INFOGRAPHIES. JO 2016 : la proportion de femmes atteint un nouveau record

Les Jeux olympiques n'ont cessé de se féminiser depuis leur ouverture aux femmes, en 1900. Cette année, elles pourraient ainsi représenter 45% des athlètes engagés à Rio. Retour en chiffres sur cette évolution.

Les volleyeuses brésiliennes Ana Flavia (aujourd\'hui retraitée) et Sheilla Castro avec la flamme olympique, le 14 mai 2016 au stade Mineirao de Belo Horizonte (Brésil).
Les volleyeuses brésiliennes Ana Flavia (aujourd'hui retraitée) et Sheilla Castro avec la flamme olympique, le 14 mai 2016 au stade Mineirao de Belo Horizonte (Brésil). (DOUGLAS MAGNO / AFP)

Les femmes seront-elles les stars des Jeux olympiques de Rio ? Selon les prédictions de la société américaine Gracenote, elles pourraient apporter aux deux plus grandes nations olympiques, les Etats-Unis et la Chine, plus de 55% de leurs médailles, et jusqu'à 70% des breloques du Canada. Ouverts aux femmes depuis 1900, alors dans des proportions très modestes, les JO n'ont cessé de se féminiser. Retour en chiffres sur cette évolution qui tend de plus en plus vers la parité.

La parité progresse d'année en année

A partir de l'après-guerre, la proportion de femmes parmi les sportifs participants augmente lors de chaque Olympiade. Alors que les femmes représentaient à peine plus de 10% des athlètes aux JO de Londres en 1948 (445 sur 4 397 participants), elles étaient plus de 44% il y a quatre ans, toujours à Londres (4 655 sur 10 519 participants). Les chiffres consultés par francetv info sur le site du Comité international olympique, même s'ils ne sont pas définitifs, montrent que la tendance devrait se poursuivre : la part des femmes engagées aux JO de Rio pourrait ainsi tourner autour du chiffre record de 45%.

Au fil des années, la pratique de nombreux sports s'est féminisée. Aux Jeux de Paris en 1900, seuls cinq sports (tennis, voile, croquet, équitation et golf) sur quatorze étaient ouverts aux femmes. Les athlètes féminines ont dû attendre 1912 pour participer aux épreuves de natation, 1928 pour l'athlétisme et la gymnastique, 1976 pour l'aviron, le basket et le handball, 1984 pour le cyclisme.

Les judokates, elles, n'ont pu participer aux JO qu'à partir des Jeux de Barcelone en 1992, année depuis laquelle toute nouvelle discipline inscrite au programme des Jeux doit obligatoirement comporter des épreuves féminines. Avec l'ajout de la boxe féminine, c'est à Londres, en 2012, que, pour la première fois, des femmes ont participé à la totalité des disciplines.

D'énormes disparités selon les pays

On note de grandes différences dans la composition des délégations. D'un pays à l'autre, la représentation des femmes peut fortement varier. Le Bhoutan peut se targuer d'être le seul pays à présenter 100% de femmes à Rio, un exploit à relativiser puisque ce petit Etat d'Asie ne présente que deux athlètes aux Jeux olympiques.

A l'opposé, Monaco et trois petits archipels du Pacifique (Nauru, Tuvalu et Vanuatu) ne comptent aucune femme dans leurs rangs, mais leurs délégations respectives ne comptent pas plus de quatre sportifs. Aucune femme n'apparaît non plus parmi la délégation irakienne. Cette dernière est, il est vrai, majoritairement composée de footballeurs masculins (22 sur 26 sportifs).

La qualification d'une équipe de sport collectif masculine ou féminine peut aisément faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Pas étonnant, dans ces conditions, que la Croatie – dont les équipes messieurs de basket, de water-polo et de handball sont qualifiées – compte 78% d'athlètes hommes contre 22% de femmes.

Parmi les nations qui envoient le plus d'athlètes féminines à Rio, on retrouve les Etats-Unis (297 femmes, soit 54% de la délégation) et la Chine (246 femmes, 62%). Lors des derniers JO d'été, à Londres, ces deux pays avaient déjà présenté davantage d'athlètes femmes que d'athlètes hommes.

Comment se situe la France ?

Avec 168 femmes sur 391 athlètes (soit 43% du total), la France est proche de la moyenne internationale. A Londres, en 2012, l'équipe de France olympique avait présenté 146 femmes sur 333 athlètes (43,8%). Entre 1972 et 2012, la participation des femmes aux JO d'été a continuellement augmenté. Pour la première fois, elle sera donc en léger reflux.