Handball : Michaël Guigou, légende de l'équipe de France, tire sa révérence à 40 ans

Considéré comme le meilleur joueur de l'histoire à son poste, le Tricolore dispute, mercredi soir, le dernier match de sa carrière.

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Le joueur de l'équipe de France de handball Michaël Guigou, lors de la finale des Jeux olympiques de Tokyo, le 7 août 2021. (FRANCK FIFE / AFP)

Il dit au revoir à son aile gauche après 23 ans de bons et loyaux services. Esthète du jeu, Michaël Guigou, 40 ans, dispute son dernier match de handball avec Nîmes, mercredi 8 juin, face à Limoges, un an après son troisième titre olympique aux Jeux de Tokyo. "Mika fait partie des plus grands. Il est le meilleur ailier gauche de l'histoire et laissera une trace indélébile d'autant qu'il pouvait jouer demi-centre", loue son ancien capitaine avec les Bleus, Jérôme Fernandez.

Homme discret loin des parquets, Guigou a fait l'essentiel de sa carrière à Montpellier (1999-2019). "Ce qui mettait Michaël au-dessus de tout le monde, c'est sa capacité à comprendre le jeu et à apporter les réponses adéquates par sa technique, juge l'entraîneur et manager Patrice Canayer, à la tête de Montpellier (MHB) depuis 1994. Quand il ne restait plus de solutions, on s'en remettait à son talent. Comme c'est une qualité qui traverse le temps, il a débuté très tôt et conclut tardivement sa carrière."

Une armoire à trophées bien remplie

Guigou a été de tous les succès avec les Bleus depuis 2002 : triple champion olympique à Pékin en 2008, Londres en 2012 et Tokyo en 2021, quatre fois champion du monde et trois fois champion d'Europe. L'ailier gauche a inscrit plus de 1 000 buts pour assurer la mainmise des "Experts" sur la planète handball, de 2006 à 2017, au côté de son complice Luc Abalo.

Michaël Guigou célèbre la médaille d'or des Bleus aux Jeux olympiques de Tokyo, le 7 août 2021, après la victoire en finale face au Danemark. (MILLEREAU PHILIPPE / KMSP / AFP)

Dans son club de cœur héraultais, le natif d'Apt (Vaucluse) a remporté deux fois la Ligue des champions. En 2003, le MHB est venu à bout de Pampelune. En 2018, Guigou et le siens l'ont emporté face à Nantes, à l'issue d'un Final 4 à Cologne où ils ont d'abord dominé le géant macédonien Vardar Skopje en demies.

"Mika, c'est Montpellier, et Montpellier, c'est Mika"

Le tireur des jets de sept mètres est toujours resté fidèle au championnat de France, malgré les appels du pied de grandes écuries européennes. "Quand Niko [Karabatic] est parti à Kiel [en 2005], il m'a demandé si je voulais le suivre. Il y a eu aussi des contacts avec Pampelune, Ciudad Real, Barcelone, expliqué le joueur à l'AFP.

"Ma priorité n'a jamais été d'être le meilleur joueur du monde, ni d'être dans le meilleur championnat. La vie est faite de beaucoup de choses et pas seulement d'une carrière sportive. Si tu parviens à concilier ton bonheur, et celui des gens autour de toi, c'est top."

Mchaël Guigou, handballeur

à l'AFP

"Rester plus de quinze ans dans un club, c'est rare. Mika, c'est Montpellier, et Montpellier c'est Mika", résume le gardien international Vincent Gérard, vainqueur de la C1 en 2018 à ses côtés. Guigou a surfé sur les années folles de Montpellier, dominateur durant plus de quinze ans, mais il a aussi œuvré pour restaurer l'image ternie du club, avant d'en être écarté. 

La fin de carrière, "un petit deuil"

Au bout de relations compliquées avec Patrice Canayer, qui s'est opposé à une prolongation de contrat en 2019, il a rejoint le voisin languedocien, Nîmes, où il finit sa carrière. Il doit endosser ensuite les habits d'ambassadeur pour le club.

"Je n'ai pas peur de l'après, mais je serai un peu triste. La fin de carrière de joueur sera un déchirement, tant elle ressemble à un petit deuil", analyse celui qui est aussi titulaire d'un diplôme d'entraîneur.

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