi 18 janvier.

Ces pistes aux pentes relativement douces "sont skiées par des skieurs de niveaux et de comportements contrastés, note le rapport. Certains, expérimentés, y verront l'occasion d'adopter des trajectoires le long de la ligne de pente pour acquérir de la vitesse, d'autres sont en phase d'acquisition technique, avec peu d'autonomie et de régulation de trajectoire."

Le casque réduit de 35% le risque de blessure à la tête

Afin de limiter le risque d'accidents traumatiques, le casque est recommandé pour les skieurs. Avec cette protection, le risque de blessure à la tête diminue de 35%, selon une analyse de plusieurs études menées sur le sujet par une revue médicale canadienne en 2010 (document PDF). Ces dernières années, le port du casque se généralise en France, particulièrement chez les jeunes. Plus de 70% des 13-30 ans portaient cette protection en 2019, soit environ 10 points de plus qu'en 2016, selon un rapport du Système national d'observation de la sécurité en montagne publié en 2019 (document PDF).

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