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Paris 2024 : "On n’a pas les chocottes", assure Teddy Riner avant le grand oral de Doha

Pour la première fois depuis qu’elle est candidate pour organiser les Jeux olympiques d’été en 2024, la ville de Paris passe son premier grand oral ce mardi 15 novembre à Doha, au Qatar.

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Le double champion olympique de judo Teddy Riner, ici lors d'une visite de la délégation parisienne au Lycée Voltaire franco-qatarien à Doha le 14 novembre, est la vedette du premier grand oral de Paris 2024. (CECILIA ARBONA / RADIO FRANCE)

C’est une semaine capitale dans la course à l'organisation des Jeux olympiques de 2024. Les trois villes encore en lice se retrouvent ce mardi 15 novembre à Doha, au Qatar, pour passer leur premier grand oral. Los Angeles, Paris et Budapest devront présenter leur dossier devant l'assemblée générale des comités nationaux olympiques et en présence de plusieurs fédérations sportives internationales.

Une humilité revendiquée

Paris passera son audition en dernier et aura 20 minutes, comme ses deux rivales avant elle, pour convaincre. La capitale française a essuyé trois échecs alors qu'elle ambitionnait d'accueillir les JO en 1992, 2008 et 2012. Elle estime avoir tiré les leçons de ces déconvenues et a préparé une nouvelle stratégie. 

Il y a d’abord un changement de mentalité. La France a longtemps abordé cette compétition avec une certaine suffisance. Elle a pris de claques et a rabattu son caquet. Et puis il y a ces deux photos prises à 11 ans d’intervalle. Pour la campagne de 2012, l’équipe était exclusivement composée d’hommes, tous Blancs, tous vêtus du même costume gris clair, des politiques uniquement, Jacques Chirac, Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon. Cette fois les athlètes sont au cœur du dispositif, ils reflètent la société dans sa diversité avec Teddy Riner le judoka, le kayakiste Tony Estanguet ou encore la boxeuse Sarah Ourahmoune.

Triple médaillé olympique en canoé Tony Estanguet, co-président de Paris 2024, est impatient de présenter le projet et de marquer les esprits. "Une présentation ça se gagne,  indique le sportif. L’idée, c’est de réussir à surprendre un peu nos membres du CIO et toutes les personnes qui seront dans la pièce. On peut s’attendre à ce que les autres, juste avant, nous mettent la barre assez haute. Il faudra être capable de relever encore le niveau." Tony Estanguet est conscient que ce premier test est capital, convaincu qu'"il ne faut pas faillir sur ce premier exercice de présentation orale".

Je pense que dans une course à trois, il faut vraiment se méfier de tout le monde

Tony Estanguet, co-président de Paris 2024

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"Ensuite on décortiquera ce qu’on dit les autres, poursuit Tony Estanguet. Et on regardera comment on peut améliorer notre présentation. Cette semaine, c’est vraiment le premier grand test pour voir comment notre projet est accueilli", se réjouit le kayakiste français.

Une vision qui insiste sur le long terme

Autre atout de la France, son dossier technique, extrêmement précis. Les plans sont finalisés quasiment au mètre carré près. Les maquettes seront présentées dans de petits films promotionnels. Et puis, Paris aborde ces Jeux avec une vision à long terme. Elle insiste sur l’héritage, l’empreinte que laissera cet évènement sur le territoire. Pas question de préparer un spectacle éphémère dans un chapiteau que l’on démonterait après deux semaines de représentation.

Les garanties qu’on offre au CIO sont extrêmement fortes, pour la première fois sans doute depuis très longtemps

Bernard Lapasset, co-président de la candidature française

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L’ancien rugbyman Bernard Lapasset, qui co-préside Paris 2024, est confiant mais refuse de prêter crédit aux rumeurs selon lesquelles l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis affaiblirait les chances de Los Angeles. "On ne fait pas de références à la politique. Nous restons dans une approche sportive, explique-t-il. On est vraiment dans une approche extrêmement solide, qu’on n’avait peut-être pas dans le passé", assure l’athlète.

Teddy Riner, l'atout choc et charme de la délégation Paris JO 2024

Le judoka de 27 ans originaire de Guadeloupe a été choisi pour charmer l'assemblee générale des comités nationaux olympiques. "Big Ted", "Teddy Bear" ou encore le "Gentil Géant" comme on le surnomme est un garçon avenant, humble et drôle qui noue facilement des liens avec le public. Ces qualités n'ont pas échappé à Tony Estanguet, qui a demandé au judoka d'emballer la salle en trois minutes chrono !  "Teddy a déjà ce charisme en lui, il est très bon en présentation en public, il est a l'aise et met les gens à l'aise", explique Tony Estanguet. "Il est à l'image de ce qu'on veut montrer : de l'enthousiasme. On veut montrer qu'on a envie d'accueillir le monde, qu'on a un projet extraordinaire, à fond pour Teddy Riner ! ", renchérit l'ex-joueur de badminton et aujourd'hui directeur général du comité Paris 2024 tienne Taubois. 

On n'a pas les chocottes. Moi je ne vois pas comment on peut perdre. Ce qu'on veut, c'est un bel événement sportif

Teddy Riner

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Un très bon choix estime également Guy Drut,  membre du comité international olympique. "De toutes façons, il faut séduire, c'est un plus. Teddy Riner est un garçon sympathique, abordable, qui sait transmettre une émotion. Il sourit quand il faut, il a un rire communicatif. Avec Tony Estanguet, très connu, triple champion olympique, on a une belle palette", assure-t-il. L'intéressé, lui, se veut confiant. "On n'a pas les chocottes parce que quand on voit le dossier qu'on a préparé, on se pose la question : comment peut-on perdre ? Ce qu'on veut c'est un bel événement sportif", assure Teddy Riner.

Pour ce premier grand oral, les Français ont décidé de miser sur un athlète populaire, le judoka Teddy Riner. Le reportage à Doha de Cécilia Arbona
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Le grand oral de Doha est le premier des trois rendez-vous du même genre prévus avant l'élection, le 13 septembre 2017 à Lima, de la ville hôte des Jeux d’été de 2024.

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