Les îles Tonga interdisent le rugby et la boxe aux filles pour "préserver leur dignité"

"Avec cette façon de penser, une Tongienne fière comme moi ne pourrait atteindre le rang que j'ai atteint dans ce monde", a réagi Valerie Adams, championne olympique du lancer de poids.

La Tongienne Valerie Adams, lors des JO de Rio (Brésil), le 12 août 2016. 
La Tongienne Valerie Adams, lors des JO de Rio (Brésil), le 12 août 2016.  (KAI PFAFFENBACH / REUTERS)

Les opposants à cette décision dénoncent une "interprétation malavisée et obtuse de la culture" locale. Les îles Tonga, dans le Pacifique, ont interdit aux filles de pratiquer le rugby et la boxe. Une décision qui a provoqué la colère de Valerie Adams, championne de lancer du poids.

L'existence du décret pris par le gouvernement du royaume d'environ 120 000 habitants a été révélée la semaine dernière quand une équipe de lycéennes a été interdite de participer à un tournoi de "touch rugby", version sans plaquage du sport, en raison de leur sexe. Dans une lettre, le ministère de l'Education de l'archipel aux 170 îles explique que l'interdiction vise à "préserver la dignité des Tongiennes et maintenir les valeurs culturelles des Tonga", selon une traduction publiée par le site d'informations Matangi Tonga (en anglais).

Valerie Adams, née en Nouvelle-Zélande mais qui se montre très fière de ses origines tongiennes, a dénoncé, lundi 19 mars, ce texte. "Avec cette façon de penser, une Tongienne fière comme moi ne pourrait atteindre le rang que j'ai atteint dans ce monde", écrit sur Facebook la double médaillée d'or olympique et quadruple championne du monde. "Les femmes des Tonga doivent se lancer dans le rugby, comme dans n'importe quel sport, on est douées pour ça", ajoute-t-elle.