JO 2021 : Les Jeux peuvent être "un élément fédérateur" à poursuivre, il faut "surfer sur cette interculturalité", analyse un historien du sport

Le spécialiste de l'olympisme Eric Monnin rappelle les grandes valeurs des Jeux - "excellence, amitié, respect" -, qui peuvent être un exemple pour les jeunes selon lui. Mais il faut pour cela absolument surfer sur la dynamique des JO de Tokyo, avant ceux de Paris, en 2024.

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La devise des Jeux Olympiques, "plus vite, plus haut, plus fort, ensemble", au centre du stade olympique de Tokyo, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux, le 23 juillet. (FRANCOIS-XAVIER MARIT / AFP)

Les Jeux olympiques peuvent être "un élément fédérateur et indispensable pour poursuivre et donner goût à l'effort à travers le sport", a estimé dimanche sur franceinfo Eric Monnin, historien et sociologue du sport, spécialiste de l’olympisme, alors que les Jeux de Tokyo entrent dans leur deuxième semaine. "Il y a une nécessité de surfer sur ces échanges, sur cette interculturalité" pendant les compétitions, affirme Eric Monnin, pour qui, dans l'optique de 2024, les Jeux peuvent être "un levier très important pour la jeunesse".

franceinfo : Est-ce que cette compétition olympique pousse à se dépasser, d'abord pour soi, mais aussi pour l'équipe, pour les autres ?

Eric Monnin : Les Jeux olympiques, c'est trois grandes valeurs : l'excellence, l'amitié et le respect. Et c'est dans l'effort que l'on reconnaît ces grandes valeurs développées par le système olympique international. Un des arguments de Pierre de Coubertin, c'était que les Jeux soient l'apanage de cet effort, de cette volonté d'unir et de partager des moments d'exception ensemble.

Ce goût de l'effort, une certaine idée de l'exemplarité, le respect des principes éthiques, est-ce que c'est encore en vigueur dans le sport ?

Il suffit de regarder dans nos petits clubs en France. On partage des moments très forts à travers la joie, le partage, la communion. Et je crois qu'il faut faire fi des hauts salaires, parce que la très grande majorité des sportifs - il y a environ 16 millions de licenciés en France – ne sont pas dans ces hauts salaires, mais ils partagent de vraies émotions. C'est cela aujourd'hui que l'olympisme met en avant. Avec 206 nations - 205 ainsi qu'une équipe des réfugiés - on voit de véritables amateurs qui se donnent à ces efforts. Et ces hauts salaires, comme dans le football, ne sont pas l'apanage des Jeux olympiques de Tokyo. On parle d'haltérophilie, d'aviron, de judo, de badminton, et ce n'est pas forcément des sports qu'on a l'habitude de voir à la télévision.

Au regard de l'impact de ces sports-là, est-ce que les valeurs olympiques peuvent être un exemple pour les jeunes ?

Effectivement, cela peut être un levier très important pour la jeunesse. Mais ces Jeux olympiques vont s'arrêter le 8 août. Et il y a une nécessité de surfer sur ces échanges, sur cette interculturalité, sur l'effort, sur la joie d'être ensemble après les Jeux.

"Malheureusement, souvent, le soufflet redescend. Donc il y a vraiment un dispositif à mettre en place immédiatement pour que les choses puissent se poursuivre dans notre société."

Eric Monnin, historien et sociologue du sport

à franceinfo

Alors, on a la chance en France d'accueillir les Jeux de la XXXIIIe Olympiade qui auront lieu en 2024. C'est un élément fédérateur et indispensable pour poursuivre et donner goût à cet effort à travers le sport. Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est qu'entre les représentations qu'ont les élèves, qu'ont les étudiants, qu'a le grand public, et la mise en pratique, il y a quelque chose d'un peu abyssal entre les deux. Donc il y a vraiment un élan à donner, une grande dynamique à poursuivre.

Est-ce que ces valeurs peuvent être aussi une philosophie de vie ?

La grande philosophie de l'olympisme, c'est l'excellence, l'amitié et le respect, mais c'est surtout "anima sana in corpore sano", un esprit sain dans un corps sain. C'est essayer de conjuguer une harmonie la plus totale entre la tête et l'esprit. C'est quelque chose qui gouverne toujours le monde de l'olympisme. Le fondateur des Jeux envisageait cet olympisme dans une logique d'avoir un monde meilleur. C'est peut-être un peu utopiste, sans doute. Mais en tout état de cause, on se rend compte quand même que le 23 juillet, lors de la cérémonie d'ouverture, nous avions quand même 206 nations qui défilaient ensemble dans le stade national de Tokyo.

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