Tournoi des six nations : une dernière étape cruciale avant le Mondial, où "le XV de France féminin veut montrer qu’il est capable de gagner"

Portées par une tournée d’automne où elles ont dominé la Nouvelle-Zélande, et les excellents résultats du rugby français à 7 comme à XV, les Bleues espèrent s’inscrire dans cette dynamique en remportant le Tournoi. Un moyen de préparer idéalement la Coupe du monde, qui se tiendra en octobre prochain.

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La joie des Bleues et la communion avec leurs supporters, après la victoire contre l'Afrique du sud, le 6 novembre 2021. (THIERRY CREUX / MAXPPP)

Les parallèles sont d’autant plus tentants que le scénario réservé aux Bleus de Fabien Galthié a été si beau. Après une tournée d’automne réussie grâce à un final en apothéose contre les All Blacks, le XV de France masculin a raflé le Grand Chelem dans le Tournoi, un point d’étape essentiel dans sa construction pour aborder dans les meilleures conditions le Mondial 2023, en France.  

En novembre, dans le même temps, le XV de France féminin étrillait l’Afrique du sud avant de dominer par deux fois les Black Ferns lors de sa tournée. Les Bleues d’Annick Hayraud abordent donc peu ou prou leur Tournoi des six nations avec ce match d’ouverture face à l’Italie, dimanche 27 mars (16 heures), dans les mêmes dispositions que leurs homologues masculins. À ceci près que leur Mondial aura lieu à la fin de l'année.

"C’est une saison particulière pour nous, on a la chance de jouer le Tournoi, de faire la préparation Coupe du monde et de la jouer", confirme la technicienne des Bleues. Un calendrier qui pousse les joueuses françaises à être particulièrement ambitieuses dans ce Tournoi 2022.

Elles ne s’en cachent pas, les Tricolores rêvent de la victoire finale, et plus encore, d’un Grand Chelem. Un objectif clairement affirmé par le responsable sportif des Bleues, Thomas Darracq – interrogé sur le sujet vendredi par l’AFP – et réaffirmé à franceinfo: sport par la manager du XV de France, Annick Hayraud dans la foulée. "L’ambition, c’est de gagner le Tournoi et de faire le Grand Chelem." Le succès de la tournée d’automne décroché par une équipe mélangeant jeunes pousses et anciennes a servi de catalyseur.  

C’était une tournée riche en émotions, trois matchs trois victoires, ça nous permet d’engranger de la confiance sur notre jeu. Tout le monde l’a senti et nous les premières, il y a eu une vraie émulation de groupe avec un projet de jeu qui fonctionne. Elle est venue récompenser notre travail.  

Gaëlle Hermet, capitaine des Bleues

à franceinfo: sport

Dans le lot de victoires, le double succès face aux Blacks Ferns (deuxième nation mondiale) est particulièrement précieux. "Ça nous a vraiment permis de nous jauger, d’améliorer des choses, de nous concentrer sur nos points forts. Sans tomber dans l’excès, on sait qu’on peut les battre, enchaîne la capitaine tricolore Gaëlle Hermet. Quand on ira en Nouvelle-Zélande, on sait très bien qu’elles auront à cœur de se rattraper de cette tournée qui a été très difficile pour elles. Ce ne sera plus la même équipe dans l’état d’esprit et le jeu, mais ce sont des victoires acquises. On sait aussi que tout peut changer d’une victoire à une autre."  

Un Tournoi crucial dans la construction d'un groupe

La réussite est d’autant plus belle et précieuse que plusieurs jeunes joueuses en ont profité pour faire leurs premiers pas en bleu. Si tout n’a pas été parfait – on pense notamment à quelques approximations venues annihiler des occasions d’essais –, les résultats sont là et les appelées se sont particulièrement illustrées. Plusieurs d’entre-elles commenceront d’ailleurs comme titulaires face à l’Italie (Jacquet, Castel).

"Sur la tournée d’automne, on avait mis pas mal de jeunes aussi, des nouvelles capées, des anciennes avec plus d’expérience. On est aujourd’hui dans cette continuité avec une moyenne d’âge de 25 ans, on construit encore notre expérience collective. Il faut mettre ces jeunes joueuses dans les meilleures conditions. Elles doivent beaucoup jouer et jouer des matchs à enjeux. Le Tournoi des six nations est génial pour ça aussi", précise Annick Hayraud. 

Le Tournoi est la dernière occasion pour peaufiner dans l’adversité les contours du groupe, qui tentera d’aller chercher le titre mondial en octobre. Une dernière occasion de doubler, tripler les postes, afin d’être "paré à réagir" en cas de mauvaise surprise.  

Il ne faut pas attendre d’être en Coupe du monde pour voir de nouvelles joueuses et leur donner de l’expérience parce que ça peut aller vite. Il peut y avoir des blessures, des méformes. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir un groupe de 35, 40 joueuses qui peuvent postuler.

Annick Hayraud, coach des Bleues

à franceinfo: sport

Les anciennes, comme Safi N’Diaye (absente car blessée en ce début de Tournoi) ou encore la capitaine Gaëlle Hermet, jouent un rôle de guide pour la nouvelle génération. "Bien sûr qu’on est dans cette notion de transmission et d’accompagnement. Mais même si elles restent jeunes par l’âge et par leur nombre de sélections, elles travaillent avec nous depuis un moment sur les stages, elles font des feuilles de matchs. Le fonctionnement est tel qu’elles font partie intégrante de l’équipe et du projet. Il y a une réelle émulation qui fait que ça fonctionne et on espère valider encore des choses sur ce Tournoi", souligne Gaëlle Hermet.    

Un défi anglais aussi grand que les Black Ferns

Pour gagner le Tournoi et faire le Grand Chelem, il faudra renverser l’Angleterre (première nation au classement mondial). Un défi au moins tout aussi grand que celui de battre les Black Ferns. "Ce sont les deux meilleures nations. À chaque fois, ce sont des matchs à enjeu, à grosse intensité, pendant lesquels on joue un rugby très complet", abonde Gaëlle Hermet. Si la manager concède qu’il s’agira d’un match important, son groupe ne doit pas griller les étapes.

"L’Angleterre sera un match important, mais comme celui contre le pays de Galles, l’Ecosse, l’Irlande et l’Italie. Si on les prépare bien, si on les joue bien, qu’au fur à mesure on rectifie des choses, qu’on travaille les détails, ça nous permettra d’arriver en position de force pour jouer l’Angleterre. Mais il ne faut pas se focaliser sur ce dernier match, ce serait une énorme erreur de notre part", prévient Annick Hayraud.

Si toutes les cases sont remplies, les Bleues pourraient s’offrir un final similaire à celui des garçons, au stade Jean-Dauger de Bayonne dont les tribunes sont d’ores et déjà bien remplies. Un plus pour espérer renverser les Anglaises. "Tous les matchs internationaux sont particuliers mais bien évidemment qu’un Crunch, depuis des années, c'est un match avec beaucoup de rivalité. On les connaît, elles nous connaissent, ça promet une très belle affiche, surtout à Bayonne. On espère que ce dernier match nous fera avoir le sourire à la fin", ajoute la troisième-ligne.  

Car ces Bleues, inspirées par leurs compères et leurs comparses, veulent elles aussi participer à la fête. "Que ce soit le XV de France masculin ou les filles du 7 avec leur médaille olympique (l’argent à Tokyo), ce sont des inspirations. Ils nous ont un petit peu montré la voie en ramenant un trophée en France. Le XV de France féminin veut montrer qu’il est capable de gagner", conclut-elle. La quête débute dimanche contre l’Italie (16 heures).

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