Sotchi : les maîtres du temps olympique

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL | Il ne peut y avoir de Jeux olympiques sans un bon chronomètre. La performance de bon nombre d'athlètes repose en effet entièrement sur le temps, la rapidité. Il faut donc s'assurer que la technique est la plus fiable possible. C'est en partie le rôle de Peter Huerzeler, chronométreur en chef des JO, sur le pont depuis 1976 pour les Jeux d'Innsbruck.

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Une journée d'épreuves comme une autre entre Adler et Krasnaya Polyana. Autour de la piste de patinage de vitesse, une vingtaine de personnes font du temps leur affaire ; elles ont établi leur camp de base sur un bureau jouxtant la piste, long d'environ quinze mètres. Le but de ces chronométreurs : proposer une "photo-finish" en cas d'arrivée groupée des athlètes, grâce à des séquences filmées de 2.000 images par seconde. Une petite idée de la technologie développée lors des Jeux olympiques pour assurer des conditions de compétition optimales. Car, au contraire des juges, parfois, le temps lui ne ment pas.

Parfois, la course se joue aussi sur un élément-clé, la chute...

Une histoire d'évolution

Depuis, quasiment, toujours, c'est la marque suisse Omega qui assure le chronométrage lors des Jeux olympiques. Depuis 1932 exactement, comme le revendique son PDG Stephen Urqehart, malgré quelques interruptions involontaires.

"Chaque fois on pense que nous sommes au sommet, mais c'est faux, ce n'est jamais fini" (Peter Huerzeler)

Peter Huerzeler, Suisse et chronométreur en chef aux Jeux, retient plusieurs dates parsemées dans "l'histoire du temps" olympique. Comme cette année 1964, aux JO d'Innsbruck, où l'horloge en temps réel est apparue à la télévision, pendant la retransmission d'une épreuve. Aujourd'hui, il serait impensable que le téléspectateur ne bénéficie plus de cette avancée technologique. Et, surtout, les athlètes ne peuvent se permettre de concourir sans une confiance totale placée en les chronomètres.

Au service des athlètes

Le summum de la technologie est atteint au centre de glisse Sanki, qui accueille notamment les épreuves de bobsleigh. Jamais le chronométreur officiel des Jeux olympiques n'avait reçu demande de cette importance : 52 capteurs laser traversent la piste, de haut en bas ! Le matériel de chronométrage mis au point en Suisse est capable de mesurer au millionnième près.

"Nos clients, ce sont les athlètes ; ils ont le droit d'avoir le temps juste" (Peter Huerzeler)

Une véritable nécessité pour une course qui se joue souvent au millimètre, et sur laquelle reposent les espoirs de dizaines d'athlètes, qui ont passé les quatre dernières années à essayer de repousser leurs limites en matière de temps. C'est pourquoi, pour éviter le bug, cauchemar du chronométreur, le système de mesure est triplé.

Cette rigueur toute mathématique n'empêche pas le rieur Peter Huerzeler de se montrer philosophe, et espiègle : "Une belle montre peut vous montrer le temps, une belle femme peut vous le faire oublier ", dit-il en citant Maurice Chevalier.