Tournoi des Six Nations - Serge Simon : "On s'interroge sur les déplacements des équipes"

Le vice-président de la FFR, Serge Simon revient sur le déroulement du Tournoi des VI Nations, qui doit débuter en février. Il évoque aussi le protocole strict mis en place, pour éviter les cas de Covid-19 dans la compétition.
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France Télévisions
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 (GABRIEL BOUYS / AFP)

Est-ce que le tournoi des VI Nations va avoir lieu ?
Serge Simon : "Pour l’instant, il est maintenu. C’est une édition un peu particulière parce que la dernière porte un goût d’inachevé, pour l'équipe de France. On se souvient du match contre l’Irlande, qui a été reporté et joué cet automne, alors qu’il devait être la finale du tournoi. On avait ressenti une nouvelle énergie derrière le XV de France dans les résultats et dans l’état d’esprit, et ça s’était malheureusement fini, à cause de la pandémie. Là, cette nouvelle édition va débuter, et on sait que les Bleus sont à la recherche d'un titre, donc on a hâte qu’elle se déroule.

"On espère donner du réconfort aux gens"

Nous avons aussi envie d’apporter un peu de bonheur et de rêve à la Nation, même si j'ai tendance à dire que c’est une goutte d’eau dans l’océan. Dans cette période très particulière, il y a peu d’événements culturels ou sportifs. Donc on espère donner du réconfort aux gens à notre niveau, et on souhaite que ce tournoi se déroule d’une seule traite.

Comment les matches vont être organisés ? Le format des rencontres à domicile et à l'extérieur va rester le même ou va évoluer ? 
SS : "La forme reste inchangée et les rencontres vont avoir lieu là où elles devaient se dérouler. On se pose juste une question sur les dernières mesures gouvernementales qui sont tombées, au niveau des tests PCR de moins de 72 heures, pour les voyageurs qui arrivent en France. Du coup, on s'interroge sur les déplacements des équipes. Mais surtout, on est inquiet au sujet de la décision de mettre en quarantaine les voyageurs extracommunautaires, qui posent le pied sur le sol français, pendant sept jours. Or, des pays du Tournoi des 6 Nations comme le pays de Galles, l’Angleterre ou l’Écosse sont concernés par cette mesure, à cause du Brexit.

Une dérogation pour le retour en France ?

Et surtout, ça veut dire que si nous nous déplaçons au Royaume-Uni pour jouer des rencontres, nous devons nous soumettre à cette quarantaine à notre retour sur le sol français. Nous espérons donc bénéficier d’une dérogation, comme c'est le cas pour l’équipe de France de handball, qui sera bientôt de retour du Mondial. Nous avons fait la demande et nous attendons une décision avec optimisme."

Est-ce que le protocole sanitaire va être le même pour tout le monde ? Par exemple, quand vous allez atterrir en Angleterre, devez-vous aussi vous soumettre à sept jours de quarantaine ?
SS : "La quarantaine pour tous les voyageurs existait déjà au Royaume-Uni, à l’automne dernier, mais il y avait des dérogations et le sport en faisait partie. Quand nous sommes allés jouer à Twickenham et à Murrayfield, nous étions hors quarantaine."

Des tests deux à trois fois par semaine

En parlant du protocole sanitaire, pouvez-vous nous le décrire ?
SS : "Il est très strict. Il avait déjà été mis en place lors du tournoi d’automne et il avait très bien fonctionné. Pour les 6 Nations, il a été renforcé avec beaucoup de tests avant d'entrer dans la bulle sanitaire. Il va falloir que nous nous soumettions à des tests bi-hebdomadaires voire tri-hebdomadaires tout au long du tournoi. Ce protocole sanitaire très méticuleux et rigoureux a deux objectifs : le premier, c’est d’empêcher l’apparition d’un foyer, c’est-à-dire que les personnes présentes dans la bulle ne soient pas porteuses du virus. Le deuxième concerne une possible apparition d’un cas de Covid-19, avec la capacité de gérer immédiatement sa non-dissémination à la fois dans le groupe ou dans une autre équipe. 

Avec les Fédérations, on se réunit deux fois par semaine pour échanger les résultats des tests et partager nos expertises sur ce contexte : on connaît donc en temps réel, la situation épidémiologique de chaque pays, qui participe à cette compétition."

Existe-t-il une inquiétude par rapport aux allers-retours entre les clubs et la sélection des joueurs ? 
SS : "Non, car c’est le principe d’une sélection et on le gère aussi avec un protocole strict. À chaque fois qu’un joueur repart, il n’est pas abandonné dans la nature ! Il retrouve une autre bulle sanitaire, car c’est un rugbyman professionnel et il est soumis à un protocole très rigoureux, qui est mis en place depuis début septembre. L’idée, c’est que le joueur ait une continuité des bulles dans son club mais aussi en équipe de France, avec un contrôle strict et le respect des règles sanitaires. Ensuite, on essaye de gérer les cas de contamination dans les clubs, et parfois ça mène à des reports de matches."

Pourquoi les coupes d’Europe ont été reportées et pas le Tournoi des Six Nations ? 
SS : "Il faut demander au gouvernement, mais je pense que les coupes d’Europe ont été reportées au début de l’apparition du variant britannique de la Covid-19, parce qu'on était dans le flou. Les autorités publiques ont déplacé les matches du mois de janvier en sous-entendant que les rencontres prévues en février auraient lieu. Le Tournoi des Six Nations commence en février, car la situation sanitaire est aussi mieux maîtrisée. Le facteur temps compte beaucoup dans cette pandémie, puisqu’on voit que, d’une semaine à l’autre, les décisions sont fléchies ou durcies. C’est une question de dynamique de la crise.
 
Pour finir, comment voyez-vous la fin de la saison de l’équipe de France ?  
SS : "Déjà, j’espère que le Tournoi des 6 Nations aura lieu. Après, nous avons une tournée prévue en Australie. Et là, il existe un point d’interrogation, non pas sur la probabilité du déroulement des rencontres, mais sur le protocole. Car en Australie, on impose à ce jour une quarantaine de quatorze jours en arrivant. Mais pour l’instant, aucune décision n'est prise pour le mois de juillet. On espère que les choses iront beaucoup mieux, et pourquoi pas, que le public sera de retour dans les stades pour soutenir les Bleus. Avec la mise en place de la campagne de vaccination, on souhaite que la situation s’améliore.

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