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Le Mondial au Brésil tout en contrastes

Avec le match d'ouverture de la Coupe du monde entre le Brésil et la Croatie ce soir (22h), le Brésil débute un mois de sport, de fête, mais aussi de tensions. Réussir la Coupe du monde, pour tous les Brésiliens, passera par une sixième étoile, la première décrochée à domicile. Tant que la Seleçao gagnera, la fête battra son plein dans tout le pays avec les 600 000 supporteurs étrangers attendus. Mais cela ne fera pas oublier les protestations sociales, qui ont enflammé le pays voici un an, et qui peuvent reprendre à tout moment à quatre mois de l'élection présidentielle. Les yeux de la planète entière sont fixés sur le Brésil, dont une partie de l'image se joue dans les 30 jours.
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France Télévisions
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Un match d'ouverture pour donner le LA

Une cérémonie d'ouverture endiablée

En confiant la chanson officielle du Mondial à un trio Jennifer Lopez, Pitbull, Claudia Leitte et le groupe de percussions Olodum, les organisateurs se sont assurés un show incroyable pour la cérémonie d'ouverture. La renommée internationale de Jennifer Lopez et Pitbull n'est plus à faire, ni même le côté "chaud" des danses de J.Lo. Mais elle aura fort à faire avec Claudia Leitte, une immense star au Brésil, un pays de plus de 200 millions d'habitants. "Je vais montrer ma 'brésilitude' au monde entier", a-t-elle promis. En clair, son déhanché et son goût pour "samber" vont peut-être un peu éclipser l'Américaine. Et elle a prévenu que le spectacle, de 25 minutes auquel participeront 600 artistes ou gymnastes (avec beaucoup de capoeira), sera "surprenant. Ce que je peux dire c'est que les enfants seront enchantés et les adultes seront émerveillés par la beauté de ce que nous allons faire".

Le spectacle "rendra hommage aux trois trésors du Brésil: la nature, le peuple et le football", a expliqué Daphné Cornez, la chorégraphe belge. Dans ce pays très croyant, un message de Paix sera adressé par le pape François et d'autres leaders religieux, avant un lâcher de colombes. Et un paraplégique abandonnera son fauteuil roulant pour donner le premier coup d'envoi du Mondial, grâce à un exosquelette motorisé créé par une équipe de 156 chercheurs du monde entier.

La grogne en arrière-plan

C'est aussi pour cela que Dilma Roussef, la présidente, répète ces derniers jours que l'argent dépensé n'est pas perdu pour la population: "Nous avons construit, amélioré des aéroports, des ports, des avenues, des  ponts, des voies d'accès, des lignes de transport rapides et nous l'avons fait  en premier lieu pour les Brésiliens", scandait-elle à la veille de l'ouverture du Mondial. Et elle ajoutait que les réalisations "ne partiront pas dans les valises des touristes après le  Mondial. La Coupe dure à peine un mois, mais les bénéfices resteront toute la vie". Il faut dire que les élections présidentielles ont lieu dans quatre mois, le 5 octobre prochain. Elle sera candidate à sa propre succession, et si elle a pour l'instant l'avantage dans les sondages, elle sait qu'une bonne Coupe du monde, à tous les niveaux, peut la rapprocher de la victoire. Et inversement...
A l'approche de l'événement, les Brésiliens sont peu à peu entrés dans la compétition, décorant murs, rues et magasins. Mais pour certains, l'engouement n'est pas encore total. Les résultats de la Seleçao seront déterminants. 

Les travaux de la discorde

Cela fait plusieurs mois que la FIFA et le gouvernement brésilien se querellent au sujet de l'avancée des travaux. Passant du chaud au froid, les relations entre les deux parties n'ont pas amélioré l'image de l'un comme de l'autre. Mais sur le fond, le Brésil a accumulé les retards à tous les niveaux. Echangeurs routiers et métro toujours pas finis à Porto Alegre, l'extension du métro à Fortaleza débutée en août, le tramway à Sao Paulo inaugué en 2016, 10 des 23 projets d'autoroutes, de viaducs ou lignes de train à Recife pas encore commencés... Idem à Brasilia ou Rio de Janeiro. Les aéroports, au bord de l'asphyxie, ont dû entreprendre de grands chantiers pour faire face à l'afflux de touristes, alors qu'il manquait clairement des capacités hôtelières dans le pays. Malgré les sept années passées depuis la désignation du Brésil pour cette Coupe du monde, le pays a perdu beaucoup de temps, dépensé beaucoup d'argent, mais n'a pas pu tout faire.

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