Eliminatoires de la Coupe du monde féminine 2023 : les Bleues en quête de normalité

L'équipe de France féminine de football, qui affronte la Slovénie mardi soir, espère avoir ramené de la tranquillité dans son groupe avec le retour du capitanat de Wendie Renard.

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France Télévisions
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Corinne Diacre et Kenza Dali lors du match de qualification au championnat d'Europe face à l'Autriche, le 27 novembre 2020, à Guingamp. (PHILIPPE RENAULT / MAXPPP)

L'équipe de France, en déplacement mardi 21 septembre (21 heures) en Slovénie pour le compte des qualifications pour la Coupe du monde 2023, se cherche un nouvel équilibre après la promotion comme capitaine de Wendie Renard. Cadre respectée au sein du groupe, sa mission sera déjà d'emmener les Bleues vers l'Euro 2022 en limitant les turbulences avec Corinne Diacre.

La sélectionneuse a opéré un revirement spectaculaire en donnant le brassard à la Lyonnaise, malgré les différends du passé. La stupeur évacuée, reste à savoir comment l'équipe va le digérer. "Il va nous falloir un petit peu de temps malgré tout, à elle, à moi, à nous, au groupe. Mais on l'a ce temps, puisqu'on a dix mois pour se préparer pour l'Euro", a souligné Diacre au moment d'annoncer la nouvelle, jeudi, à la veille du match de rentrée en Grèce (10-0).

La difficulté viendra du "côté relationnel, où il faudra faire plus d'efforts. Après, les choses viendront naturellement. Il ne faut pas se mettre de pression. Elle sait ce que je pense, je lui ai dit en tout cas, et on va continuer à parler tranquillement", s'est attardée Renard après la large victoire à Patras, où elle a inscrit un but.

Des matchs largement à leur portée

Plus que l'adversité sur le terrain, ce sont les affaires internes qui donneront la température chez les Bleues à l'approche du Championnat d'Europe, disputé en juillet prochain en Angleterre.

Côté rectangle vert, en effet, les Françaises ne devraient être guère mises en difficulté, avec un groupe qualificatif pour la Coupe du monde 2023 largement à leur portée. La Slovénie, 49e nation FIFA, ne s'apparente pas une grande menace mardi, dans le petit stade de Murska Sobota (nord-est).

Cela permettra à Diacre d'introduire une certaine rotation dans son équipe, utile pour reposer certaines titulaires et donner leur chance aux autres. Kenza Dali, Viviane Asseyi et Melvine Malard notamment sont entrées en jeu vendredi et toquent à la porte du "onze" de départ, comme les joueuses non utilisées à Patras : Élisa De Almeida et Perle Morroni en défense, Delphine Cascarino, Sandy Baltimore et Valérie Gauvin en attaque. Le brassard de capitaine, en revanche, ne quittera pas le bras gauche de Wendie Renard.

Un groupe soulagé

Le main tendue de la sélectionneuse a ramené de la tranquillité dans un groupe secoué par la mise à l'écart de l'ancienne capitaine Amandine Henry, et par celle plus récente de l'attaquante Eugénie Le Sommer. "Ça nous a toutes fait du bien", a lâché la Parisienne Marie-Antoinette Katoto en Grèce, vantant le leadership "naturel" de Renard. Lui donner le brassard, "c'est une normalité, on va dire".

En bousculant les cadres du groupe, Diacre "a déstabilisé toutes les joueuses" par ricochet, rapporte une source dans leur entourage. Redonner le brassard à "quelqu'un de légitime, que personne ne remettra en question", "les joueuses avaient besoin de ça", prolonge-t-elle. Les filles "essayent de positiver, elles veulent gagner l'Euro ensemble et apporter à la France, une nation forte du football féminin, un premier titre".

Ce choix décharge par ailleurs Marion Torrent, Aïssatou Tounkara et Charlotte Bilbault, présentées par Diacre comme les capitaines possibles cette saison, d'une responsabilité encombrante.

Un retour à la normalité ?

Les coups de griffes échangés par Diacre et Renard depuis quatre ans laisseront-ils des traces ? Ou le temps parviendra-t-il à estomper les cicatrices ? Au début de son mandat en 2017, la sélectionneuse avait retiré le brassard à la Lyonnaise, sans ménagement selon la joueuse. La Martiniquaise de 31 ans a raconté ses états d'âme dans un livre.

"On a eu très peu de relations durant ces trois dernières années", a-t-elle reconnu vendredi, promettant toutefois de faire "des efforts toutes les deux". Heureuse d'avoir "le soutien de tout le monde", la capitaine historique de l'OL n'entend "rien révolutionner du tout". Retrouver la normalité, chez les Bleues, serait déjà une petite révolution.

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