Reportage "Honneur", "fierté", "plaisir"... Au cœur du rassemblement inédit des médaillés olympiques et paralympiques à l'Elysée

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De notre envoyé spécial - Adrien Hemard - franceinfo: sport
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Les athlètes olympiques et paralympiques à l'Elysée le 13 septembre 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les médaillés français des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 ont été reçus à l’Élysée lundi.

Le festival de Cannes, ou la rentrée du collège du coin. Pas besoin de choisir en ce lundi 13 septembre au Palais de l’Elysée, où l’ambiance se situait entre ces deux marronniers. C’était pourtant un rendez-vous inédit qui attendait les athlètes français médaillés aux Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo cet été, rassemblés au Palais de l’Elysée sur invitation présidentielle. Conviés à une cérémonie inédite, réunissant pour la première fois athlètes et para-athlètes, toutes et tous n’ont pas pu venir. Mais beaucoup étaient là pour ce défilé de champions made in France avec une perspective bien établie : Paris 2024.

Défilé de médaillés

Sous un soleil et sur un tapis dorés, les athlètes français ont entamé leur lente procession dès le milieu de l’après-midi. Le calme de la cour de l’Elysée n’était alors rompu que par quelques crépitements de flashs, et le bruit des cailloux écrasés par tout ce métal olympique. Un des premiers à pénétrer dans l’arène : Steven Da Costa, champion olympique de karaté : "C’est ma première fois, je découvre, ce n’est pas tous les jours qu’on est à l’Élysée. Je ne suis pas stressé mais je connais un peu moins cet endroit moins que le tapis (rires)", souriait celui qui se bat pour que sa discipline soit au programme en 2024 à Paris, "Mais en attendant, je savoure". A quelques mètres derrière lui, un autre géant des tapis faisait son entrée, tout sourire : Teddy Riner, plus habitué des lieux.

"C’est ma quatrième fois, mais ça fait toujours du bien de revenir à l’Elysée. C’est une fierté pour ma maman."

Teddy Riner

Mais le judoka aux 5 médailles olympiques était aussi là pour, comme beaucoup, déjà se projeter sur 2024 : "L’heure est maintenant aux Jeux de Paris. Ca doit être la fête, la fête, la fête, le partage, le partage, le partage". Et quel meilleur symbole que cette "réunion" de sportifs de tous horizons : "C’est bien d’avoir réuni les athlètes et para-athlètes. La plupart du temps on est séparés, mais c’est bien de n’avoir qu’une cérémonie pour être célébrés tous en même temps", savourait d’ailleurs Riner qui, comme tous, a pris le temps de poser devant les marches du Palais.

La cour d’honneur de l’Elysée prenait alors des airs de salle d'interview à ciel ouvert, que le service presse de l’Elysée tentait d’organiser pour ne pas faire de malheureux. Un des plus sollicités : Rudy Gobert, argenté avec les Bleus du basket : "On a eu le temps de se ressourcer après les Jeux. C’est un plaisir, un honneur d’être enfin là. On va bien représenter les gars qui ne peuvent pas être ici aujourd’hui", appréciait le géant aux côtés de Nicolas Batum. Avant de conclure : "La médaille d’or est maintenant l’objectif, on sera prêt".

L’or olympique, Nikola Karabatic connaît. Ce qui n’empêchait pas le handballeur de savourer le moment : "On s’est un petit peu habitué à venir à l’Elysée oui, mais c’est toujours un plaisir. Ca nous permet de revivre un peu la parenthèse enchantée de cet été".

"Je suis déjà venu à l’Élysée aussi, il y a 4 ans après Rio, mais y venir une deuxième fois avec l’or, c’est encore plus beau. Je n’y aurais jamais cru étant petit. La Légion d’honneur c’est une belle distinction. En tant que papa j’ai compris que ça avait quelques avantages (rires)."

Enzo Lefort

Une forte attente pour 2024

Le but de la cérémonie, c’était en effet de remettre une médaille supplémentaire aux champions tricolores de l’été : la légion d’honneur pour les médailles d’or, l’ordre national du méritd pour les argentés et bronzés. Pour cela, il fallait rejoindre la salle des fêtes de l’Elysée, ouverte sur les jardins où les proches des athlètes attendaient sur la terrasse du palais. Pendant ce temps à l’intérieur, la délégation tricolore se retrouvait au grand complet - ou presque, certains médaillés ayant déjà repris la compétition - dans une ambiance de rentrée scolaire. Mais à peine le temps de prendre des nouvelles et de se raconter les vacances que le personnel de l’Élysée faisait s’asseoir tout le monde pour le mot du "proviseur" Emmanuel Macron.

Devant le parterre de médaillés, de ministres, mais aussi quelques adversaires politiques (Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, et Anne Hidalgo, maire de Paris), le président de la République s’est lancé dans un discours exhaustif. Au programme : une chronique des Jeux, quelques retours sur certaines médailles (celles en judo, escrime, sports collectifs…), et surtout une envie de se tourner vers Paris 2024 résumée ainsi : "Profitez de vos médailles, mais pas trop, car il faut déjà préparer 2024". Le chef de l’Etat reconnaissait au passage que le bilan français à Tokyo était en deçà des attentes, sans pour autant revoir à la baisse les ambitions pour dans trois ans : "Je crois que la France peut intégrer durablement le top 5 au classement des médailles. On doit faire beaucoup plus, parce que ce sont nos Jeux, à la maison, on est attendu".

Légion d'honneur et ordre national du mérite 

Sous les lumières des fastes de la République, les athlètes ont écouté, sagement, le discours présidentiel. Puis est venu le moment tant attendu - dans tous les sens du terme - : la remise des décorations. Au Premier ministre, Jean Castex, et au ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, l’ordre national du mérite aux médaillés d’argent et de bronze. Au président de la République la Légion d’honneur, pour un enchaînement sans écorcher le moindre nom.

Et c’est ainsi qu’à coup de "Au nom de la République, je vous fais officier de la Légion d’honneur" et d’applaudissements, la cérémonie se terminait dans un léger brouhaha et une avalanche de selfies, avant la photo de groupe sous les lustres couleur médaille d’or. Leur nouvelle breloque sur la poitrine, les athlètes se dirigeaient vers la terrasse de l’Elysée pour savourer ce moment (et l’arroser un peu, quand même). Mais pas trop, car Paris 2024, c’est dans trois ans. Autant dire demain. Après ce détour par l’Elysée, retour à l’entraînement.

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