Lettre des conseillers techniques sportifs à Emmanuel Macron : "C'est un cri d'alarme et un dernier recours"

Franck Cadéi, cadre technique de la fédération de handball, fait partie des signataires de la lettre.   

Les conseillers techniques sportifs signent une lettre pour demander un moratoire. (Illustration). 
Les conseillers techniques sportifs signent une lettre pour demander un moratoire. (Illustration).  (MAXPPP)

Les conseillers techniques sportifs demandent à Emmanuel Macron un moratoire sur leur détachement vers les fédérations jusqu'aux Jeux olympiques de Paris 2024. La lettre ouverte du "collectif des 1 000", a notamment été signée par plus de 4 000 CTS, des entraîneurs, mais également des élus. "C'est un cri d'alarme, une lettre de dernier recours", a expliqué sur franceinfo Franck Cadéi, cadre technique de la fédération de handball, signataire de la lettre.

franceinfo : Vous n'avez plus d'autres issues que de vous adresser directement à Emmanuel Macron ?


Franck Cadéi : C'est un cri d'alarme, une lettre de dernier recours. Depuis le mois de septembre 2018, on s'est adressés à de nombreuses reprises à nos députés, aux sénateurs, à la ministre des Sports elle-même, et malgré tout les choses continuent d'avancer. Cela nous semble ne pas être dans le sens souhaité, surtout à l'horizon des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.

Est-ce qu'il y a un lien direct entre la réforme et l'obtention des médailles ?

Il y a les médailles que l'on pourrait avoir à Paris, mais il n'y a pas que ça. Il y a tout ce qui est sous-tendu, tout ce qui est de l'ordre de la cohésion sociale, de l'ordre de la féminisation de la pratique, tout ce que l'on appelle l'héritage du sport. Oui, il y a un lien direct parce que la présence de l'Etat dans cette politique d'animation sportive du territoire est prépondérante dans l'obtention des médailles et dans l'émergence et le développement des pratiques.

L'aspect social est évoqué depuis de mois. Il n'est pas entendu par le gouvernement ?

C'est une crise qui est plus profonde que ça et on argumente sur tous les secteurs qui sont couverts par l'activité du ministère, à savoir les médailles, mais aussi tout ce qui est de l'animation.

Est-ce que vous vous sentez par les deux ministres des sports avec qui vous vous être entretenus ?

Le mot est trop fort. Je dirai que le timing de la réforme n'est pas bon. On attend tous un évènement majeur que sont les Jeux olympiques. Au moment où on a cet évènement majeur, qui est peut-être l'aboutissement de pas mal de choses pour la politique française en matière de sport et l'occasion de montrer l'expertise française dans le domaine du sport, on a l'impression que ce n'est pas le bon moment de tout déstabiliser. Les CTS on ne se bat pas pour de l'argent. On veut de l'or aux JO de Paris. On demande de ne pas aller au bout de la réforme avant les Jeux de Paris. Le dialogue est nécessaire, on est prêt à réfléchir à une évolution des modèles.