Biarritz retrouve le Top 14 au terme d'un barrage surréaliste contre Bayonne

Le BO a obtenu samedi sa place en Top 14, sept ans après sa descente, grâce à un succès aux tirs au but (6-5, 6-6 après prolongation) contre Bayonne, qui évoluera en Pro D2 l'année prochaine.

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France Télévisions
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La joie des joueurs du Biarritz Olympique, de retour en Top 14 après leur victoire contre l'Aviron Bayonnais aux tirs au but lors du barrage d'accession, le 12 juin 221 (THIBAULT SOUNY / AFP)

Un public déchaîné, une intensité rare et un dénouement complètement fou : le derby d'accession pour le Top 14 entre Biarritz et Bayonne a offert un après-midi encore plus grand que ce qui était attendu. À domicile, les Biarrots, absents de l'élite depuis sept saisons après en avoir été l'un des cadors, vont retrouver le Top 14, grâce à leur victoire aux tirs au but (oui, oui) 6-5 et un ultime coup de pied de leur troisième ligne Steffon Armitage. Si la conclusion de ce match a fait exploser le stade d'Aguilera, on n'a pas fini d'entendre parler de cette rencontre.

Si vous êtes adeptes d'un rugby d'évitement, d'esthètes, vous avez dû faire quelques bonds devant votre écran. Entre deux voisins qui se détestent, la partie a vite tourné en un combat de chiffonniers durant laquelle l'engagement a submergé la qualité technique. Les deux équipes n'ont jamais refusé le jeu (17'15" de temps de jeu effectif en première période, sur des bases très élevées), mais aucun essai n'a été inscrit en 100 minutes de jeu et les occasions franches se sont faites bien peu nombreuses. Bien moins en tout cas que les sorties sur blessure ou les protocoles commotion. Mais dans ce match où la pression était énorme avant même le coup d'envoi, le cœur compte autant que les mains. Et les acteurs n'en ont pas manqué, loin de là.

Une semaine après avoir été défaits en finale de la Pro D2 par Perpignan dans un autre choc d'historiques du rugby français, Biarritz n'a cette fois pas laissé passer sa chance. Mais il s'en est fallu d'un rien. Bayonne pourra notamment regretter son entêtement à vouloir aller chercher l'essai de la gagne dans les dernières minutes du temps réglementaire. Le demi d'ouverture Maxime Lafage a longtemps attendu pour placer le drop qui allait crucifier le BO. Mais le ballon ne lui est jamais venu. Steffon Armitage, triple champion d'Europe, a joué les héros une première fois en grattant la gonfle à quelques centimètres de sa ligne pour sauver les siens.

Une fête oui, mais au mépris des consignes sanitaires ?

La prolongation n'a pas changé grand-chose, faisant gonfler le score de cette guerre de tranchées de 3-3, à 6-6, illustration parfaite d'un match verrouillé à double tour. Cette bataille s'est terminée de la plus improbable des manières, des tirs au but, comme on en fait rarement avec un ballon ovale. Cela s'est d'ailleurs senti chez certains, comme le Bayonnais Peyo Muscarditz en plein apprentissage sur le tas de l'utilisation du tee pour poser le ballon juste avant de transformer son coup de pied. Seul l'ailier Aymeric Luc, pourtant un des meilleurs Bayonnais du jour, a flanché. Pas Armitage, le capitaine du Biarritz Olympique. Le club basque aux cinq titres de champion de France renoue avec sa glorieuse histoire et éloigne aussi le spectre d'une fusion nécessaire avec sa victime du soir maintes fois évoquée, toujours avortée.

Aguilera a pu s'embraser et sombrer un peu plus dans la folie, le public envahissant la pelouse au coup de sifflet final. Les spectateurs étaient venus en nombre, en très grand nombre même, au point de faire se poser la question du respect des mesures de protection contre le coronavirus. Alors que la jauge maximale d'accueil avait été fixée à 5000 personnes en tribunes, celles-ci semblaient pourtant quasiment pleines à la vue des images. Dans les gradins, les gestes barrière comme la distance de sécurité ou le port du masque étaient, pour le moins, aléatoires.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a d'ailleurs annoncé tard dans la soirée avoir saisi le procureur de la République, pour une jauge "manifestement dépassée" à Aguilera, la vente d'alcool dans l'enceinte du stade malgré son interdiction, et des contrôles du pass sanitaire pas "systématiquement réalisés". Un "access match" décidément irrationnel jusqu'au bout.

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