Jeux paralympiques : découvrez dix espoirs de médailles françaises à Rio

Après les 42 médailles glanées par la France aux Jeux olympiques de Rio, c'est au tour des athlètes paralympiques de faire le plein de breloques, à partir du 7 septembre. Franceinfo vous présente dix de ces sportifs qui pourraient rapporter gros.

Marie-Amélie Le Fur en saut en longueur lors des championnats d\'Europe, à Grosseto (Italie), le 11 juin 2016.
Marie-Amélie Le Fur en saut en longueur lors des championnats d'Europe, à Grosseto (Italie), le 11 juin 2016. (MAURO UJETTO / NURPHOTO / AFP)

"Briller le plus possible, et surtout faire mieux qu'à Londres." Emmanuelle Assmann, la présidente du Comité paralympique et sportif français, a de grandes ambitions. Elle vise ainsi la 10e place pour la France aux Jeux paralympiques de Rio (Brésil), qui débutent mercredi 7 septembre. Et pour cela, il faudra aller chercher des médailles, et surtout de l'or. Il y a quatre ans, à Londres, la délégation française n'avait rapporté "que" 8 médailles d'or sur 45. Voici dix athlètes qu'il faudra suivre et qui pourraient rapporter gros à la France.

Mandy François-Elie

Mandy François-Elie lors du championnat du monde d\'athlétisme paralympique à Vénissieux (Rhône), le 24 juillet 2013. 
Mandy François-Elie lors du championnat du monde d'athlétisme paralympique à Vénissieux (Rhône), le 24 juillet 2013.  (MAXPPP)

"Je suis la meilleure, alors je fonce", affirme sans complexes Mandy François-Elie à Martinique 1ère. Celle que l'on surnomme "la reine du sprint" a un objectif à Rio : conserver son titre olympique sur le 100 m. Elle espère aussi battre le record du monde. Outre son titre olympique, l'athlète de 27 ans compte également à son palmarès deux titres de championnes du monde d'athlétisme, au 100 m et au 200 m. 

Il y a dix ans, l'athlète martiniquaise était un des grands espoirs de l'athlétisme, rapporte France 24. Mais l'année de son bac, elle est victime d'un accident vasculaire cérébral. Après trois semaines de coma, Mandy François-Elie est hémiplégique. Elle n'aura de cesse d'écumer les pistes d'athlétisme pour rester  une sportive de haut niveau et être "la meilleure".

Nantenin Keita

Nantenin Keita lors du 400 m des Jeux paralympiques à Londres, le 3 septembre 2012. 
Nantenin Keita lors du 400 m des Jeux paralympiques à Londres, le 3 septembre 2012.  (GLYN KIRK / AFP)

Nantenin Keita est une championne et une militante. Déficiente visuelle, l'athlète a un palmarès impressionnant : médaillée d'argent sur le 200 m et de bronze sur le 400 m aux Jeux paralympiques de 2008, de bronze sur le 100 m en 2012, médaillée d'or sur le 400 m aux mondiaux de 2015 et médaillée d'or sur le 200 m et le 400 m aux championnats d'Europe de 2016.

En parallèle de ses performances, l'athlète de 31 ans, albinos comme son père, le chanteur malien Salif Keita, se bat pour la reconnaissance des albinos en Afrique. Elle gère d'ailleurs l’antenne française de la fondation de son père, SNK Salif Nantenin Keita, explique Le Monde. A travers le sport, la jeune femme a un souhait : montrer que les personnes albinos peuvent vivre "comme les autres". 

Marie-Amélie Le Fur

Marie-Amélie Le Fur en saut en longueur lors des championnats d\'Europe, à Grosseto (Italie), le 11 juin 2016.
Marie-Amélie Le Fur en saut en longueur lors des championnats d'Europe, à Grosseto (Italie), le 11 juin 2016. (MAURO UJETTO / NURPHOTO / AFP)

En 2003, Marie-Amélie Le Fur réalise, à 14 ans,  la 4e meilleure performance française de l'année sur le 1 000 m. Un an après, la jeune sportive est victime d'un grave accident de scooter, et doit être amputée sous le genou gauche, relate Grazia.

Aujourd'hui, à 27 ans, Marie-Amélie Le Fur peut se targuer d'une médaille d'or aux Jeux de Londres sur le 100 m, d'une d'argent sur le 200 m et d'une médaille de bronze sur le saut en longueur. Aux championnats du monde de 2015, la jeune femme du Loir-et-Cher décroche l'or sur le 400 m et le saut en longueur. Aux championnats d'Europe de 2016, elle va à nouveau chercher l'or sur le 400 m. Un précieux métal qu'elle va tenter d'empocher à nouveau aux Jeux de Rio.

Robert Citerne

Robert Citerne lors d\'une compétition d\'escrime mixte valides et handicapés à Villemomble (Seine-Saint-Denis), le 24 mars 2012.
Robert Citerne lors d'une compétition d'escrime mixte valides et handicapés à Villemomble (Seine-Saint-Denis), le 24 mars 2012. (MAXPPP)

"Enfant, on me traitait de 'gogol'. J’ai dû me défendre. J’ai appris à regarder les gens dans les yeux. Les épreuves ont développé la force de caractère", confie Robert Citerne au Parisien. L'escrimeur est atteint d’une infirmité motrice cérébrale depuis la naissance. Il découvre l'escrime à 19 ans. A 55 ans, le sportif de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) participe à ses huitièmes Jeux paralympiques. Il compte déjà 10 titres paralympiques, 6 titres mondiaux et 11 titres européens. Robert Citerne n'a qu'un objectif : faire décoller le compteur des médailles à Rio.

Elodie Lorandi

Elodie Lorandi célèbre sa médaille d\'or au 400 m nage libre, lors des Jeux paralympiques de Londres, le 5 septembre 2012.
Elodie Lorandi célèbre sa médaille d'or au 400 m nage libre, lors des Jeux paralympiques de Londres, le 5 septembre 2012. (MAXPPP)

Ce sont ses derniers Jeux paralympiques et elle compte bien viser le sommet. "Je veux tout faire pour terminer ma carrière de la plus belle des manières possibles", affirme Elodie Lorandi au magazine de l'Insep. La nageuse cannoise de 27 ans est à Rio pour défendre son titre paralympique en 400 m nage libre. Handicapée d'un membre inférieur depuis sa naissance, Elodie Lorandi est également championne d'Europe 2014 sur 100 m et 400 m nage libre.

Charles Rozoy

Charles Rozoy en 100 m nage libre lors des championnats de France de natation, à Montpellier (Hérault), le 21 novembre 2014.
Charles Rozoy en 100 m nage libre lors des championnats de France de natation, à Montpellier (Hérault), le 21 novembre 2014. (STEPHANE KEMPINAIRE / DPPI MEDIA / AFP)

Il le dit lui-même, il veut "briller". Et pour briller à Rio, Charles Rozoy s'est entraîné très dur : "J'ai énormément travaillé, je nageais douze fois par semaine, je n’avais pas de jour de repos, c’était vraiment très intense", raconte-t-il à France 3 Bourgogne. Lui aussi est au Brésil pour défendre son titre. Le nageur dijonnais de 29 ans est médaillé d'or au 100 m papillon.

En 2008, Charles Rozoy est percuté par une voiture alors qu'il est à moto. L'accident le laisse handicapé d'un membre supérieur. A l'époque, il nage déjà et vise le plus haut niveau. Son entraîneur lui conseille de se diriger vers le handisport. Aujourd'hui, Charles Rozoy l'assure, "le handisport, c'est du sport avant tout". 

Pascal Pereira-Leal

Le Français Pascal Pereira-Leal dispute un match contre le Polonais Pawel Olejarski aux Jeux paralympiques de Londres (Royaume-Uni), le 3 septembre 2012.
Le Français Pascal Pereira-Leal dispute un match contre le Polonais Pawel Olejarski aux Jeux paralympiques de Londres (Royaume-Uni), le 3 septembre 2012. (BEN STANSALL / AFP)

Après sa médaille de bronze à Londres en 2012, Pascal Pereira-Leal vise l'argent, voire l'or, à Rio. D'autant plus que le pongiste de 33 ans sort d'une saison réussie. Il a décroché les titres de vice-champion du monde en simple et de vice-champion d'Europe. Il compte aussi à son palmarès le titre de champion du monde 2014.

Pascal Pereira-Leal souffre de schizophrénie polymorphe. Après avoir passé, à l'adolescence, trois ans dans un centre fermé, le sportif confie au Monde que le tennis de table lui a permis de "contenir [sa] maladie""J'espère montrer qu'il y a différents chemins pour aller mieux et qu'il est possible d'améliorer sa vie grâce au sport", explique l'athlète niortais.

Stéphane Molliens

Stéphane Molliens lors des Jeux paralympiques à Londres, le 31 août 2016.
Stéphane Molliens lors des Jeux paralympiques à Londres, le 31 août 2016. (CPSF 2016 / ITTFWORLD)

Stéphane Molliens rêve d'or pour ses derniers Jeux paralympiques. Le pongiste de 41 ans est déjà médaillé d'argent en individuel et par équipe. Mais avant le tennis de table, sa passion était le football. Jusqu'à cet accident, à l'âge de 15 ans. Alors qu'il rentre de l'entraînement au centre de formation du FC Metz, il se fait renverser par une voiture qui grille une priorité, raconte Le Républicain lorrain. Suivent plusieurs opérations et séjours à l'hôpital. Mais le diagnostic est sans appel : Stéphane Molliens passera sa vie en fauteuil roulant. Son ancien entraîneur salue "un exemple de courage". 

Nicolas Peifer

Nicolas Peifer lors de l\'US Open de tennis en fauteuil à New York (Etats-Unis), le 5 septembre 2014.
Nicolas Peifer lors de l'US Open de tennis en fauteuil à New York (Etats-Unis), le 5 septembre 2014. (STREETER LECKA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Quatrième joueur mondial, Nicolas Peifer est médaillé d'argent en double aux Jeux paralympiques 2012. Il vient également de décrocher l'or aux Mondiaux 2016 de tennis fauteuil en équipe. A 25 ans, il vise un doublé à Rio : de l'or en individuel et en double. 

Le sportif mosellan a été amputé des jambes à l'âge de 4 ans, à la suite d'une maladie, raconte Le Parisien. Mais, dès le plus jeune âge, Nicolas Peifer excelle dans deux disciplines : le tennis et la natation. A 10 ans, il remporte le titre de champion de France du 100 m 4 nages chez les moins de 16 ans. Mais il choisira finalement les courts de tennis. A Rio, Nicolas Peifer aborde ses troisièmes Jeux "confiant", dit-il au Républicain lorrain.

Michaël Jérémiasz

Michaël Jérémiasz, le porte-drapeau de la délégation française aux Jeux paralympiques de Rio, pose à Paris, le 19 juillet 2016.
Michaël Jérémiasz, le porte-drapeau de la délégation française aux Jeux paralympiques de Rio, pose à Paris, le 19 juillet 2016. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

C'est la star de ces Jeux paralympiques. Michaël Jérémiasz est le porte-drapeau de la délégation française. A 34 ans, ce quadruplé médaillé en tennis fauteuil dispute ses derniers Jeux. Ce Parisien est en fauteuil depuis un accident de ski à l'âge de 18 ans. A peine six mois plus tard, il participait à la Coupe du monde de tennis fauteuil, raconte-t-il à francetv sport. Il part à Rio à la conquête d'une médaille, mais aussi avec un objectif : "Banaliser la différence, et revendiquer le droit à l'indifférence", comme il l'explique au micro de France Inter.