Boccia, cécifoot, goalball, rugby-fauteuil... Ces sports que vous ne verrez qu'aux Jeux paralympiques

Parmi les 22 sports inscrits au programme des Jeux paralympiques de Tokyo, qui s'ouvrent mardi 24 août, quatre n'ont pas d'équivalent proche aux JO. Petit panorama de ces disciplines souvent méconnues, dans lesquelles la France peut viser des médailles. 

Article rédigé par
Thomas Giraudeau, avec Guillaume Battin et Margaux Queffélec - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
Le rugby-fauteuil est inscrit au programme des Jeux paralympiques depuis Sydney, en 2000, et le cécifoot depuis 2004, à Athènes. (Tokyo 2020 organisation / AFP - Al Tielemans for OIS/IOC / AFP)

Les Jeux paralympiques, les seizièmes de l'histoire, s'ouvrent mardi 24 août à Tokyo, avec une cérémonie d'ouverture qui débute à 13h heure française. Deux semaines après la fin des Jeux des athlètes valides, les sportifs paralympiques joueront eux aussi dans des stades et des installations vides de spectateurs. Les autorités japonaises ont imposé un huis clos, face à la progression de l'épidémie de Covid-19 au Japon.

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Jusqu'au 5 septembre, vous pourrez cependant suivre, notamment sur les antennes de France Télévisions, les exploits de la délégation française. Les 138 athlètes tricolores sont inscrits dans 19 des 22 sports au programme. Le badminton et le taekwondo font leur entrée dans le programme paralympique en 2021. Parmi ces disciplines, certaines sont uniquement pratiquées par des athlètes en situation de handicap, et n'ont pas d'équivalent olympique. Tour d'horizon. 

La boccia : précision et stratégie

Sport de boule, cousin de la pétanque, la boccia est apparue aux Jeux paralympiques de 1984, à New York (Los Angeles a organisé les JO cette année-là). D'abord pensée pour des sportifs souffrant de problèmes d'origine neurologique, elle est aujourd'hui aussi pratiquée par des athlètes en situation de handicap moteur.

Sur une surface lisse, comme un terrain de handball ou de basket, de 6 m de large sur 10 m de long, les joueurs doivent lancer, ou faire rouler des boules en cuir le plus près possible d'une boule blanche, le "jack". Les athlètes qui ne peuvent pas lancer ces boules de la main les font descendre d'une rampe, grâce à une baguette qu'ils tiennent dans la bouche ou qui est fixée sur leur tête. La partie se joue en quatre manches, en individuel et par paires, et en six manches par équipes. À chaque manche, le sportif, la paire ou l'équipe lance ou fait rouler six boules.

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Pour la première fois, une équipe française concourra aux Jeux paralympiques. "C'est un jeu d'échecs et de construction. C'est celui qui va mettre en échec l'adversaire en premier qui sera en bonne posture", explique Samir Vanderbeken, membre de l'équipe de France de boccia. "Mon assistant joue avec moi, et m'aide un petit peu. Il ne peut pas voir le jeu, sinon on prend une pénalité. Je vais lui demander d'ajuster la hauteur de la rampe" pour que la boule s'approche au plus près de la boule blanche. "Je suis le cerveau, et lui les bras", résume-t-il. 

Le cécifoot : écoute et coopération

C'est un des sports les plus récents des paralympiques. Le cécifoot n'est là que depuis les Jeux d'Athènes, en 2004, et le Brésil, à l'origine de ce sport dans les années 1960, n'a laissé que des accessits à ses adversaires, s'emparant de tous les titres olympiques.

Ce football adapté aux personnes déficientes visuelles se joue sur un terrain de 40 m de long, sur 20 m de large, et par équipes de cinq, avec quatre joueurs de champ et un gardien. Le goal, seul athlète voyant, joue aussi un rôle de guide pour ses partenaires, leur indiquant parfois où se trouve le ballon et les coéquipiers. Les joueurs portent tous un masque sur les yeux, pour ne pas favoriser les sportifs ayant une faible perception visuelle vis-à-vis de ceux totalement aveugles (les mal-voyants jouent dans une autre catégorie, non paralympique). Pour repérer le ballon, celui-ci a des grelots à l'intérieur, qui font du bruit quand le ballon roule. Les spectateurs doivent ainsi rester silencieux pendant les matchs (sauf quand il y a un but). La partie se joue en deux mi-temps de 25 minutes.

Vice-champions paralympiques en 2012, les Bleus visent une nouvelle médaille à Tokyo. À Paris, la compétition aura lieu au pied de la Tour Eiffel, assurant une visiblité et des retombées sans précédent selon la Fédération Française Handisport.

Le goalball : entente et plongée

Inscrit au programme des paralympiques depuis les Jeux de Toronto, en 1976 (les JO étaient à Montréal), le goalball est uniquement pratiqué par des sportifs aveugles ou malvoyants. Il a été inventé en 1946, pour aider les blessés de guerre à vivre après avoir perdu la vue. Chaque athlète porte un masque opaque sur les yeux, afin que les malvoyants ne soient pas favorisés par rapport aux sportifs totalement aveugles.

Le goalball se pratique en 3 contre 3, sur un terrain de 18 mètres de long et 9 de large. Chaque équipe se place devant des cages, semblables à celles du handball. À leur tour, les deux équipes lancent un ballon, de la taille d'un ballon de basket, mais plus lourd, en direction du camp opposé. Le ballon doit être lancé à la main, au ras du sol, un peu comme au bowling. Les adversaires, à terre, doivent alors se détendre, tout en gardant un bras et les genoux au sol, pour empêcher la balle de rentrer dans leur cage. 

Les équipes de France ne se sont pas qualifiées pour les Jeux de Tokyo. Elles feront en revanche forcément partie de l'aventure Paris 2024, en tant que pays organisateur.

Le rugby-fauteuil : tampon et adresse

Le rugby en fauteuil roulant a fait son entrée aux Jeux paralympiques de Sydney, en 2000. Inventé au Canada par des hockeyeurs devenus tétraplégiques, il combine, en quelque sorte, handball, basketball, rugby et volley. 

Sport mixte, il se pratique sur des fauteuils manuels, spécifiquement conçus pour sa pratique. Les deux équipes de quatre joueurs s'affrontent durant quatre périodes de huit minutes, sur un terrain de même dimension que celui de basket. Les joueurs doivent se passer un ballon de volley, et l'un d'entre eux franchir la ligne adverse en possession du ballon. Contrairement au rugby valide, les joueurs peuvent se faire des passes "en-avant", et peuvent s'aider des roues pour faire rouler le ballon. Un joueur peut prendre le ballon, même s'il est sur les genoux d'un adversaire. C'est une discipline très physique, où les collisions, légales dans une certaine limite, sont légion. Il n'est pas rare de voir un athlète tomber de son fauteuil. 

L'équipe de France de rugby-fauteuil, rencontrée par franceinfo lors d'un entraînement avant de s'envoler pour Tokyo, participe pour la troisième fois consécutive aux Jeux. Septième au classement mondial, leur entraîneur vise, pourquoi pas, une médaille. "On n'a qu'une hâte, c'est de se retrouver sur le terrain, d'entendre l'hymne et de de casser du fauteuil", confie Mathieu, un des joueurs tricolores.

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