Guerre en Ukraine : l'ancien biathlète français Simon Fourcade suscite la polémique en critiquant l'exclusion des athlètes russes

Publiées dans un média russe vendredi, les déclarations du Français lui ont valu des centaines de messages de haine, dont un de Dmytro Pidruchnyi, biathlète ukrainien qui a rejoint le front.

Article rédigé par
Anaïs Brosseau - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le biathlète français Simon Fourcade, ici en 2019 à Ostersund, a pris sa retraite à l'issue de la saison 2019-2020. (MAXPPP)

Des déclarations qui ne sont pas passées inaperçues. Simon Fourcade a accordé une interview au média russe Match TV, publiée vendredi 1er avril, dans laquelle l'entraîneur de l'équipe de France junior de biathlon a estimé que la décision d'exclure les athlètes russes des compétitions internationales était "contre-productive". Des propos qui, depuis, font polémique et lui valent un déferlement de messages de haine, l'attaquant lui et son frère Martin, ce qui l'a conduit à préciser ses propos, dimanche 3 avril, sur son compte Instagram.

L'ancien biathlète français a ainsi développé son point de vue : "Je ne soutiens pas la guerre, ni le gouvernement russe", a-t-il rappelé en préambule. "Oui, j'ai dit que je n'étais pas d'accord avec la décision d'exclure les athlètes russes des compétitions internationales car je pense que c'est totalement contre-productif et une grosse hypocrisie. La plupart des athlètes russes sont contre la guerre mais la réalité est qu'ils ne peuvent pas le dire !"

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Appelant à laisser son frère en dehors de la polémique, Simon Fourcade a pointé du doigt les fédérations internationales : "C'est assez facile de (les) voir exclure d'une voix unie les athlètes russes quand, dans le même temps, elles attribuent des événements sportifs majeurs à des pays qui ne respectent pas la paix et les droits de l'homme". "Peut-être est-il temps d'arrêter de soutenir des régimes et des dictatures en leur donnant de tels événements et d'attendre des athlètes qu'ils prennent des décisions et des positions qu'elles-mêmes ne sont pas capables de prendre", a tonné Simon Fourcade.

La contre-attaque de Pidruchnyi

Au lendemain de la publication de l'interview dans le média russe, le biathlète ukrainien Dmytro Pidruchnyi avait vivement et publiquement réagi sur son compte Instagram aux propos de son ancien adversaire. "Martin et Simon, allez au diable. J'espère que vos enfants ne ressentiront jamais la douleur que les enfants ukrainiens ont vécue", avait-il d'abord écrit avant de préciser dans son message qu'il "regrette avoir voté pour Martin à la commission de athlètes du CIO", décrivant la star du biathlon français par des propos peu amènes. Dans un commentaire à ce message, Martin Fourcade lui a répondu "comprendre sa colère et sa tristesse". "Mais cela ne te permet d'insulter quelqu'un parce que tu n'es pas d'accord avec ce que son frère a dit", a cinglé le multiple médaillé olympique.

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Engagé dans l'armée ukrainienne depuis le début du conflit, le biathlète estime, contrairement à la position adoptée par Simon Fourcade, que "le sport a toujours été un outil de marketing pour n'importe quel pays. (...) Pour moi, le silence des athlètes russes et biélorusses signifie qu'ils ont fait le choix de soutenir la guerre. Je ne regrette pas du tout qu'ils ne soient présents à aucune compétition internationale car je crois que tout le peuple de Russie et de Biélorussie est responsable de celui qu'il a élu et à qui il a pardonné les crimes d'avant", a écrit l'athlète, en légende d'une photo où il apparaît casqué, armé et protégé d'un gilet pare-balles. 

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