Nadal gifle Ginepri
Même si ça ne s’est pas trop vu aujourd’hui, s’il y a un joueur qui perd une partie de ses meilleurs atouts sous le crachin, c’est bien Rafael Nadal. Les conditions humides rendent son lift moins agressif pour la concurrence, et sa puissance moins dévastatrice, comme l’a prouvée la finale de l’édition 2012 contre Novak Djokovic remportée malgré tout au forceps.
Contrarié par la pluie
Autant Nadal s’est toujours montré impressionnant sur de la terre séchée par le soleil, autant la bruine l’agace. Ainsi, au fur et à mesure que le match contre Djokovic avançait, Nadal s’énervait. Après deux sets rondement menés (6-3, 6-4), le Taureau de Manacor avait perdu sa furia à cause de la pluie. La suite du duel, reportée au lundi, avait contraint Nadal à lutter beaucoup plus que prévu alors qu’il n’avait perdu aucun set depuis l’entame du tournoi.
Appuis plus difficiles
Son regard noir dirigé vers l’arbitre pour l’inciter à arrêter le match en disait long sur sa perte de confiance, dû à cette météo récalcitrante. Ses appuis n’étaient plus aussi francs quand ils ne se dérobaient pas carrément.
Coup droit moins percutant
Son coup droit lasso, celui qui a fait sa fortune et qu’il cherche à retrouver ce printemps, s’avérait presque inoffensif sur la terre battue glissante pour déborder un défenseur de la qualité de Djokovic, autrement plus dangereux que Ginepri aujourd’hui. Il s’apparentait davantage à un pétard mouillé, très loin de faire les ravages habituels dans la cuirasse adverse.
Balle chargée d’eau
Le lundi, le court était toujours aussi lourd : le Serbe avait survolé le troisième acte (6-2) avant de pousser son rival dans ses retranchements lors d’une quatrième manche ultra disputée finalement conclue victorieusement par l’Espagnol (7-5) sur une terre vraiment lente.
La brique pilée humide, le numéro 1 mondial abhorre ça. Il n’aime rien tant que camper sur ses appuis pour distribuer ses grandes gifles de coup droit. Et dans ces conditions, il ne peut pas le faire. La balle, chargée d’eau, ne part plus aussi vite de sa raquette. En clair, il fait moins mal à l’adversaire.
Il reste très fort malgré tout
Sans son arme fétiche quasiment annihilé par la concurrence, Nadal devient (presque) un joueur comme les autres. Presque seulement parce que ses qualités intrinsèques, sa science du jeu et son esprit combattif lui permettent de terrasser 99% des joueurs, même sur une terre grasse. La preuve ? Il avait dominé en trois sets son compatriote Nicolas Almagro au tour précédent en 2012. Et la manière avec laquelle il a dégommé le pauvre Ginepri ce lundi –sur une terre de plus en plus sèche au fur et à mesure- en dit long sur l’insatiable appétit de l’ogre de Manacor. Cette victoire expéditive permet en effet à Nadal de bien attaquer sa quinzaine parisienne qu’il espère ensoleillée et chaude. Ca reste pour lui les meilleures conditions pour s’offrir un 9e sacre Porte d’Auteuil.
Vidéo: Nadal facile contre Ginepri
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