JO, Coupe du monde de rugby… Les dossiers chauds qui attendent Roxana Maracineanu, nouvelle ministre des Sports

Laura Flessel a annoncé mardi sa démission du ministère des Sports pour des "raisons personnelles". Elle est remplacée par l'ancienne championne de natation Roxana Maracineanu.

Roxana Maracineanu lors du lancement par la Fédération française de natation de l\'activité éveil aquatique pour les bébés nageurs à la piscine de la Grange-aux-Belles, à Paris, le 17 novembre 2010. 
Roxana Maracineanu lors du lancement par la Fédération française de natation de l'activité éveil aquatique pour les bébés nageurs à la piscine de la Grange-aux-Belles, à Paris, le 17 novembre 2010.  (GHNASSIA ANTHONY / SIPA)

L'ancienne championne d'escrime tire sa révérence. La ministre des Sports, Laura Flessel, a annoncé sa démission, mardi 4 septembre. "Après 16 mois passionnants à la tête du ministère des Sports, j'ai pris la décision de quitter le gouvernement pour des raisons personnelles", écrit-elle dans un communiqué.

C'est l'ancienne championne de natation Roxana Maracineanu qui va lui succéder, a annoncé l'Elysée. Franceinfo fait le point sur les dossiers que lui laisse Laura Flessel. 

La création de l'Agence nationale du sport 

C'est une annonce récente de Laura Flessel. L'Agence nationale du sport sera créée au 1er trimestre 2019, et devrait disposer de moyens "conséquents", a déclaré la ministre des Sports, le 30 août. "Cette agence aura une double articulation : un pôle qui va travailler sur la haute performance et un pôle qui va travailler sur le développement du sport pour tous, partout et tout au long de notre vie", expliquait-elle alors.

Selon un rapport remis en juillet à la ministre, après une concertation entre tous les acteurs, l'enveloppe nécessaire oscillerait entre 300 et 400 millions d'euros. 

La baisse du budget des Sports

Une coupe qui pourrait couler son action. Roxana Maracineanu va devoir composer avec un budget en forte baisse au ministère des Sports : 7 % en moins ont déjà été annoncé l'année dernière (ramenant le budget à 481,6 millions d'euros, contre 517,4 en 2017). Les ressources du Centre national de développement du sport étaient notamment divisées par deux. Finalement le budget n'a baissé que de 1,1 % (à 511,6 millions), grâce à une rallonge de 30 millions du gouvernement et aux amendements des parlementaires, rappelle L'Equipe. Mais, selon, une lettre d'Edouard Philippe à Laura Flessel, le budget 2019 serait encore en baisse, de 6,2% cette année.

L'organisation des JO 2024 à Paris 

Le départ de Laura Flessel intervient au moment où le mouvement sportif s'inquiète pour ses moyens, un an après l'attribution des Jeux olympiques de 2024 à Paris. Le ministère des Sports avait annoncé un budget en baisse de 7% à la rentrée 2017, à 481 millions d'euros, avant une rallonge de 27 millions d'euros votée au Parlement, alors que d'ici 2024, l'Etat doit investir 1 milliard d'euros dans les infrastructures pour ces olympiades.

Le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia, a parlé de "hold-up" de l'Etat sur les moyens du sport. Jeudi dernier, Laura Flessel a jugé ces propos "inacceptables" et invité le CNOSF à rester dans le dialogue. Dans le communiqué annonçant son départ du gouvernement, Laura Flessel a rappelé qu'elle jugeait qu'une "logique de coopération" était la "seule issue pour être au rendez-vous de 2024".

Selon les experts mandatés par les organisateurs, l'accueil de cet événement planétaire pourrait offrir des retours sur investissements conséquents : entre 5,3 milliards et 10,7 milliards d'euros de retombées économiques, d'après le calcul du Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges. Jusqu'à 247 000 emplois pourraient être pérennisés en Ile-de-France, notamment dans les secteurs de la construction et du tourisme.

L'organisation de la Coupe du monde féminine de foot en 2019 

Après le sacre des Bleus au Mondial 2018, la France accueillera en 2019 le Mondial féminin de football. L'organisation du tournoi devrait surtout être l'occasion pour le football féminin de s'enraciner dans le paysage sportif français. "La France est prête et a besoin de cet événement pour pérenniser cet engouement autour du foot féminin", avait plaidé en mars 2015, quelques jours avant l'attribution, l'ancienne internationale Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération française de foot, chargée du foot féminin.

Le tournoi aura lieu dans neuf villes : Grenoble, Le Havre, Lyon, Montpellier, Nice, Paris, Reims, Rennes et Valenciennes. Le match d'ouverture et la finale seront disputés dans le nouveau stade de Lyon. Pour rappel, c'est dans le sillage des résultats de la section féminine de l'OL, double championne d'Europe en 2011 et 2012, que le football féminin s'est développé en France. 

L'accueil de la Coupe du monde de rugby en 2023 

La France a obtenu l'organisation de la 10e Coupe du monde de rugby en septembre et octobre 2023. C'est la seconde fois, après 2007, que la France est choisie pour accueillir la Coupe du monde. "L'organisation était parfaite [en 2007], tout le monde nous l'a dit. C'est un atout majeur", avait expliqué sur franceinfo Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby, en novembre 2017.

Selon lui, cet événement devrait redynamiser le rugby professionnel et amateur : "C'est vrai qu'en termes de promotion, il n'y a pas de meilleur événement qu'une Coupe du monde."