Coupe du monde de biathlon : Fillon Maillet, Jacquelin, Simon... Ce qu'il faut retenir de la saison de l'équipe de France

Malgré la pandémie et le huis clos, la saison de biathlon a pu se dérouler presque normalement. Si la Norvège a dominé la plupart des classements, les Français et les Françaises n'ont pas démérité. Entre surprises, déceptions et révélations, retour sur la saison des biathlètes tricolores en Coupe du monde.
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France Télévisions
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Quentin Fillon Maillet lors des Mondiaux de Pokljuka.  (ANZE KACIN / AFP)

• Quentin Fillon Maillet, la relève de Martin Fourcade ?

Un seul Français et quatre Norvégiens dans le top 5 du classement général : voilà qui en dit long sur l'hégémonie scandinave tout au long de cette saison 2020-2021. Mais Quentin Fillon Maillet a souvent réussi à se glisser entre les cadors norvégiens. Sans Martin Fourcade, le "patron" du biathlon tricolore, retraité depuis mars 2020, "QFM" a tenu son rang en se hissant comme la saison passée à la troisième place du classement général (930 points). Mieux, il ne termine qu'à un peu plus de 100 points de Johannes Boe (1052) et Sturla Laegreid (1039).

S'il a eu du mal à lancer sa saison lors des deux premières étapes à Kontiolahti, le natif de Champagnol a ensuite enchaîné les podiums avec une victoire sur la poursuite et le relais masculin d'Hochfilzen, et une deuxième place lors du sprint. Membre des relais vainqueurs à Oberhof et Antholz, Fillon Maillet a réalisé un week-end parfait à Nove Mesto, pour l'avant-dernière étape de la saison : la victoire sur le sprint et la poursuite.

En remportant ces deux courses, il est devenu le troisième Français de l’histoire, après Raphaël Poirée et Martin Fourcade, à signer un tel. Le Jurassien a confirmé qu'il était bel et bien le biathlète tricolore le plus régulier, et potentiellement le plus armé pour succéder au Roi Martin Fourcade au palmarès de la Coupe du monde.

• Émilien Jacquelin, entre démonstrations et couacs

Il aura connu une saison en clair-obscur, parfois en difficulté au tir couché (89% de réussite). Mais ce sont ses tirs debout, qui ont impressionné tout au long de l'hiver. Émilien Jacquelin a laissé bouche bée les cadors du circuit avec sa vitesse de tir, sans même vraiment comprendre lui-même : "Sur le coup, je ne me rendais vraiment pas compte et je ne comprenais même pas trop l’emballement qu’il pouvait y avoir autour de ça dans l’aire d’arrivée. Quand Laegreid, Johannes Boe ou Emil Svendsen disent qu’ils ont été impressionnés, je suis touché mais en fait, je n’avais pas l’impression que c’était exceptionnel" a-t-il déclaré au micro de La Chaîne l'Équipe après son titre de champion du monde de la poursuite.

Le Lucky Luke du pas de tir a pourtant connu une période cauchemardesque devant les cibles. Tout avait débuté lors de la mass start des Championnats du monde à Pokljuka où Jacquelin avait loupé ses cinq balles sur le second tir couché. Il avait malheureusement récidivé à Nove Mesto lors du relais. En deux courses, le Grenoblois avait réalisé le triste score de 1/13 face aux cibles. Des échecs après lesquels il avait finalement pu rebondir, en décrochant un parfait 5/5 au tir couché lors du sprint de Nove Mesto.

Quoi qu'il en soit, il faudra enfin et surtout retenir ce deuxième titre mondial en poursuite après celui de 2020. Seules des légendes comme Martin Fourcade et Ole Einar Bjørndalen ont réussi à conserver des couronnes mondiales, et l'insolente démonstration de Jacquelin avait notamment laissé sans voix, ou presque, la meilleur biathlète actuel. "Je crois que nous avons assisté au plus beau tir de l'histoire du biathlon" avait lâché, plein de classe, Johannes Boe quelques minutes après le triomphe de son rival tricolore en poursuite.

• Julia Simon, si près d'un petit globe

S’il y a bien une discipline où Julia Simon a excellé cette saison, c’est la mass start. Alors qu’elle avait débuté par une septième place lors de la première course à Hochfilzen, Julia Simon a vite fait beaucoup mieux. Dès la deuxième épreuve de la saison qui se déroulait à Oberhof, la Savoyarde décrochait sa deuxième victoire en carrière. Et sur sa lancée, la biathlète remportait une semaine plus tard, la mass start d’Antholz-Anterselva.

Mais malgré un titre mondial sur le relais mixte à Pokljuka aux côtés d’Antonin Guigonnat, la biathlète des Saisies a eu beaucoup de mal à terminer cette saison. En lice pour le petit globe de la mass start avant l’ultime course de l’hiver ce dimanche 21 mars, la Française a tout perdu après avoir vécu un calvaire sur le pas de tir (5/20), pour se classer dernière. Elle a laissé filer le petit globe pour cinq points et également manqué l’occasion de terminer dans le top 10 du classement général. Mais ce n’est que partie remise pour la biathlète de 24 ans.

• Premières victoires individuelles pour Simon Desthieux

C’est peut-être sa médaille d’argent aux mondiaux de Pokljuka qui lui a donné envie de rêver encore plus grand en Coupe du monde. Simon Desthieux est allé chercher pour la première fois de sa carrière la plus haute marche du podium sur le sprint à Nove Mesto avant de rééditer trois semaines plus tard sur la dernière mass start de la saison à Östersund

Si le biathlète de 29 ans avait déjà connu la première place plus tôt dans la saison, c’était toujours avec ses coéquipiers de l’équipe de France lors des relais masculins d’Oberhof et d’Antholz-Anterselva. Des succès qui lui ont permis de reprendre confiance pour la fin de la saison et d'aller prendre, enfin, cette place qui l'attendait tant tout en haut de la boîte.

• Lou Jeanmonnot, la jeune à suivre

Pour la première fois de sa carrière, elle a pris le départ d’une course en Coupe du monde. Après avoir terminé deuxième du classement général de l’IBU Cup (l'antichambre de la Coupe du monde), Lou Jeanmonnot, 22 ans seulement, a rejoint la cour des grands à Nove Mesto. Une entrée réussie pour la biathlète de Métabief qui a sorti un sans faute au tir (10/10), performance qu'elle a réédité la semaine suivante sur la poursuite à nouveau en République Tchèque avec un 20/20. Auteur de deux tops 30 en six courses, la jeune Française a inscrit ses premiers points en Coupe du monde mais elle devra maintenant gagner en consistance sur les skis pour s'immiscer dans le gotha mondial.

• Cinq Français dans le top 20 du classement général, Anaïs Chevalier-Bouchet dans le top 10

Une nouvelle fois cet hiver, derrière la Norvège, l’équipe de France a prouvé qu’elle était la nation la plus dense. S'il n'y a plus quatre Français dans les sept meilleurs biathlètes mondiaux comme en 2020, cinq Tricolores se sont tout de même placés dans le top 20 : Quentin Fillon Maillet (3e), Émilien Jacquelin (7e), Simon Desthieux (9e), Fabien Claude (19e) et Antonin Guigonnat (20e), les deux derniers signant même la meilleure saison de leur carrière.

Côté féminin, l'hiver a été particulièrement irrégulier, notamment sur le pas de tir. Seule Anaïs Chevalier-Bouchet (9e) s'invite dans le top 10 mondial, à son retour de maternité, et avec quatre podiums à la clé. Julia Simon (13e) et Justine Braisaz-Bouchet (15e) ont connu une saison un peu plus compliquée, et devront être plus régulières derrière la carabine pour rejoindre la lutte pour les globes de cristal.

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