Sport amateur : Frédéric Thiriez lance "un véritable SOS aux pouvoirs publics" pour soutenir les associations de quartier

"En trois ans, ces clubs, qui sont souvent dans les quartiers des villes ou les zones rurales défavorisées, ont perdu 60  emplois", regrette l'ancien président de la Ligue de football professionnel.

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Frédéric Thiriez au palais de justice de Paris, en juillet 2019. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Dans une tribune publiée par le journal l'Équipe dimanche 22 novembre, plus de 80 responsables de clubs amateurs, mais aussi des champions et dirigeants sportifs, appellent le gouvernement à venir en aide aux associations sportives. Parmi ces signataires, l'ancien président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, témoigne sur franceinfo de l'importance du sport amateur, "le plus formidable outil d'éducation et d'insertion sociale".

franceinfo : Pourquoi avez-vous participé à cet appel pour soutenir les associations sportives amateurs ?

Frédéric Thiriez : La tribune, que nous avons signée avec 80 acteurs de l'insertion par le sport, c'est un véritable SOS qu'on lance aux pouvoirs publics. Un appel est lancé à tous ceux qui travaillent sur le terrain pour l'insertion par le sport. C'est quoi le sport ? C'est le plus formidable outil d'éducation et d'insertion sociale, c'est le vivre ensemble. Et pour ce rôle essentiel, il nous faut des moyens. En trois ans, ces clubs, qui sont souvent dans les quartiers des villes ou les zones rurales défavorisées, ont perdu 60 000 emplois. Essentiellement des emplois aidés. Il faut absolument faire bouger les choses. Qu'est-ce que la France attend pour s'occuper sérieusement du problème des quartiers et des zones rurales défavorisées ? C'est ça le sens de notre appel.

À ces difficultés déjà existantes s'ajoute le contexte sanitaire actuel, quel est le manque à gagner pour les associations ?

Nous avons une perte sur le sport amateur de 25 à 30% de licenciés. Cela veut dire autant de ressources en moins. Mais ce n'est pas tout, à cela s'ajoute la diminution des subventions des collectivités locales, la fuite des sponsors, due elle aussi à la crise sanitaire. La faiblesse du soutien de l'État et surtout, le risque de découragement des bénévoles. Nous avons, dans le sport amateur en France, trois millions de bénévoles et c'est eux qui font fonctionner la machine. Ils se découragent. Il faut absolument faire quelque chose pour eux. C'est un des volets importants de l'action qu'il faut entreprendre.

Est-ce que vous sentez qu'il y a une inquiétude de la part de l'exécutif à ce sujet ?

Oui, ce qui est très positif, c'est que le président de la République ait reçu récemment des représentants du monde du sport. C'est important sur le plan symbolique. Parce que dans ce pays, nous, les acteurs du sport, on a un peu le sentiment que le sport est toujours la dernière roue du carrosse. La culture est beaucoup plus valorisée que le sport. Il y a une sorte de mépris ou de désintérêt pour le sport en dehors des grandes compétitions internationales, Coupes du monde, Jeux olympiques... Mais le sport, c'est à la base que ça se passe, c'est au quotidien, c'est sur le terrain. C'est un travail qui concerne 16 millions de Français qui sont licenciés et à peu près 300 000 clubs sportifs. Et c'est eux qui, au quotidien, assurent ce travail extraordinaire de lien social et de vivre ensemble.

Alors, quelles solutions pour les aider, les soulager ?

Cette tribune est tout à fait raisonnable et présente des demandes très mesurées. 50 millions d'euros pour un fonds d'urgence, qu'est-ce que ça représente par rapport aux 100 milliards du plan de relance ? Ce n'est pas grand-chose. Quant au grenelle du sport, que nous demandons, il s'agit simplement que tout le monde se rassemble. Les acteurs qui ont signé cette tribune ne sont ni des rebelles ni des agitateurs. Ce sont des gens qui proposent même leurs services et leurs expériences au service de la collectivité. C'est une occasion à saisir. Il faut que nous nous rassemblions. Il faut que nous ressoudions le pacte républicain autour du sport et du sport au quotidien. Je pourrais aussi parler du sport pour la place des femmes, pour le handicap. Tout ceci est très important.

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