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Médiatisation du sport féminin : malgré une progression, le temps d’antenne des compétitions féminines reste "très faible"

En quatre ans, la proportion de temps consacrée à la retransmission télévisée de compétitions féminines a progressé de manière significative, d'après une étude de l'Arcom publiée jeudi. Mais le chemin est encore long pour se rapprocher d'une égalité de traitement entre hommes et femmes.
Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
L'Allemande Konstanze Klosterhalfen, spécialiste des courses de demi-fond, dans le focus d'une caméra de télévision, lors des championnats du monde d'athlétisme à Doha (Qatar) en 2019. (ANKE WAELISCHMILLER / AFP)

Des chiffres encore trop faibles mais encourageants. A l'occasion de Sport féminin toujours, opération de mobilisation médiatique, qui débute lundi 30 janvier et s'achèvera le dimanche 5 février, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) veut sensibiliser sur le "très faible taux de retransmission de sport féminin sur les écrans". Pour cela, l'Arcom (ex-CSA) s'appuie sur son étude dédiée à la médiatisation du sport féminin, dévoilée jeudi 26 janvier.

Cette analyse met notamment en évidence une légère hausse du volume horaire des retransmissions sportives féminines sur l'ensemble des médias télévisuels. En quatre années, la proportion de sport féminin diffusée sur les chaînes françaises est passée de 3,6 % en 2018 à 4,8 % en 2021. En 2018, sur 44 007 heures de diffusion de sport, 3,6 % étaient consacrées aux femmes (1 575 h) contre 67,5 % pour les compétitions masculines (29 717 h).

L'année 2019 a été marquée par une forte hausse de la diffusion du sport féminin ( +6,4 %). Cela s'explique notamment par la retransmission de la Coupe du monde féminine de football. Le quart de finale opposant la France et les Etats-Unis avait d'ailleurs rassemblé, le 28 juin 2019, 11,8 millions de téléspectateurs, selon les chiffres de Médiamétrie. Un record pour un match de l'équipe de France féminine lors d'une Coupe du monde. L'année 2020 est évidemment particulière, en raison de la crise du Covid-19 et des annulations des compétitions sportives dans le monde.

Autre chiffre marquant : en trois ans, les diffusions en direct de compétitions sportives féminines sur les chaînes payantes sont passées de 7,6 % à 20,9 %. Malgré une légère baisse, les directs concernant les hommes restent à 77,5 % en 2021, contre 81,3 % en 2018.

Le sport féminin davantage présent sur les chaînes gratuites

Plus que la différence du volume horaire entre les retransmissions sportives féminines et masculines, le gouffre commence par les diffuseurs. En effet, cette étude montre que le sport féminin est plus présent sur les chaînes gratuites généralistes (hors La chaine l'Equipe). Entre 2018 et 2021, 9,1 % du volume horaires correspondaient à une retransmission de compétitions féminines contre 4,1 % sur les chaînes payantes. Une différence accentuée par le fait que "97 % du volume horaire total des retransmissions sportives est porté par les chaînes payantes", nuance l'Arcom. En clair, malgré le fait que les chaînes payantes diffusent le plus de sport en direct à la télévision, la proportion de sport féminin est bien plus faible que dans les chaînes gratuites.

La diffusion du Tournoi des six nations féminin ainsi que la tournée d'automne sur France Télévisions a notamment été un succès. Pour le match, France-Nouvelle-Zélande, le 20 novembre 2021, 1,9 million de téléspectateurs (19,8 % de PdA) ont regardé le match, un chiffre allant même jusqu'à 2,5 millions en fin de rencontre. "Il s'agit de la meilleure audience historique pour un test-match féminin", note le groupe du service public, qui propose une offre en clair. De quoi démontrer un engouement certain pour les compétitions féminines.

Des différences sont aussi plus ou moins marquées selon les sports diffusés, comme le relève l'autorité de régulation. "Entre 2018 et 2021, en moyenne, les disciplines contribuant le plus à la diffusion de compétitions exclusivement féminines sur les chaînes gratuites généralistes sont le football (44 % du sport féminin), le tennis (13 %), le rugby (16 %), le cyclisme (11 %), le handball (6 %) et le ski (6 %)", souligne l'étude.

Forte de ces chiffres, l'Arcom souhaite, à travers l’opération Sport féminin toujours, "inciter les médias à diffuser davantage de retransmissions sportives sur les antennes, mais aussi à aborder les problématiques liées à la pratique féminine du sport : maternité des athlètes,
accompagnement des sportives de haut niveau, place des femmes dans les instances
dirigeantes, etc." Par une plus large médiatisation et promotion du sport féminin, l'enjeu est aussi "d'ancrer la pratique féminine dans les usages, de poser la question d’une
représentation paritaire, mais aussi de l’égalité et de la mixité femmes-hommes de
certaines épreuves", tout comme de développer la pratique sportive des femmes.

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