Championnat de France de nation - Yannick Agnel : "Cette période Covid peut être bénéfique à Florent Manaudou"

Le championnat de France de natation vient de débuter à Saint-Raphaël, après avoir été décalé en raison de la crise sanitaire. Alors que certains nageurs n'ont pas pu pratiquer depuis dix mois, Yannick Agnel, nous livre ses ressentis sur ce Championnat au caractère si particulier, où les attentes sont nombreuses.
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France Télévisions
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Comment vivez-vous le retour de la compétition et comment voyez-vous cette saison qui s'annonce si particulière ? 
Yannick Agnel : "Le fait que les championnats d’hiver puissent avoir lieu est une bonne nouvelle. C’en est une pour le milieu et même plus largement pour le monde de la natation. C’est aussi une bonne nouvelle pour les athlètes car cela leur donne, à travers la nouvelle mouture des qualifications olympiques, une chance de se pré-qualifier à la fois aux championnats d’Europe et aux Jeux Olympiques. C’est toujours une bonne nouvelle dans cette année si particulière de pouvoir se mettre à l’eau, de pouvoir vivre une ambiance de compétition, même si elle est à huis clos, de respirer un peu de chlore et puis de pouvoir renifler l’adversité, c’est pas mal."

Deux populations qui cohabitent

Pensez-vous que le manque d'entraînement et de compétition dû aux deux derniers confinements va avoir un impact sur la forme des joueurs et le championnat ? 
YA : "La saison a été compliquée pour tout le monde, ça c’est une certitude. On a deux situations différentes. Depuis le déconfinement de la première période, qui était assez tumultueuse, beaucoup de choses se sont organisées et les nageurs, notamment de niveau international, ont pu reprendre l’entrainement et certains même le chemin des bassins de compétitions. On l’a vu avec dernièrement tout le circuit de l'International Swimming League. De l'autre côté, vous avez les nageurs d’un niveau plus national qui eux, ont moins eu accès à la fois aux bassins d’entraînements et aux bassins de compétitions. Je discutais avec une nageuse tout à l’heure qui m’avouait ne pas avoir nagé en compétition depuis une dizaine de mois, donc depuis le début de la crise. Il y a vraiment ces deux populations là qui cohabitent mais il n'en reste pas moins qu’ils ont tous à cœur de se donner au maximum et pour certains d’aller se qualifier sur les compétitions internationales qui auront lieu l’année prochaine."

Peut-on s'attendre à de bonnes performances pour ce championnat ? 
YA : "On aura affaire à de belles performances dans la mesure où on est sur une saison olympique, si tumultueuse soit-elle. Ce sont en général les saisons où l'on assiste aux plus belles performances, la saison olympique et la saison d’après, où en général on a beaucoup d’athlètes qui sont un peu décomplexés et qui parfois même vont sur-compenser au niveau des performances. Donc dans tous les cas, on a une belle natation."

"Cette période peut être que bénéfique à Florent Manaudou"

Que peut-on attendre de la part de Florent Manaudou, champion olympique 2012 et vice-champion olympique 2016 ?
YA : "Il était en visio-conférence de presse hier et il confiait qu’il avait à cœur d’essayer de briser le plafond qu’il avait atteint depuis ces derniers mois, qu’il avait hâte surtout de faire une coupure puis de reprendre un cycle d’entrainement long, ce qu’il n’a pas pu faire depuis sa reprise. On a le sentiment que cette période, cette crise du covid et surtout le fait que ce soit reporté d’une année au niveau des JO, ne peut lui être que bénéfique, puisqu’elle lui laisse plus de temps pour revenir à son meilleur niveau, voire le dépasser. En tout cas il ne demande qu’à être surpris lui-même de ses performances." 

Et Charlotte Bonnet, autre tête d'affiche de la natation française ? 
YA : "Charlotte a un défi différent. Florent a participé justement à ce circuit de ISL où il a pris part à pas mal de compétitions. Il a été dans une bulle compétitive de niveau mondial pendant 6 semaines au moins. Pour Charlotte Bonnet, ça n’a pas été le cas. Elle renoue vraiment avec une compétition de haut niveau. Ils ont eu des sortes de tests matches un peu entre clubs du sud de la France en octobre novembre, mais pas de compétitions de niveau international. Charlotte renoue vraiment avec ce niveau maintenant et je pense qu’elle voudra déjà se tester, retrouver des sensations de compétitions, une certaine routine et puis effectuer des temps qui lui permettront pourquoi pas, d’être pré-qualifée assez rapidement sur certaines courses. Je pense qu’on peut en attendre quelque chose de très performant."

Des surprises à attendre

Vous attendez-vous à une surprise cette saison, un nageur très jeune qui sort du lot par exemple ? 
YA : "On a quand même beaucoup de jeunes nageurs qui sont assez impressionnants. On parlait tout à l’heure de Florent Manaudou mais on a un Maxime Grousset par exemple, qui nous avait vraiment impressionné à Gwangju, lors des championnats du monde 2019. C'est un sprinteur lui aussi qui pourrait peut-être aujourd’hui rejoindre le niveau de Florent. On a aussi des nageurs sur le dos notamment comme Yohann Ndoye et Mewen Tomac qui ont établi de belles performances, et là encore ce matin, qui ont prouvé qu’ils étaient présents. On a aussi une fille assez jeune, qui est née en 2005 comme Justine Delmas, qui aura a cœur de montrer qu’elle va poursuivre cette progression dantesque dont elle a fait preuve depuis ces dernières années. Je pourrais en citer encore bien d’autres de la nouvelle vague qui arrive, un David Aubry qui a été médaillé en 2019 sur le 800m nage libre. Il est pour l'instant le seul nageur français qualifié aux JO. Il nous confiait tout à l’heure sur le 400m qu’il espérait pouvoir en faire quelque chose. 400m, 800m, 1500m, l’eau libre aussi, il aura un très gros programme. On a quand même une nouvelle vague assez dense avec des nageurs qui ont un fort potentiel qui sont très talentueux et dont on peut attendre quelque chose. Alors oui, une surprise ça c’est certain."

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