"Le monde sportif déchante de voir que le sport est considéré comme une charge"

Le président du Comité national olympique et sportif, Denis Masseglia, a estimé vendredi sur franceinfo que le projet de baisse du budget consacré au sport est un mauvais choix alors que Paris accueillera les Jeux Olympiques en 2024.

Denis Masseglia, lors de la journée de soutien à la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024, le 23 juin 2017.
Denis Masseglia, lors de la journée de soutien à la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024, le 23 juin 2017. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

"Le monde sportif déchante de voir que le sport est considéré comme une charge", a regretté Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif (CNOSF), vendredi 7 septembre sur franceinfo. 

Trois jours après la nomination de nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu, le monde sportif redoute toujours une coupe budgétaire dans le budget du ministère et la disparition de nombreux postes de fonctionnaires.

La lettre de cadrage communiquée cet été à l'ancienne ministre des Sports, Laura Flessel, prévoit la suppression progressive de 1 600 équivalents temps plein d'ici 2022, sur les 3 000 à 3 500 agents du ministère des sports sur le territoire. Cela représente une baisse de 6% du budget.

"Le sport devrait être considéré une bonne fois pour toute comme un investissement au service de la population et de la jeunesse en particulier", affirme le patron du CNOSF. Il menace de relancer la pétition suspendue après la démission de Laura Flessel. Un texte qui réclamait justement plus de moyens pour le sport.

Un mauvais signal avant Paris 2024

Le monde sportif "est en plein désarroi", martèle Denis Masseglia, qui espérait "que Paris 2024 allait créer un élan, une impulsion et que le sport serait enfin considéré comme un élément central d'un projet de société".

Le président du CNOSF demande au gouvernement les moyens des ambitions affichées, avec un budget qui lui permettra d'attirer trois millions de pratiquants supplémentaires d'ici 2024.

Les présidents de fédération restent dans l'incertitude. Les 1 600 équivalents temps plein supprimés progressivement jusqu'en 2022 représentent environ la moitié des fonctionnaires qui œuvrent pour le ministère sur le territoire national avec 1 600 conseillers sportifs détachés auprès des fédérations.

Une nouvelle ministre "déterminée"

De son côté, Roxana Maracineanu, la nouvelle ministre des Sports, a affirmé à franceinfo être "déterminée" à peser sur les choix budgétaires qui vont être présentés dans les prochaines semaines par le gouvernement. L'entourage de la ministre assure qu'il n'est pas question de parler de la suppression sèche de ces postes. La volonté de la nouvelle ministre est de repositionner certains cadres techniques qui pourront rester dans les fédérations sans dépendre du ministère des Sports, qui parle de déconcentration et de délocalisation.