Budget des sports : "On est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique"

Marie-George Buffet pointe sur franceinfo vendredi la baisse du budget des Sports de "7%" en 2018 et de "plus de 6% en 2019", alors que le ministère a fixé l'objectif de "trois millions de licenciés en plus" avec les JO de 2024.

Marie-Georges Buffet, à la Fête de l\'Humanité, à La Courneuve, le 10 septembre 2016.
Marie-Georges Buffet, à la Fête de l'Humanité, à La Courneuve, le 10 septembre 2016. (THOMAS SAMSON / AFP)

"On est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique en direction de la pratique sportive", a dénoncé vendredi 21 septembre sur franceinfo Marie-George Buffet. La député du Parti communiste français (PCF) de Seine-Saint-Denis est rapporteur du budget 2019 sur le sport et la vie associative, alors que la Fête du sport est lancée ce vendredi sur fond de baisse des moyens dévolus au ministère. Une pétition a été lancée par le Comité olympique et sportif français pour demander plus de moyens pour le sport français.

franceinfo : Êtes-vous en colère face à la baisse des moyens annoncée ?

Marie-George BuffetOui, je suis en colère. Le sport, ce sont des milliers de bénévoles, des gens qui prennent sur leur temps pour encadrer l'association, y compris au niveau des fédérations. Il y a aussi du savoir-faire au niveau du ministère des Sports. On est en train de détruire cela, alors qu'il suffirait de faire un effort minime au niveau budgétaire, pour que tout cela reprenne du sens et pour que le sport continue à se développer. On est en train d'assécher le mouvement sportif et de tuer une politique publique en direction de la pratique sportive puisque le ministère n'aura plus les moyens de son intervention.

Nous avons obtenu les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. On nous a dit, 'c'est formidable'. On aura trois millions de licenciés en plus, c'est l'objectif, 80 médailles, c'est le deuxième objectif. Et en même temps, on baisse le budget des Sports pour 2018 de 7% et on veut le rebaisser de plus de 6% pour 2019. On se propose de supprimer la moitié des conseillers techniques et sportifs : 1 600 postes en moins. On ne peut pas répondre simplement par les structures privées marchandes, par la pratique autonome. On a besoin du mouvement associatif sportif. On a besoin d'une politique publique du sport pour que chacun et chacune ait accès au sport, mais aussi pour qu'on ait du haut niveau, pour qu'on ait des filières, pour que le mouvement sportif ait les moyens de vivre.

Êtes-vous contre la privatisation du sport ?

Oui, parce que nous avons besoin d'encadrement de qualité. Le sport, ce n'est pas n'importe quoi. On touche au corps, on touche au dépassement de soi, on touche à la compétition et au respect de l'autre. Cela demande de la vie associative, de l'encadrement, des techniciens, des médecins qui veillent à la santé des athlètes. Le sport, c'est une organisation qui a besoin de moyens.

De quel budget le sport a-t-il besoin aujourd'hui pour remplir ses objectifs ?

D'abord, il faut que le budget de la nation lui fasse une plus grande part. Nous sommes aujourd'hui à 0,13% du budget de la nation. C'est ridicule. La revendication du mouvement sportif, c'est d'aller à 1%. Ce n'est rien. Nous sommes dans des sommes autour de 400 millions. Par rapport au budget de la nation, ce sont des broutilles. C'est pour cela que c'est un non-sens d'aller encore diminuer ces moyens alors qu'on se félicite d'avoir les JO (jeux olympiques) et les JOP (jeux paralympiques). Il faut que les taxes qui avaient été mises en place pour le mouvement sportif, comme celles sur la Française des Jeux, à la taxe qu'on appelle "Buffet" sur les droits de retransmissions sportives, ne soient pas plafonnées comme elles le sont aujourd'hui.