VIDEO. "C'est énormément de préjudices pour quinze jours de JO" : la colère des entreprises installées sur le site du futur village olympique

Tout le futur quartier olympique est en train de changer et les entreprises qui y sont implantées sont censées déménager avant décembre 2019.

C'est encore une friche, mais tout un village olympique – 278 000 m2 destinés à héberger les athlètes et leurs équipes – doit sortir de terre d'ici 2024 en Seine-Saint-Denis. Si le projet semble idéal sur le papier, la réalité est bien différente pour certains occupants actuels des terrains. Une école d'ingénieurs, installée ici depuis plus de soixante ans, a ainsi découvert qu'elle allait devoir se séparer de la rue qui la traverse, jusqu'à présent fermée et réservée à ses 600 étudiants.

Le directeur Alain Rivière avait accepté qu'elle soit traversée par les athlètes durant les Jeux olympiques, mais il a appris qu'elle redeviendra publique après 2024, coupant son établissement en deux. "Cette ouverture, on l'a déocuverte parce qu'on a reçu les huissiers en janvier nous disant qu'on allait être expropriés sur les deux parcelles qui constituent cette rue, dénonce-t-il. On imagine mal une rue ouverte avec 600 étudiants faisant la navette toutes les heures entre la partie historique et la partie nouvelle du campus." Une résidence étudiante de l'école devrait également être rasée, pour être transformée en logements pour les athlètes puis en bureaux.

Les entreprises installées priées de déménager

Alain Rivière n'est pas le seul concerné : tout le futur quartier olympique est en train de changer et les entreprises qui y sont implantées sont censées déménager avant décembre 2019. Des bâtiments entiers vont être rasés pour construire les logements des sportifs, pour un coût de 392 millions d'euros. Le gérant d'une salle de gymnastique implantée depuis quatre ans doit ainsi trouver un nouveau local, après avoir investi plus de 500 000 euros ici. "Il y a des milliers d'employés sur la zone, on est une trentaine d'entreprises à partir, explique-t-il. Chaque entreprise va devoir trouver un nouveau terrain pour se réimplanter."

C'est énormément de travail, énormément d'argent dépensé, énormément de préjudices et tout ça pour quinze jours de JO.

Le gérant d'une salle de gym de Saint-Denis

à France 2

La loi les oblige à déménager, mais plusieurs entreprises n'ont pas encore quitté les lieux. Or le chantier doit démarrer dans six mois. Pour éviter tout retard, la société en charge des constructions négocie. "On achète la valeur du bien à ces entreprises et [on ajoute] une indemnité qui doit couvrir le tranfert de l'entreprise, tous les frais nécessaires à sa réimplantation ailleurs", explique Jérôme Brachet-Solideo, responsable d'opération pour le village olympique.

Des quartier redynamisés après les JO ?

Si localement, certains cas posent problème, dans le département, la plupart se réjouissent. Une fois la compétition terminée, certaines résidences des athlètes seront transformées en logements sociaux ou en bureaux. Les élus locaux espèrent que les infrastructures – qui appartiendront aux communes, comme la piscine – vont redynamiser des quartiers entiers, comme ce fut le cas en 1998 après la construction du Stade de France. 

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Une friche de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où doit être installé le futur village olympique des JO de 2024. (FRANCE 2)