Mondial de rugby : les arbitres devront sanctionner le jeu déloyal pour protéger les joueurs des commotions

Cinq arbitres français qui officieront pendant la Coupe du monde dans un mois se préparent d'ores et déjà aux directives données par les instances internationales.

L\'arbitre français Romain Poite (G) signale une faute lors du deuxième match test Afrique du Sud contre Angleterre, le 16 juin 2018 en Afrique du Sud.
L'arbitre français Romain Poite (G) signale une faute lors du deuxième match test Afrique du Sud contre Angleterre, le 16 juin 2018 en Afrique du Sud. (CHARL DEVENISH / AFP)

La France sera la nation la plus représentée chez les arbitres à la Coupe du monde de rugby qui commence le 20 septembre : quatre arbitres de champs et un arbitre de touche. Ils sont en pleine préparation dans les Hautes-Pyrénées, à Saint-Lary-Soulan, une préparation autant physique que technique, avec des analyses de cas pratiques, d'actions à juger...

Parmi les directives passées par les instances internationales, la sécurité des joueurs est devenue une priorité et les arbitres doivent être particulièrement attentifs aux chocs pouvant causer des commotions cérébrales. La consigne est de se focaliser sur les phases de jeu les plus accidentogènes. "Aujourd'hui la mêlée et le jeu déloyal sont vraiment les deux directives qui sont les plus importantes par rapport aux attentes de World Rugby", confirme Romain Poite, le plus expérimenté des sifflets français.

Tolérance zéro en cas de jeu déloyal

L'idée est d'appliquer la tolérance zéro, notamment en cas de jeu déloyal, en clair, ne plus hésiter à sortir le carton rouge directement en cas de contact avec la tête d'un joueur par exemple. "On est très cadré là-dessus, sur la manière d'arbitrer le jeu déloyal dès que ça touche le cou ou la tête. On a peu de marge de manœuvre là-dessus dans les décisions", explique Mathieu Raynal, un autre arbitre international.  

Les supporters vont donc devoir accepter des décisions qui pourront sembler dures mais qui serviront à protéger l'intégrité physique des joueurs. Alexandre Ruiz, qui sera juge de touche pour cinq matchs du Mondial sait que cela prendra peut-être un peu de temps. "Il faut qu'on change tous, les arbitres en premier, qu'on change notre mentalité et de se dire que c'est hyper important de protéger les joueurs, plaide-t-il. Il faut que les joueurs se protègent aussi eux-mêmes quand ils jouent au rugby."

Et si toutes ces précautions ne suffisent pas, la fédération internationale pourrait prendre dans les prochains mois des mesures beaucoup plus radicales, comme l'interdiction du plaquer un joueur au dessus de la ligne des hanches.

Comment les arbitres français internationaux se préparent pour le Mondial de rugby ? Un reportage de Damien Gozioso
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