Italie-France : l'allant bleu, Dumortier décomplexé mais une indiscipline criante... Ce que l'on a aimé et moins aimé dans la victoire des Bleus à Rome

Le XV de France a brillé, par intermittence, pour son entrée dans le Tournoi, dimanche, face à l'Italie (24-29). Mais, à Rome, il a aussi montré aussi quelques signes inquiétants de fébrilité.
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Romain Taofifenua pris par Edoardo Padovani lors du match Italie-France comptant pour le Tournoi des Six nations le dimanche 5 février 2023 (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

C'est peut-être exactement ce qu'il fallait à ce XV de France. Un adversaire en pleine progression qui sait, mieux que les prévisibles Britanniques, nous faire tourner en bourrique. Mis à la faute comme rarement par des Transalpins si habiles à faire déjouer, les Bleus ont testé leurs nerfs au moins autant que leurs combinaisons. Sortis vainqueurs (29-25) sans trop laisser de plumes, dimanche 5 févier, les hommes de Fabien Galthié ont pu poursuivre leur série victorieuse et bien lancer leur Tournoi. Ce qui ne les dispensera pas de passer au tableau noir, car il y a pas mal de boulot avant le déplacement en Irlande, samedi prochain. 

Ce qu'on a aimé : 

Une entame presque trop parfaite

Même s'il a pu griser les Bleus par la suite, le début de match des Tricolores avait tout d'un songe d'une nuit d'été. Tout coulissait, tout roulait, tout fonctionnait. Les partenaires d'Antoine Dupont enchaînaient les offensives avec une réussite insolente et rien ne semblait présager de la suite, beaucoup plus confuse. Mais cette entame a eu le mérite, au moins, de prouver que les Bleus avaient toujours faim et n'entendaient pas brader leur titre, année de Coupe du monde à domicile ou non. 

Dumortier fait le liant

Qu'importe l'inexpérience d'une première sélection. Du haut de ses 22 ans, Ethan Dumortier a saisi sa chance avec l'insolence de sa jeunesse. Sans peur dans ses replis défensifs, il a surtout justifié ses qualités de finisseur (déjà 8 essais en Top14) pour récupérer une offrande de Romain Ntamack et inscrire son premier essai international. S'il poursuit sur cette lancée, il y en aura certainement beaucoup d'autres. Mais, il a démontré de belles facultés d'adaptation au sein d'un groupe pourtant parfaitement rôdé. Pourtant, comme il l'avouait au micro de France télévisions après le match, le baptême du feu a été rude : "J’ai compris ce qu’était le niveau international pendant les 10 premières minutes, ça m’a vite calmé". Pas tant que ça, visiblement. 

Capuozzo, symbole de la renaissance

Il ne s'appelle pas Michel, mais Ange, et ne cesse d'émerveiller. Présenté comme la nouvelle merveille de cette jeune génération italienne, Ange Capuozzo a justifié sa réputation naissante. En dévorant l'espace (122 mètres parcourus, plus haut total des deux équipes), mais aussi en étant à la conclusion d'un mouvement transalpin pour ajouter le coup de pinceau final. Déjà son 6e essai en 8 sélections. 

La diagonale, nouveau coup de maître sur l'échiquier français ?

Dans un jeu où stagner c'est régresser, le staff des Bleus a, semble-t-il, mis au point une nouvelle stratégie pour continuer de surprendre, de jouer là où on ne l'attend pas forcément. Les deux passes au pied de Romain Ntamack, pour Penaud qui sert Ramos, puis pour Dumortier, s'inscrivent forcément dans le cadre d'un plan de jeu étudié à l'entraînement. Le reste, à savoir ces diagonales parfaitement dosées, n'appartient qu'au talent de l'ouvreur tricolore. 

On n'a pas aimé

Les disciples de l'indiscipline

C'est bien simple, l'an passé, la France avait respectivement concédé 7, 8, 9 et 9 pénalités face à l'Irlande, le pays de Galles, l'Angleterre et l'Ecosse dans le tournoi 2022. Et 14 contre cette même Italie. Pas de doute, les Transalpins savent faire dégoupiller les Bleus comme personne. Il faut aussi leur reconnaître cet art, poussé à la perfection ce dimanche (18 pénalités accordées en leur faveur). Mais ce n'est pas une fatalité, ni une raison pour justifier tous ces errements romains. A la peine sur chaque regroupement, sur chaque ruck, les hommes de Galthié ont scié la branche, pourtant solide, sur laquelle ils étaient assis. Résultat, un match haché, et surtout un sentiment de plénitude et de maîtrise qui a complètement disparu. En espérant que cela ne soit que provisoire. 

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Une nouvelle identité encore floue

Fabien Galthié en avait fait son nouveau cheval de bataille : le jeu des Bleus devait évoluer vers une nouvelle aspiration : celui de la "repossession". A savoir reprendre le contrôle du ballon dès sa perte. Une ambition louable mais terriblement mise à mal au Stadio Olimpico. Pénalisée par les fautes dans les phase de combat, incapable de gêner la Squadra en mêlée (l'Italie a remporté 100% de ses introductions) ou sur les touches (seulement 2 touches gagnées sur lancer adverse), l'équipe de France a dû se résoudre à laisser la possession du cuir à son adversaire, pourtant pas orfèvre en la matière (57% contre 43%). Là encore, les Bleus sont clairement en phase d'apprentissage. Rome ne s'est, certes, pas faite en un jour, mais ils seraient bien inspirés d'accélérer la phase de construction. 

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