Natation : les nageurs français brillent sous les spots de l'ISL et les records tombent

La Ligue internationale de natation (ISL) réunit les meilleurs nageurs mondiaux, à Budapest (Hongrie). Et pour plusieurs Français, les performances sont au rendez-vous.

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Radio France
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Mélanie Hénique (au premier plan) dans le 100 m papillon de l'ISL à Budapest (Hongrie), le 18 octobre 2020. (SZILARD KOSZTICSAK / MTI VIA MAXPPP)

Souriante, Béryl Gastaldello a de quoi l’être quand on la retrouve dans son hôtel, sur l’île Marguerite de Budapest, où elle est confinée depuis plus d’un mois. Mardi 10 novembre, elle a fait tomber coup sur coup deux records de France de natation dans le bassin de la Duna Arena : celui du 100 mètres (en 51"16) et du 100 mètres 4 nages (en 57"43). C'est la troisième meilleure performance mondiale de l’histoire. "On partait tous dans l’inconnu, raconte la Marseillaise de 25 ans qui vit aux Etats-Unis. Mais je me suis mise dans les meilleures conditions pour réussir." 

Depuis un mois, les fans de natation du monde entier ont les yeux rivés sur Budapest (Hongrie), qui accueille la deuxième saison de la Ligue internationale de natation (ISL). Ce circuit privé réunit les meilleurs nageurs du monde et c'est la seule compétition de natation maintenue depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Et dans ce format inédit, les Français se démarquent. 

Un format "bien plus excitant"

L’ISL se dispute par équipes, et Béryl Gastaldello nage pour l’équipe de Los Angeles (LA Current). Depuis le confinement, elle s’est entourée d’une équipe étoffée : un entraîneur pour la natation, un autre pour la musculation, un préparateur mental et une personne lui apprend le yoga. Elle estime que les efforts consentis depuis le confinement finissent par payer. "Avec le repos forcé, détaille-t-elle, on s’est aperçu que certaines choses n’allaient pas, au niveau de mon diaphragme ou en nutrition. J’ai effectué des changements et je vois vraiment le résultat. Le fait d’avoir pu se reposer, d’avoir bien dormi m’a aidé. Au final, je pense que j’étais surentraînée et là, je ne m’entraîne plus qu’une fois par jour."

Et que ces records soient battus dans le cadre d’une nouvelle compétition encore peu connue du grand public, en dehors des rendez-vous internationaux, importe peu aux yeux de la nageuse. "Tout le monde veut être médaillé olympique, l’ISL n’a pas de valeur encore aux yeux du plus grand nombre. Mais une victoire, c'est une vistoire, un record de France est un record de France. Pour l'instant, on ne peut pas dire que l’ISL a encore la même valeur qu’une médaille olympique. J’essaye de regarder ça en termes de victoire personnelle." 

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Un autre record de France a été battu cette semaine en Hongrie : le 50 mètres nage libre, cette fois avec Mélanie Hénique (en 23’’61). L’ISL tient ses promesses en termes de performances. Malgré les contraintes liées au contexte sanitaire, malgré le huis-clos, cette formule spectaculaire sans temps morts, très resserrée et qui se joue par équipes, est séduisante pour les nageurs. "C’est un renouveau, se félicite Clément Mignon, qui nage sous les couleurs hongroises du Team Iron. L’ISL réinvente la natation et c’est un élan de fraîcheur pour ce sport qui au final n’est pas excitant tous les jours. Le format est bien plus animé, bien plus excitant que ce qui se fait actuellement."

L'ISL réunit à Budapest la plupart des meilleurs nageurs du monde, du 16 octobre au 22 novembre 2020. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INFO)

Comme les 320 nageurs présents à Budapest, Clément Mignon n’a plus nagé en compétition depuis presque un an. L’ISL a donc réussi à se maintenir, là où toutes les autres épreuves internationales ont été annulées. "C’est toute une organisation, raconte Hubert Moncoudiol, directeur commercial de l’ISL. C’est aussi des moyens financiers importants parce qu’il faut des procédures médicales bien étudiées. Et quand on est dans un environnement privé, c’est peut-être plus facile que dans le cadre d’une fédération ou d’un pays."  L’ISL est loin d’avoir livré son verdict sous le dôme futuriste de la Duna Arena. Les demi-finales durent jusqu’au lundi 16 novembre, avant les finales programmées le week-end suivant. 

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