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Football : retour sur cinq imbroglios autour de la VAR

Il y a trois ans jour pour jour, l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) était utilisée pour la première fois en France. C'était lors d'un match amical opposant les Bleus à l'Espagne au Stade de France. Si le petit écran a fait parler de lui ce jour-là, il continue de faire débat encore aujourd'hui après plusieurs scandales provoqués. En voici cinq parmi tant d'autres en Europe.
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France Télévisions
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 (ALESSIO MORGESE / DPPI MEDIA)

► 28 octobre 2017 : quand le patron du centre de contrôle favorise son équipe de coeur en plein match

La VAR fait son apparition pour la saison 2017-2018 en Allemagne. Lors du match Schalke 04 - Wolfsbourg, le patron du centre de contrôle chargé de superviser l’assistance vidéo à l’arbitrage, Hellmut Krug a fait preuve de favoritisme. Du moins, c'est ce que le quotidien Bild affirme. Krug serait intervenu à deux reprises pour favoriser le club de la Ruhr, outrepassant l’assistant vidéo officiel du match. Supporter des Knappen, ce qu’il nie, ses deux décisions sont arrivées lors d’un penalty accordé aux locaux.

Ce n'est que 10 jours plus tard que la Fédération allemande de Football (DFB) a démis de ses fonctions Krug. Les clubs de Bundesliga n'avaient que peu apprécié cette affaire, à l'image de Stefan Reuter, le directeur sportif d’Augsbourg, qui avait déclaré au magazine Kicker : "Je pense que nous avons la mauvaise personne à Cologne" (où se situe le centre de contrôle).

► 19 août 2018 : dialogue de sourd dans le car de la VAR

Ce fut sans doute l'une des premières situations polémiques de la VAR en Ligue 1. Dès la reprise du championnat de France, l'arbitrage vidéo est mis en place et dès la deuxième journée de Ligue 1, il fait déjà parler. L'Olympique de Marseille se déplace chez le promu nîmois. Quelques instants avant la mi-temps (36e), l'OM, qui était mené 1-0, se voit refuser un penalty malgré un tirage de maillot flagrant sur Valère Germain.

Pourquoi ? Parce qu'il y a eu une incompréhension entre l'arbitre de la rencontre, Benoît Bastien et l'arbitre vidéo, Amaury Delerue. L'arbitre ne semble pas entendre les consignes de ses collègues qui lui demandent de stopper la rencontre. Le jeu ne s'arrête pas et les hommes de Rudy Garcia voient un penalty, et peut-être un match, leur échapper. Les Phocéens s'inclineront finalement 3-1.

► 13 février 2019 : première apparition en Ligue des champions et décisif pour son premier match

L'assistance vidéo à l'arbitrage a fait ses grands débuts dans la plus prestigieuse des compétitions européennes lors d'un huitième de finale aller entre l'Ajax Amsterdam et le Real Madrid. Evidemment, le petit écran n'allait pas éteindre toutes les polémiques. A la 39ème minute, Nicolas Tagliafico pense donner l’avantage au club hollandais. Mais l’arbitre décide finalement d’annuler le but après recours à la vidéo. Selon lui, Dusan Tadic, hors-jeu, faisait action de jeu, gênant l’intervention du portier madrilène Thibaut Courtois

Une décision remise en cause par l'entraîneur de l'Ajax, Erik ten Hag qui n'a pas hésité à critiquer la VAR : "L'arbitrage nous a été défavorable. Je pense que notre premier but était valable. C'est très regrettable. Je ne pense pas que Courtois soit gêné pour intervenir." L'UEFA n'avait pas tardé pour lui rétorquer, dans un tweet, en précisant que "c'était conforme au protocole de la VAR et le but a été refusé à juste titre". Les coéquipiers de Frenkie De Jong avaient perdu 2-1 mais étaient parvenus à se hisser en quart de finale en s'imposant 4-1 au Santiago Bernabéu, grâce notamment à un but de Dusan Tadic, validé après de longue minutes d'attente. Un juste retour des choses ?

► 17 février 2019 : De 1-2 à 2-1, quand le VAR sauve la Fiorentina

A la 75e minute, le stade de Ferrare a explosé quand Mattia Valoti a marqué le but du 2-1. La Spal (16e) était alors sur le point de décrocher un succès d'une grande importance dans l'optique du maintien. Mais c'était sans compter sur la VAR. Au moment de la remise en jeu, l'arbitre central M. Pairetto a touché son oreillette, puis s'est dirigé vers l'écran de contrôle en bord de terrain. Il y est resté de longues minutes avant de faire deux gestes, le premier pour indiquer l'annulation du but de Valoti et le deuxième pour montrer le point de penalty dans la surface de réparation de la Spal.

Au tout début de l'action ayant amené au but des locaux, l'attaquant de la Fiorentina Federico Chiesa avait en effet été victime d'un tacle, valant penalty selon l'officiel. Le Français Jordan Veretout l'a transformé et il n'y a plus eu de match ensuite. Passée en quelques minutes de 2-1 à 1-2, la Spal s'est effondrée et a encore encaissé deux buts, signés Giovanni Simeone et Gerson. La Fiorentina, proche de la défaite, l'a finalement emporté 4-1.

► 1er janvier 2020 : nouvelle année et nouvelle polémique

Si l'année 2019 s'était achevée dans la confusion pour la VAR, 2020 avait repris de la même manière, en Angleterre cette fois. En plein Boxing Day, Aston Villa se déplace sur la pelouse de Burnley pour le compte de la 21e journée du championnat. Un match qui a été animé par un bout de talon. Les Villains ont pensé ouvrir le score après la belle réalisation de Jack Grealish sur un service d'Ezri Konsa.

Mais la VAR est intervenue. Et après plus de trois minutes d'attente et une utilisation maladroite des lignes de calcul, les arbitres ont décidé d'invalider le but. En cause ? Le talon du joueur d’Aston Villa Wesley qui a justifié cette décision, jugée au millimètre. "Qu'est ce que c'est que cet enfer ?" s'interrogera l'ancienne gloire du football anglais Gary Lineker.

Mais cela pourrait changer la saison prochaine avec l'introduction d'une "tolérance" sur les positions de hors-jeu en Angleterre. "On pourrait voir si on veut des hors-jeu très précis au niveau de l'aisselle ou du talon, ou si on veut introduire une certaine tolérance. C'est une sorte de défi technique", a assuré le patron de la Premier League Richard Masters à la presse britannique en février dernier. "Nous sommes en dialogue permanent avec l'International Board (en charge des règles du jeu) au sujet de la VAR et aussi sur la façon dont la Premier League s'y prend par rapport aux autres et sur ce qu'on peut apprendre des autres championnats."

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