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L'AMA demande la suspension de la Russie de toutes compétitions d'athlétisme

La Commission d'enquête de l'AMA, qui n'a pas de pouvoir de sanction, au sein d'un rapport de 323 pages qu'elle a divulgué lors d'une conférence de presse à Genève, met en accusation la Russie, ses athlètes, sa Fédération et même son gouvernement. Elle propose donc que la Russie soit exclue de toutes compétitions d'athlétisme par l'IAAF mais aussi par le CIO. La Commission demande également la suspension à vie de cinq athlètes, parmi lesquels la championne olympique 2012, championne du monde 2011 et 2013 du 800m, Mariya Savinova, qui avait déjà reconnu s'être dopée. Et elle jette une ombre sur la lutte antidopage russe, que ce soit lors des JO de Sotchi en 2014, ou lors de la future Coupe du monde de football en 2018, en accusant le pouvoir russe d'être un "état-supporteur". L'IAAF a annoncé qu'elle allait lancer la procédure d'application des sanctions, donnant à la Russie jusqu'à la fin de la semaine pour répondre aux accusations de l'AMA.
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France Télévisions
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Fin 2015, Richard McLaren (ici avec Richard Pound et Guenter Younger) membre de la Commission indépendante de l'Agence mondiale antidopage (FABRICE COFFRINI / AFP)

L'athlétisme vit-il son affaire Armstrong ? Selon un rapport d'une commission d'enquête diligentée par l'Agence mondiale antidopage, la Fédération internationale a bien, comme celle de cyclisme avec l'Américain, protégé certains athlètes coupables de dopage. Mais ce rapport met surtout en accusation l'ensemble de la Russie, du gouvernement aux athlètes, aux entraîneurs en passant par la fédération. Et sa conclusion est simple: il faut suspendre la Russie de toutes compétitions. C'est ce qu'elle propose à l'IAAF mais aussi au CIO. Le Comité exécutif de l'AMA se réunira la semaine prochaine. Ce sera la prochaine étape. Pour les sanctions, il faudra encore attendre. Comme cette commission n'a pas de pouvoir de sanction, c'est à d'autres (Fédérations internationales, CIO, fédérations nationales) de se saisir de ces conclusions pour statuer. L'IAAF a déjà annoncé qu'elle lançait la procédure d'application des sanctions proposées. Le ministre russe des Sports a donc eu beau jeu d'avoir réagi en disant que l'AMA "n'a pas le droit de suspendre" la Russie.

Dans ce rapport, la Commission suspecte la Russie d'avoir utilisé un obscur laboratoire, en banlieue de Moscou contrôlé par les autorités moscovites, pour couvrir un dopage généralisé. Il est ainsi dit que ce laboratoire "pourrait être utilisé comme une première étape pour identifier les échantillons de test des athlètes russes qui ont des urines suspectes ou positives" et que "les échantillons pré-sélectionnés pourraient ainsi être envoyés au laboratoire accrédité" de Moscou. Et ces cas de dopage n'ont "pas pu exister" sans l'assentiment du gouvernement. Pour cette Commission, les JO de Londres en 2012 ont été plus ou moins sabotés en raison de ces pratiques. "Des déclarations de témoins et d'autres preuves ont semble-t-il mis en  lumière un haut niveau de collusion parmi les athlètes, les entraîneurs, les  médecins, les officiels et les agences sportives pour fournir de façon  systématique aux athlètes russes des produits dopants afin d'atteindre le principal objectif de l'Etat (...): produire des vainqueurs", est-il écrit.

La lutte antidopage russe mise en accusation

Le rapport ne limite pas ses accusations à l'athlétisme. Selon les enquêteurs, "le laboratoire de Moscou est incapable d'agir de façon indépendante", son directeur Grigory Rodchenko est dépeint comme "un complice des activités de dopage" et "au coeur de la couverture des tests", ce qui fait que "de nombreux tests que ce laboratoire a conduits devraient être considérés comme hautement suspects". Selon eux, 1417 contrôles antidopage ont été simplement détruits, sous les ordres de ce directeur. Ils relèvent que "l'impartialité, le jugement et l'intégrité ont été compromis par la surveillance du FSB (les services secrets russes, NDLR) à l'intérieur du laboratoire", lors des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi. Ce rapport risque d'être un sacré caillou dans le pied des dirigeants du football mondial, qui n'en avaient pas besoin, puisque la prochaine Coupe du monde, en 2018, sera organisée en Russie et que c'est ce laboratoire qui devait prendre en charge les contrôles... Et Dick Pound, l'ancien patron de l'AMA désormais directeur de cette commission indépendante, a d'ailleurs fait un parallèle entre la corruption révélée à la FIFA et cette affaire. Il a insisté sur le fait que la Russie s'était conduite comme une sorte "d'état-supporteur" dans ce programme de dopage. "Je ne pense pas qu'il y ait d'autres conclusions possibles."

 

Vidéo: L'ombre d'un dopage massif (Stade 2 du 2 août 2015)

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