Chère, impopulaire : l'organisation des Jeux Olympiques fait de moins en moins rêver

La maire de Rome a annoncé mercredi 21 septembre qu'elle refusait de soutenir la candidature de sa ville à l'organisation des Jeux olympiques de 2024. Le phénomène est de plus en plus fréquent.

Un journaliste photographie les anneaux olympiques à Rio de Janeiro (Brésil), le 31 juillet 2016.
Un journaliste photographie les anneaux olympiques à Rio de Janeiro (Brésil), le 31 juillet 2016. (CHRISTIAN PETERSEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Si les anneaux olympiques font rêver tout sportif, les villes, elles, courent de moins en moins après l'organisation du rendez-vous. Après Hambourg, Boston et Toronto, la ville de Rome a enterré mercredi 21 septembre sa candidature à l'organisation des JO 2024. À cette liste s'ajoute Munich, qui a renoncé par référendum aux Jeux d'hiver 2022. Plus récemment, Québec tournait le dos aux JO 2026.

Les réticences des villes et de leurs populations sont avant tout motivées par des raisons financières. Les dépenses engagées dans l'organisation des Jeux olympiques se comptent en milliards, voire en dizaines de milliards d'euros. En 2014, la Russie pulvérisait à Sotchi le record des JO les plus chers de l'histoire avec un budget de 37 milliards d'euros. 

Échecs financiers, problèmes envrionnementaux et corruption

Ces sommes d'argent considérables se retrouvent trop souvent mal investies. En 2004, le budget de 10 milliards d'euros consacré aux Jeux d'Athènes a servi en grande partie à construire des stades... qui sont aujourd'hui à l'abandon. Le Comité international olympique (CIO) a estimé que cet énorme échec financier a coûté à la Grèce près de deux points de croissance.

Le phénomène n'est pas nouveau. En 1976, en pleine crise pétrolière, le déficit d’un milliard de dollars des Jeux de Montréal avait refroidi plus d'une candidature. Los Angeles s'était ainsi retrouvée seule ville candidate à l'organisation des Jeux de 1984. 

Aux problèmes économiques et financiers s'ajoutent aujourd'hui les conséquences sur l’environnement, les désagréments quotidiens provoqués par des années de travaux, ainsi que les affaires de dopage et de corruption qui touchent les grandes instances internationales sportives. 

Le Qatar bientôt candidat à l'organisation des Jeux

Le CIO a pris conscience du problème. Depuis 2011, une réforme rend possible les candidatures conjointes entre pays pour partager la prise de risque financière. Pourquoi ne pas imaginer un jour une candidature aux Jeux d'hiver dans les Alpes, partagée entre la France, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne et la Slovénie ? Autres changements : dans le cahier des charges, les villes n'ont plus l’obligation de construire des parcs olympiques et la priorité est donnée aux candidatures qui privilégient le développement durable. 

Les Jeux olympiques ont toutefois encore un bel avenir devant eux. Chine, Russie, Brésil... Les pays émergeants, qui regorgent de moyens financiers et sont en demande d'événements à même d'affirmer leur puissance, ne s'embarrassent de consulter leur population. Après la Coupe du monde de football 2022, le Qatar déposera à son tour sa candidature à l'organisation des Jeux.