Journée mondiale du sport aveugle : à la rencontre de l'équipe de France de goalball, un sport pensé pour les déficients visuels

Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Rencontre avec l'équipe de France féminine de goalball à l'occasion de la Journée mondiale du sport aveugle et à un mois des Championnats d'Europe.

A l'occasion de la Journée mondiale du sport aveugle et un mois avant les Championnats d'Europe, rencontre avec deux membres de l'équipe de France féminine de goalball, une discipline paralympique pensée pour les déficients visuels, encore méconnue dans l'Hexagone.

Inventé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par des vétérans allemands ayant perdu la vue, le goalball est un sport collectif spécialement pensé pour les malvoyants et les non-voyants. Présent aux Jeux paralympiques depuis 1976, c'est une de deux seules disciplines, avec la boccia, n'ayant pas d'équivalent olympique. "En plus d'être une discipline à part dans l'univers sportif, ne ressemblant à aucune autre, le goalball est une des épreuves handisports les plus anciennes, puisqu'elle fête ses 75 ans cette année", explique Henk van Aller, le directeur général de la Fédération internationale des sports pour personnes aveugles (IBSF)."C'est aussi l'unique sport collectif paralympique pour déficients visuels pratiqué par les hommes et les femmes", souligne Anthony Puaud, entraîneur depuis septembre 2019 de l'Équipe de France féminine de goalball.

S'évader à travers le sport

Le goalball est institutionnalisé en France en 2016, année où Gwendoline Matos débute dans la discipline, à Lyon. Une découverte qui change sa vie. La Franc-Comtoise, originaire de Besançon, rejoint le club de sa ville avant d'intégrer la sélection nationale en 2017. 

Malvoyante, Gwendoline Matos est atteinte de la maladie de Stargardt, une maladie génétique rare qui affecte la rétine : pour la jeune femme, cela se traduit par une baisse de la vision (moins d'un dixième de vue à chaque œil), une réduction de son champ de vision et l'incapacité de voir dans l'obscurité. Mais sur le terrain, elle joue à égalité avec ses coéquipières. "C'est plaisant d'avoir un sport adapté à son handicap. Pour une fois, ce n'est pas à moi de m'adapter, sourit la jeune femme de 27 ans. On est tous au même niveau par rapport au handicap. Le temps d'un entraînement, d'un match, on oublie son handicap et on s'évade."

"Pour une fois, ce n'est pas à moi de m'adapter"

Peu connu du grand public, le goalball se développe moins vite que d'autres handisports en France, avec seulement 150 licenciés qui le pratiquent en compétition. "Le cécifoot, on comprend rien qu'au nom que c'est pour des déficients visuels, le basket-fauteuil c'est pareil. Mais pour notre sport, c'est plus compliqué de vite comprendre ce qu'on fait, et ça peut être un frein à notre développement", précise Anthony Puaud.

Un développement freiné également par le manque de temps que les joueuses peuvent consacrer à leur discipline. Malgré son statut de sportive de haut niveau depuis près de quatre ans, Gwendoline Matos ne vit pas de son sport et partage son temps entre les terrains et son poste de standardiste à la mairie de Besançon. Un jonglage "pas toujours évident, indique la jeune joueuse. On doit s'entraîner le midi ou le soir, tout s'enchaîne".

La situation a pourtant évolué depuis la création de l'équipe en 2016. "Le mouvement tend à se professionnaliser, les filles commencent à avoir des sponsors privés", indique Anthony Puaud. Comme beaucoup d'autres athlètes paralympiques, elles doivent pour l'instant vivre "une double vie, un double projet sportif". "C'est contraignant mais représenter son pays, ça n'a pas de prix", estiment le coach et sa joueuse.

Objectif : Paris 2024

Représenter la France, Gwendoline Matos va en avoir l'occasion lors des Championnats d'Europe de division B en Finlande, du 31 mai au 7 juin. Actuellement 14e meilleure équipe européenne -et 40e mondiale-, l'objectif est de "faire un podium pour monter en division A (les dix meilleures nations, ndlr). Ce qui nous permettra de participer aux Championnats d'Europe des A en fin d'année puis aux Mondiaux". Un enchaînement de compétitions qui ferait du bien à l'équipe, dont le dernier tournoi international remonte à novembre 2019. "Avec la crise sanitaire, le calendrier a été remanié plusieurs fois. On ne connaît pas du tout l'évolution de nos adversaires, cela va être intéressant de nous confronter à elles en Finlande", explique Anthony Puaud.

Avec, en ligne de mire, les Jeux olympiques de Paris 2024, pour lesquels les Françaises sont d'ores et déjà qualifiées en étant pays hôte. "C'est déjà une très grande fierté de représenter notre pays à l'international. Mais représenter nos couleurs aux Jeux, chez nous, ce sera le meilleur aboutissement possible de toutes ces années de travail", conclut Gwendoline Matos. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.