Le nageur Théo Curin renonce aux Jeux paralympiques de Tokyo et se lance un défi fou : la traversée du lac Titicaca, sur 122 km

franceinfo le suit dans cette aventure. Mais il cherche encore des partenaires. "On est à peu près à 50% du budget", confie-t-il.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Le nageur paralympique, Théo Curin, le 30 septembre 2020. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Théo Curin, nageur paralympique, trois fois médaillé aux mondiaux, a annoncé jeudi 8 octobre sur franceinfo qu'il "ne participera pas aux Jeux de Tokyo en 2021" en raison de "gros problèmes de classification". Le jeune homme, amputé des quatre membres à l'âge de six ans, a indiqué se trouver avec trois nageurs qui ont leurs deux mains. Mais le nageur "espère qu'ils vont essayer de réégaliser ces problèmes de classification pour pouvoir faire les Jeux paralympiques en 2024 à la maison" car c'est "son plus grand rêve".

En attendant, Théo Curin s'apprête à relever un défi incroyable dont franceinfo va être partenaire : la traversée de lac Titicaca, à la nage.122 kilomètres, à 3 800 mètres d'altitude entre le Pérou et la Bolivie. "Ca va être juste complètement dingue", s'enthousiasme le jeune homme de 20 ans.

franceinfo : Vous auriez dû vous présenter aux Jeux paralympiques de Tokyo, qui ont lieu l'an prochain, mais ce ne sera pas le cas, pourquoi ?

Théo CurinJ'annonce officiellement ce matin que je ne participerai pas aux Jeux de Tokyo en 2021, tout simplement parce que je fais face à des gros problèmes de classification.

Dans le paralympique, on est classés par catégorie de handicap et là, ça fait deux ans que je me retrouve avec trois gars qui ont leurs deux mains. Donc, forcément, il n'y a pas besoin d'être médecin ou tout ce qu'on veut pour comprendre qu'un gars qui a ses deux mains est forcément avantagé par rapport à moi. 

Théo Curin, nageur paralympique

à franceinfo

Du coup, j'ai pris cette initiative, pour ne pas partir aux Jeux avec le simple objectif de faire une finale ou une quatrième place. Je reste compétiteur, et si le podium n'est pas possible, c'est impossible pour moi d'aller aux Jeux. Je n'arrête pas la natation, bien au contraire, mais je fais juste une pause paralympique pendant un an et j'espère que, pendant cette année-là, ils vont essayer de réégaliser ces problèmes de classification pour pouvoir faire les Jeux paralympiques en 2024 à la maison, c'est juste mon plus grand rêve.

Du coup, vous vous lancé dans un défi fou ?

J'ai eu l'idée avec mon agent de partir au Pérou et de traverser le lac le plus haut du monde, le lac Titicaca, dans la cordillère des Andes. On va partir pour 122 km. Je dis "on" parce que je ne vais pas être tout seul. Je vais avoir la chance de partager cette expérience avec Malia Metella, une nageuse olympique, et Mathieu Widvoet qui est juste incroyable, qui est un éco aventurier. On va partir tous les trois sur 122 km à la nage, en totale autonomie.

On va tracter un radeau à la nage sur 122 km. Sur ce radeau, on va avoir notre bouffe, on va avoir des boîtes de secours. On pense mettre environ huit jours à traverser ce lac et on va dormir sur le radeau dans des petites tentes. 

Théo Curin

Il y a des ingénieurs qui sont en ce moment même en train de travailler sur ce prototype. Le truc qui rajoute un petit peu de difficulté aussi, c'est que l'eau est à 10 degrés.

Le lac Titicaca entre le Pérou et la Bolivie. (RAPHAEL MANTERO / MAXPPP)

Vous êtes une star sur les réseaux sociaux, suivi par des centaines de milliers de personnes, vous leur dites quoi à ces gens ?

J'essaie de passer un message qui est tout simplement de croire en soi, quoi qui puisse nous arriver. Il faut être fier de sa différence. J'essaie de casser les codes un peu aussi. Et j'essaye de partager sur les réseaux sociaux, un peu tous mes objectifs. Je vais essayer de faire partager toute l'année ma préparation pour Titicaca parce que ça va être très long, ça va être très dur. On a sorti d'ailleurs un compte Instagram et il y a même un site Internet Titicaca qui va suivre toute notre préparation. Ça va être juste complétement dingue, on a des stages en altitude à faire, on a même un stage où on va s'entraîner dans l'eau glacée, et tout cela on va le faire suivre à la fois le compte Instagram du défi et le site Internet.

Franceinfo vous suivra pendant cette préparation, puisque nous avons choisi d'être l'un de vos partenaires. Il vous en manque encore ?

Il manque encore pas mal de partenaires. On est à peu près à 50% du budget. Il nous manque encore 150 000 euros. C'est un budget qui coûte assez cher tout simplement parce qu'on va travailler avec des professionnels, notamment sur la partie coaching, sur la partie nutrition, il nous manque encore la moitié mais on y croit.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.