Partenariat Airbnb-JO : la suspension de la participation des hôteliers aux JO-2024 est "un cri d'alarme politique", selon la mairie de Paris

Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris en charge des sports et du tourisme et des JO, dénonce la "concurrence déloyale" d'Airbnb.

Jean-François Martins, le 7 février 2012 à Paris.
Jean-François Martins, le 7 février 2012 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

La branche hôtellerie française de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) a décidé de suspendre sa participation à l’organisation des JO-2024, après le partenariat du CIO avec la plateforme Airbnb. "Ce qu'il faut entendre, c'est un cri d'alarme politique", a réagi mercredi 20 novembre soir sur franceinfo Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris en charge des sports et du tourisme et des JO. "Ils ont trouvé au travers des Jeux olympiques un symbole pour se faire entendre et pour dire au gouvernement : la concurrence déloyale d'Airbnb cela ne peut plus continuer", assure Jean-François Martins.

Airbnb, de la start up à l'entreprise "prédatrice"

L'élu parisien souligne qu'Airbnb est passée, depuis sa création, "du statut de start up sympathique de Californie qui permettait aux gens de louer le week-end leur appartement, à une entreprise prédatrice qui vient déstabiliser les villes, l'accès au logement et l'industrie hôtelière." Il estime qu'aujourd'hui, "on ne peut plus être dans une situation où on a des hôtels qui investissent, qui embauchent des gens et qui paient des impôts, qui sont en concurrence avec des gens qui ne paient pas d'impôts en France, qui ne créent pas d'emploi et qui n'investissement pas."

Jean-François Martins rappelle que la législation sur les meublés touristiques est une législation locale partout dans le monde, alors qu'en France, la loi est la même sur tout le territoire. "Il faut que le gouvernement transfère la compétence de régulation des meublés touristiques aux villes. Pour Paris, la priorité c'est de préserver le logement." L'élu de la capitale martèle que "Paris et la France ne peuvent pas dérouler le tapis rouge à Airbnb sans que ces derniers ne rentrent dans le cadre de la loi."

Une concurrence "déloyale"

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a pris l'engagement lundi d'organiser un référendum auprès des Parisiens immédiatement après les élections, "en concertation avec eux, à définir les bonnes conditions d'usage de Airbnb." 

On veut protéger notre hôtellerie et on va réduire Airbnb.Jean-François Martins, adjoint à la maire de Parisà franceinfo

En attendant, la mairie de Paris va "continuer le dialogue" avec les hôteliers. "On souhaite que ces Jeux bénéficient à la France entière et à l'économie parisienne. Si les Jeux doivent avoir des retombées économiques, il faut protéger notamment nos entreprises françaises de la concurrence déloyale", tient à préciser l'adjoint à la maire de Paris. "Partenaire ou pas des Jeux olympiques, Airbnb devra être encadré et régulé à Paris pour protéger le logement et les hôtels", dit encore Jean-François Martins.