"Ce serait un grand plaisir de pouvoir apporter ma pierre à l'édifice" : Martin Fourcade évoque son "envie d'être associé" à l'organisation des JO 2024

Le biathlète français le plus titré des Jeux olympiques a réalisé, dimanche matin sur franceinfo, un bilan de sa compétition, a également évoqué son avenir sportif ainsi que sa participation à l'organisation des JO 2024 en France.

Le biathlète français Martin Fourcade, le 20 février 2018, lors des Jeux olympiques d\'hiver de Pyeongchang (Corée du Sud).
Le biathlète français Martin Fourcade, le 20 février 2018, lors des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang (Corée du Sud). (ODD ANDERSEN / AFP)

Français le plus titré des Jeux olympiques, Gabriella Papadakisdopage russe, JO 2022 à Pékin ou encore sa participation à l'équipe organisatrice des JO 2024 à Paris... Martin Fourcade n'a éludé aucune question, dimanche 25 février sur franceinfo, alors que les Jeux olympiques d'hiver à Pyeonchang en Corée du Sud s'achèvent après 16 jours de compétitions.

"J'ai envie de repartir sur les deux prochaines années" - Retrouver en intégralité l'interview de Martin Fourcade
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franceinfo : Avec cinq titres de champions olympiques, vous avez battu les records détenus par les champions Jean-Claude Killy (ski) et Tony Estanguet (kayak). Est-ce que vous réalisez ?

Martin Fourcade : Non, je les reçois dans une continuité de ce que je fais depuis toutes ces années. C'était assez confortable de marcher dans les pas de Jean-Claude Killy et Tony Estanguet. Ce sont des athlètes qui m'ont inspiré. Cela a été un immense bonheur de les égaler lors de mon premier titre en Corée. Après, sur les autres médailles, c'était un sentiment étrange de me retrouver un peu seul. C'est en aucun cas un combat de personnes, c'est la fierté de pouvoir être comparé à ces athlètes-là.

Cette équipe de France, elle n'est pas composée uniquement de Martin FourcadeMartin Fourcadeà franceinfo

Porte-drapeau à l'ouverture des jeux, pourquoi avoir choisi les patineurs Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, médaillés d'argent en danse sur glace, pour porter le drapeau à la cérémonie de clôture ?

C'est d'usage que ce soit l'athlète le plus titré qui porte le drapeau à la cérémonie de clôture, ça avait été ma chance sur les jeux de Sotchi. Cette équipe de France, elle n'est pas composée uniquement de Martin Fourcade. Je ne suis pas le seul athlète à réaliser de très beaux jeux. Je trouvais que c'était une très belle image de confier ce drapeau à Gabriella qui est une magnifique athlète et qui ramène à la glace sa première médaille depuis les JO de Salt Lake City en 2002. Cela me paraissait naturel.

La délégation russe reste privée de son drapeau pour la cérémonie de clôture, le CIO a décidé de maintenir la suspension. Comprenez-vous cette décision ?

La sanction du CIO en amont des Jeux avait été exemplaire pour montrer la détermination du mouvement olympique contre le dopage. Ici, à Pyeongchang, il y a des athlètes russes qui ont vécu des jeux compliqués, privés de leur symbole, de leur entourage habituel et c'est vrai que j'avais la sensation que, de leur rendre leur drapeau, de leur permettre de défiler sous leurs couleurs à la cérémonie aurait été un beau geste. Le CIO en a décidé autrement. Il y a eu des cas de dopage sur ces Jeux et deux d'entre eux étaient des athlètes russes. C'est une décision qui peut se comprendre. À titre personnel, je la prends comme la réaffirmation du CIO qu'il ne baissera pas les bras dans la lutte contre le dopage.

Je sens que mon aventure n'est pas terminéeMartin Fourcadeà franceinfo

Allez-vous participer aux JO de Pekin en 2022 ?

Si je devais vous répondre aujourd'hui, je dirai non, parce que quatre ans c'est long, parce que j'ai deux petites filles à la maison à qui leur papa manque beaucoup, parce que c'est un investissement énorme et que je ne me sens pas de réitérer cet investissement sur quatre ans. Ensuite, je sens que mon aventure n'est pas terminée. J'ai envie de repartir sur les deux prochaines années. Je sais que j'aurai cette capacité à me pousser dans mes dernièrs retranchements pour être performant. Ensuite on sera plus qu'à deux ans des Jeux. Est-ce que cette flamme continuera à brûler ? Je ne peux pas le dire aujourd'hui ça me parait trop loin et c'est une décision que je ne peux pas prendre seul.

Envisagez-vous de faire partie de l'organisation de Paris 2024 ?

Ce serait un grand plaisir. J'en ai discuté ici, en Corée, avec Tony Estanguet [à la tête du comité d'organisation] qui a envie de me faire confiance. J'ai envie d'être associé à ça, parce que c'est une magnifique opportunité pour la France. Je suis un fervent supporteur de cette candidature depuis le premier jour. Ce serait un grand plaisir de pouvoir apporter ma pierre à l'édifice.