Reportage Championnats d'Europe de natation : comment les sprinteurs français se sont adaptés à la piscine en plein air de Rome

Pour la première fois depuis 2010, les nageurs s'élancent sous le soleil, ce qui n'est pas sans changer certaines habitudes. Le camp tricolore a essayé de penser à tout.

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De notre envoyé spécial à Rome - Emmanuel Rupied - franceinfo: sport
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Les nageurs s'entraînent, le 10 août 2022, à la veille du début des championnats d'Europe de Rome (Italie).  (EMMANUEL RUPIED / FRANCEINFO: SPORT)

La chaleur, le vent et même quelques gouttes de pluie... Ces paramètres doivent être pris en compte depuis le premier jour des championnats d'Europe de natation, jeudi 11 août, au sein du stade nautique de Rome. Si les derniers Mondiaux de Budapest se sont tenus, comme souvent, dans une enceinte couverte, ce n'est pas le cas pour l'édition continentale. Trois tribunes entourent le bassin de 50 mètres totalement ouvert sur le ciel de la Ville éternelle.

Il faut remonter à 2010, à Budapest, pour voir des championnats d'Europe de natation en grand bassin se tenir en plein air, quand les Mondiaux n'ont plus vu la lumière du jour depuis... Rome, en 2009. Enfin, les Jeux olympiques de 2004, à Athènes, ont été les derniers à voir les nageurs s'élancer sous le soleil. 

Des conditions à digérer

Plus d'une décennie est passée, mais si les nageurs ont l'habitude de s'entraîner dans ces conditions extérieures, l'équipe de France s'est préparée en conséquence avant la compétition. L'ensemble de la délégation tricolore a ainsi passé une semaine à Vichy (Allier) dans des bassins en plein air notamment pour s'adapter aux conditions de Rome où le mercure peine à descendre sous les 30° depuis jeudi. 

"Il faisait très chaud à Vichy avec une journée notamment à 40°C, donc ça nous a bien préparés. Il y a un temps nécessaire d'adaptation. Pour d'autres athlètes, ça peut être compliqué à gérer car ça pompe beaucoup d'énergie", détaille Marie Wattel, alignée sur le 50 m et le 100 m papillon. .

Les nageurs en lice pour les championnats d'Europe de Rome s'entraînent, mercredi 10 août 2022, à la veille du début de la compétition.  (Emmanuel Rupied)

Les poubelles éparpillées autour du bassin et remplies au point de déborder parfois de bouteilles d'eau fournies par l'organisation peuvent en témoigner : la chaleur tape sur les organismes à Rome. Si la température de l'eau reste la même (entre 25 et 28°C), car imposée par la Fédération internationale de natation (PDF en anglais), autour des bassins, les salles couvertes permettent de garder la même température dans l'air tout au long de la compétition afin de permettre aux nageurs de ne pas subir de choc thermique.

"La chaleur a aussi un impact au niveau respiratoire pendant la course. Dans une piscine intérieure, ces choses, on n'y pense pas", appuie Michel Chrétien, entraîneur du sprinteur Maxime Grousset et du dossiste Yohann Ndoye Brouard.

S'adapter pour mieux gagner

Le nouveau champion d'Europe sur 200 mètres dos est particulièrement concerné car il fait face au soleil tout au long de la course. Habitué à se situer grâce aux ampoules LED sur les plafonds des salles comme l'ensemble des dossistes, le Français de 21 ans a trouvé une astuce. "Un câble a été installé entre les lignes 4 et la 5 et ça permet de se repérer, raconte-t-il. L'objectif est clairement de réaliser des chronos pour figurer dans ces couloirs." 

"Pour les dossistes, il faut faire plus attention à la ligne [de course]. On est susceptibles de nager moins droit qu'en intérieur, mais c'est pareil pour tout le monde", ajoute Camille Lacourt, triple champion du monde du 50 mètres dos.

Le nageur originaire d'Annecy constitue aussi un cas particulier car il souffre d'un kératocône, une maladie dégénérative des yeux qui provoque des troubles de la vue. Une opération en septembre a permis d'en stopper l'évolution. Le nageur porte des lunettes à sa vue dans l'eau. Claires à l'accoutumée, elles sont teintées à Rome pour ne pas être perturbé par le soleil.

"On est tous dans le même bateau"

La chaleur, par contre, le Français n'en a cure. Impérial sur le 200 m dos pour débuter avec une première breloque en or, le Savoyard a profité de la confiance engrangée tout au long de la saison en extérieur. "A Canet, j'ai fait mon meilleur temps de la saison (avec 53"15 sur le 100 m dos, un temps qu'il a amélioré aux Mondiaux, avec un chrono de 52"50) en n'étant pas affûté. J'ai ensuite refait une semaine de stage à Amiens et à Vichy avec les Bleus.

Si le Roumain David Popovici n'a pas semblé perturbé sur le 100 mètres nage libre avec un record du monde (46"86) en finale et un titre continental, samedi, le papillon nécessite aussi un temps d'acclimatation. "Quand il y a du vent, les bras peuvent être un peu perturbés", explique Marie Wattel, qui ne veut cependant pas chercher d'excuse. "On est tous dans le même bateau. Nous sommes des athlètes de haut niveau donc on doit savoir s'adapter". L'adaptation, c'est bien le maître-mot, ici, à Rome. 

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