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Racing 92 - Stade Français : une fusion sous la pression du Qatar, confirme à demi-mot Jacky Lorenzetti

Le président du Racing 92, Jacky Lorenzetti, défend mardi la fusion entre son club et le Stade Français. Il dit avoir préféré cette option plutôt que de voir un richissime actionnaire étranger mettre la main sur son concurrent francilien. 

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Radio France
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Le président du Racing 92 Jacky Lorenzetti (au premier plan) et le président du Stade Français Thomas Savare (au second plan) en conférence de presse, le 13 mars 2017, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Au lendemain de l'annonce surprise de la fusion, dès la saison prochaine, des deux clubs franciliens du Top 14 de rugby, Jacky Lorenzetti, l'actuel président du Racing 92, a expliqué, sur franceinfo, avoir souhaité cette solution plutôt que de voir un richissime actionnaire étranger mettre la main sur le Stade Français. Il a dit préférer "additionner le Stade Français au Racing 92 que de prendre le risque de se retrouver dans une concurrence qui aurait pu être faussée".

franceinfo : Pourquoi cette annonce surprise et tardive d'une fusion qui sera, en plus, effective dès la saison prochaine ?

Jacky Lorenzetti : La volonté n'est pas de prendre tout le monde de court mais simplement de préserver la primeur de l'information à nos salariés et à nos collaborateurs. Cela parraissait aussi être la moindre des choses pour Thomas [Savare, le président du Stade Français, ndlr]. En même temps, il y avait une urgence à mener cette fusion pour préserver l'emploi. Il nous a paru intéressant de le faire rapidement pour que les joueurs, qui ne pourront pas - pour une raison ou une autre - faire partie de l'aventure, puissent trouver un nouveau club. Il était également question d'équité sportive pour permettre au championnat de se dérouler normalement.

La crainte de voir le Stade Français trouver des financements étrangers, notamment via des investisseurs venus du Qatar, vous a-t-elle influencé ?

La crainte de voir le Stade Français trouver une solution différente de celle de la fusion m'a interpellée, effectivement. Plutôt additionner le Stade Français [au Racing 92, ndlr] que de prendre le risque de se retrouver dans une concurrence qui aurait pu être faussée. Il ne s'agit pas d'absorber le Stade Français. Ce n'est pas ce qu'on a dit. On a dit qu'on faisait une fusion et que le capital serait détenu à parité ou de façon équilibré entre Thomas [Savare, ndlr] et moi. D'ailleurs, on l'a montré dans l'organigramme, puisque Thomas est président du conseil de surveillance. C'est lui qui va me nommer président du directoire. Le directeur général du club sera le directeur général actuel du Stade Français. Au niveau sportif, ce sont mes deux entraîneurs du Racing qui seront à la manœuvre. Et pour le reste de l'organigramme, on va voir les collaborateurs des deux clubs et on va essayer de trouver un bel organigramme avec tout ce monde.

Que répondez-vous à la déception exprimée par les joueurs et les supporters, notamment Parisiens ?

Bien sûr, je suis interpellé. Je ne suis pas insensible à la surprise et au choc que notre information a produit. Après, la famille existe aussi au Racing. J'ai conçu qu'on pouvait faire une union entre ces deux familles, plutôt que l'une prenne éventuellement une direction qui n'était pas souhaitable. À une époque où tout est divers, pluriel et différent, on peut additionner les cultures du Racing et du Stade Français. Ça va faire une formidable histoire.

Est-ce que la fédération française de rugby, qui s'est montrée très critique lundi soir, peut retarder voir interdire la fusion entre vos deux clubs ?

Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a aujourd'hui un bras de fer entre la fédération et les clubs professionnels, qui a pour but, de notre point de vue, de faire disparaître les clubs au profit des provinces. Inutile de vous dire que les clubs du Top 14 et de Pro D2 ne l'entendent pas de cette oreille puisque notre modèle actuel est vertueux et ne demande aucun subside aux pouvoirs publics.

Il n'y avait pas de place pour deux grands clubs à Paris ?

Si, il y a de la place pour deux grands clubs. On l'a montré. On a cohabité pendant dix ans. J'ai repris le Racing au fin fond de la D2. À cette époque-là, personne ne s'est inquiété du sort et de l'avenir du Racing, de sa culture et de sa famille. Vous l'avez laissé choir et mourir dans l'indifférence totale en Pro D2. Je l'ai remonté en Top 14 et il vit plutôt bien, mais on a choisi un autre modèle. Thomas [Savare, ndlr] ne souhaitait plus continuer à investir aussi lourdement. Il a beaucoup mis dans le club, comme les joueurs et les supporters. Il fallait trouver une situation.

Beaucoup de choses n'ont pas été tranchées, comme le futur nom du club et le stade où seront joués les matchs à domicile. Est-ce bien sérieux de jouer un match sur deux dans deux stades quasiment neufs ?

On n'a pas dit qu'on jouerait un match sur deux dans deux stades quasiment neufs. On a dit qu'on allait parler avec les différentes personnes intéressées : la ville de Paris, le département des Hauts-de-Seine et nos partenaires pour savoir quelle serait la meilleure solution. Moi je n'ai pas construit le stade Jean Bouin. Il y a une décision qui a été prise. La question est un peu différente. Il fallait peut-être se demander : "Est-ce qu'on peut mettre 200 millions d'euros pour jouer huit matches dans un endroit ?"

Racing 92 - Stade Français : le président Jacky Lorenzetti défend la fusion entre les deux clubs
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