Coupe du monde de rugby : le ballon glissant, ou quand l'humidité au Japon devient un casse-tête pour les joueurs

Cela peut sembler être de la maladresse, en réalité beaucoup de lâchers de ballon durant les matchs de la Coupe du monde de rugby ont pour cause la forte humidité japonaise.

Beauden Barrett, joueur néo-zélandais, lors du match contre le Canada à la Coupe du monde de rugby 2019.
Beauden Barrett, joueur néo-zélandais, lors du match contre le Canada à la Coupe du monde de rugby 2019. (MASAHARUSUGIMOTO / YOMIURI)

C’est l’une des images récurrentes de la Coupe du monde de rugby qui se déroule actuellement au Japon : ces ballons lâchés, ces en-avant à répétition et ces mauvaises passes qui se multiplient. Il n’est pas question de la maladresse des joueurs, mais bien de l’humidité du climat japonais, avec des taux jusqu'à 80%. Un facteur que beaucoup de joueurs découvrent et qui reste difficile à maîtriser. Comment jouer quand le ballon devient une savonnette ?

Et cela arrive même aux plus grands : le Néo-Zélandais Beauden Barrett, élu deux fois meilleur joueur du monde, a relâché le ballon lors d’un essai tout fait contre le Canada. Ce ballon insaisissable dans la moiteur japonaise, à chacun sa manière pour tenter de s’y habituer, même les plus originales.

Shampooing, colle sur les mains... À chacun sa technique

Les Écossais versent du shampooing sur le ballon pendant l’échauffement. Le sélectionneur français Jacques Brunel assure de son côté qu’il n’y a pas grand-chose à faire. "On peut tremper le ballon dans des seaux, effectivement... Mais bon. Même en essayant de mettre le meilleur cadre possible, il y a un petit handicap."

Il y a une autre méthode à l’ancienne : mettre de la colle sur ses mains. Mais le troisième ligne Charles Ollivon n’est pas un grand fan. "Il y en a qui en mettent, moi je déteste Je ne supporte pas d'avoir de la colle sur les mains, j'aime le toucher naturel."

C'est vrai que beaucoup de joueurs entrent sur le terrain les mains pleines de colle, mais ce n'est vraiment pas pour moi.Charles Ollivon, troisième ligne du XV de Franceà franceinfo

Cette humidité étouffante qui trempe les corps, qui met le ballon dans tous ses états, oblige aussi à changer sa façon de faire, détaille le troisième ligne Grégory Alldritt. "Quand on reçoit une passe par exemple, il faut être plus concentré à la réception. Donc parfois, quand on reçoit le ballon, on a un temps de réaction face à la défense qui monte qui est plus court que quand le ballon est sec."

L’automne a pointé son nez au Japon mais encore trop timidement, les conditions météo sont toujours aussi intenses.