JO 2016 : Renaud Lavillenie noyé sous les sifflets sur le podium olympique

Après ses propos critiques contre le public brésilien, le perchiste français a été copieusement hué lors du podium olympique, au moment de recevoir sa médaille d'argent.

Vice-champion olympique, le perchiste français Renaud Lavillenie est ému aux larmes après avoir été hué durant la cérémonie de remise des médailles, mardi 16 août, lors des Jeux olympiques de Rio (Brésil).
Vice-champion olympique, le perchiste français Renaud Lavillenie est ému aux larmes après avoir été hué durant la cérémonie de remise des médailles, mardi 16 août, lors des Jeux olympiques de Rio (Brésil). (FABRICE COFFRINI / AFP)

Un podium qui vire au cauchemar. Vice-champion olympique, le perchiste français Renaud Lavillenie a essuyé des sifflets nourris lors de la cérémonie de remise des médailles, mardi 16 août, aux Jeux de Rio (Brésil). A l'annonce du nom du Français, le vainqueur brésilien Thiago Braz hausse les épaules, lui-même étonné par cette réaction du stade. "Je me suis senti humilié sur le podium, a commenté le Clermontois au micro de francetv sport. J'ai essayé de me retenir pendant la cérémonie, c'était tellement dur. Honnêtement, je ne le souhaite à personne, c'est ignoble."

Visiblement, le public brésilien lui a fait payer ses propos de la veille, après l'épreuve de perche. Au sortir de l'épreuve, Renaud Lavillenie avait vertement critiqué l'ambiance au Maracana, évoquant les nombreux sifflets dont il avait déjà été l'objet. "C'est la première fois que je me fais siffler en bout de piste, avait-il lâché. Malheureusement, on voit ça un peu trop souvent au foot... On était un peu à l'abri en athlé." Un peu plus tard, le Français avait dressé un parallèle malheureux, en assurant que jamais un athlète n'avait reçu pareil traitement "depuis [le sprinteur noir] Jesse Owens en 1936 à Berlin [en présence d'Adolf Hitler]." Avant de présenter ses excuses.

Réconforté par Sergueï Bubka

Avant le podium, "je me suis fait insulter par tout le peuple brésilien" sur les réseaux sociaux, a également révélé Renaud Lavillenie. Après cette cérémonie chahutée, le sportif a trouvé refuge dans une petite salle, sous la tribune principale, où il a été réconforté par le vainqueur de l'épreuve, le Brésilien Thiago Braz, et la légende de la discipline, l'Ukrainien Sergueï Bubka. "On vient de passer une demi-heure avec Sergueï, qui était en colère après ce qu'il a vu", a expliqué Renaud Lavillenie, toujours au micro de francetv sport.


Lors de cette discussion, Sergueï Bubka a indiqué que Thiago Braz avait franchi la barre de 6m03 grâce à l'émulation née de sa lutte avec son rival français. "Il m'a tiré vers le haut", a d'ailleurs expliqué le Brésilien après cette discussion, confirmant au journal Zero Hora qu'il avait bien demandé au public d'arrêter les sifflets.

"Un comportement inacceptable", selon le patron du CIO

Le perchiste français a également reçu le soutien des instances internationales, à commencer par Sebastian Coe, le patron de l'athlétisme mondial, et Thomas Bach, le patron du Comité international olympique. Sur le compte Twitter du CIO, ce dernier a parlé de "comportement inacceptable" de la part du public.

Interrogé par France Bleu Provence, le ministre des Sports, Patrick Kanner, a aussi apporté son soutien au perchiste français.

Renaud Lavillenie a de nouveau dénoncé le "manque de fair-play" du public brésilien pendant l'épreuve. "A aucun moment, [toutefois] je ne dirai que le public a fait que j'ai perdu." Le Français a également donné rendez-vous à ses supporters pour ses prochaines compétitions. En attendant Tokyo, dans quatre ans.