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Nadal, Pouille, Mauresmo... Ces stars du tennis qui ne croient plus à une reprise de la saison

La pandémie liée au Covid-19 continue de sévir et la saison 2019-2020 de tennis est toujours dans l'attente de la reprise. Et une question revient régulièrement... Faut-il simplement annuler la saison ? Si beaucoup de joueurs espèrent retrouver les courts le plus rapidement possible, ils sont un certain nombre à être de plus en plus pessimistes quant à l'avenir de la petite balle jaune en 2020.
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France Télévisions
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Un son de cloche différent. Quand Rafael Nadal parle, le monde du tennis écoute. "Le tennis est un sport mondial, nous allons de pays en pays, il faut mobiliser beaucoup de monde. Cela me semble difficile qu'un grand tournoi puisse être joué à court ou moyen terme", a déclaré le N.2 mondial, mercredi soir, dans une émission spéciale diffusée par les radios Onda Cero et Cope.

Cette intervention se produit une semaine après que l'ATP a annoncé vouloir reprendre la saison au mois d'août. À l'arrêt complet depuis début mars, les annonces du report de Roland-Garros au début de l'automne, et de l’annulation de l’édition 2020 de Wimbledon, avaient jeté un froid sur le monde tennis. La semaine dernière, Andrea Gaudenzi, le patron de l'ATP, avait tenté de redonner de l'allant en déclarant qu'il espérait pouvoir reprendre la saison en août, afin de sauver "trois Grands Chelems et six Masters 1000".

"A l'heure actuelle, le tennis est loin d'être ma priorité"

Si le boss du circuit professionnel masculin semble confiant quant à la reprise de la saison, les opinions sont plus partagées chez les joueurs. Rafael Nadal, couronné 19 fois en Grand Chelem dont 12 sur la terre battue de Roland Garros, a par ailleurs jugé "très difficile" de reprendre à huis clos, comme l'envisage le football, même s'il serait "ravi" de pouvoir le faire. Pour l'Espagnol, la priorité actuelle est de lutter contre la pandémie car "beaucoup de gens vivent une situation terrible". "A l'heure actuelle, le tennis est loin d'être ma priorité", a assuré le Majorquin.

Le N.1 mondial, Novak Djokovic, a lui aussi estimé au cours de cette émission que jouer à huis clos "n'est pas une décision facile". "Je suis prêt, mais je crois qu'il faut attendre quelques mois," a ajouté le Serbe, vainqueur du dernier tournoi du Grand Chelem disputé, l'Open d'Australie, début février.

"À partir du moment où il n’y a pas cette liberté de voyager comme on le désire, pour moi le circuit ne peut pas reprendre"

De son côté, Lucas Pouille ne voit pas non plus "comment le tennis peut reprendre, dans l’état actuel". Dans un entretien accordé à France Info, le Français de 26 ans n'y va pas par quatre chemins : la saison 2020 ne reprendra pas. "J’y crois fortement. Je ne suis pas pour, au contraire même. On est un sport un peu différent des autres, dans le sens où toutes les semaines on joue dans un pays différent, parfois sur un continent différent. À partir du moment où il n’y a pas cette liberté de voyager comme on le désire, pour moi le circuit ne peut pas reprendre."

Le demi-finaliste du dernier Open d'Australie, admet également que la possibilité de jouer le tournoi de Melbourne 2021 à huis clos, scénario envisagé par les organisateurs, n'annonce rien de bon.

Un avis que partage sa coach, Amélie Mauresmo qui avait, il y a quelques semaines joué les avants gardistes en expliquant qu'il fallait tirer un trait sur cette saison craignant que les rassemblements de personnes des quatre coins du monde ne continuent de propager le virus alors qu'aucun vaccin n'a pour le moment été trouvé.

L'US Open en danger ?

Même son de cloche aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé par la pandémie, avec près de 28.000 morts. La présence ou non de public dépendra aussi du feu vert des autorités locales, qui ne sont pas toutes sur la même longueur d'ondes que le président américain. Les patrons des grandes ligues professionnelles, à qui Donald Trump a exposé son point de vue lors d'une conférence téléphonique le 4 avril, attendent de voir l'évolution de la pandémie avant de trancher entre les différentes options de reprise et penchent eux aussi pour un redémarrage à huis clos.

A New York, l'un des clusters les plus virulents du pays, le maire de la ville, Bill de Blasio, estime ainsi que les compétitions sportives et concerts "devraient être l'une des dernières choses à reprendre". "La dernière chose que nous devrions faire est de rassembler 10.000, 20.000, 50.000 personnes dans un même lieu," a-t-il déclaré mercredi à CNN. Le maire de Los Angeles Eric Garcetti a également déclaré lundi que sa ville pourrait ne pas accueillir de grands rassemblements avant l'année prochaine. Serait-ce donc la fin de la saison ? 

Avec AFP.

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