Dans la défaite du PSG face au Real Madrid, "le premier coupable est l'entraîneur Unai Emery"

Arnaud Hermant, journaliste à "L'Équipe", a expliqué, mercredi sur franceinfo, que la défaite du PSG face au Real Madrid allait couter son poste à l'entraîneur Unai Emery, que le directeur sportif peut aussi être sur la sellette, ce qui n'est pas le cas du président.

L\'entraîneur du PSG Unai Emery lors de la défaite face au Real Madrid, le 6 mars 2018, à Paris.
L'entraîneur du PSG Unai Emery lors de la défaite face au Real Madrid, le 6 mars 2018, à Paris. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

L'entraîneur du Paris Saint-Germain Unai Emery est "le premier coupable" dans la défaite du club de la capitale face au Real Madrid, mardi 7 mars, en huitième de finale de la Ligue des champions, selon Arnaud Hermant. Le journaliste de L'Équipe et spécialiste du PSG, invité à réagir mercredi sur franceinfo, a également expliqué que l'aventure du coach espagnol prendra fin cet été tandis que "le directeur sportif Antero Henrique peut aussi être sur la brèche". En revanche, "de là à penser que Nasser Al-Khelaïfi quitte son poste de président, je suis plus prudent. Il y a une certitude, c'est que les Qatariens veulent un Qatarien à la tête du club", a estimé Arnaud Hermant.

franceinfo : Les joueurs ne sont-ils pas davantage responsables que l'entraîneur ?

Arnaud Hermant : Les joueurs sont évidemment responsables, mais le premier coupable est l'entraîneur Unai Emery. Quand il est arrivé au club, il y a eu tromperie sur la marchandise. Fort de ses trois Ligue Europa avec le FC Séville, les dirigeants ont dit : "Vous allez voir ce que vous allez voir, avec lui on va cartonner ou en tout cas progresser en Ligue des champions." C'était l'argument, mais l'équipe a même régressé. Emery aurait même dû ne plus être là cette saison, car l'an passé au-delà de la "remontada", il a quand même perdu le titre de champion de France, il fallait aussi le faire. Et si on va plus loin, dans son management, on voit bien qu'il y a des problèmes. Il n'arrive jamais à sublimer ses joueurs dans les moments capitaux, on l'a vu l'an dernier à Barcelone. On le voit hier [mardi soir] malheureusement. C'est fou. C'est le rendez-vous de l'année du PSG, c'est jouable de marquer deux buts au Parc des Princes, d'autant qu'il y a eu une campagne de communication quasiment irrationnelle autour de ce match.

Un entraîneur peut-il vraiment insuffler cela dans une équipe, à lui tout seul ?

Bien sûr. Cela fait partie du travail de son staff aussi, mais il doit être capable de trouver les mots, de sublimer ses joueurs. Mardi, il n'y a rien eu. C'est ça qui rend la déception encore plus forte. Vous pouvez être éliminés, mais en faisant un bon match, en proposant quelque chose. Il n'y a aucun projet, pas d'offensive. Cela va peut-être choquer, mais je pense même que leur match de mardi est pire dans le contenu que celui de l'année dernière à Barcelone.

Toute la politique des Qatariens est-elle remise en cause ?

C'est assez difficile de lire précisément ce que pense l'émir du Qatar. Peu de gens savent ce qu'il pense. Il a une telle relation avec le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi qu'il est difficile d'y voir clair. Le revers de mardi est un nouveau fiasco après les investissements de l'été, il va engendrer des bouleversements. L'entraîneur est fini, le directeur sportif Antero Henrique peut aussi être sur la brèche. De là à penser que Nasser Al-Khelaïfi quitte son poste de président, je suis plus prudent. Il y a une certitude, c'est que les Qatariens veulent un Qatarien à la tête du club. Un changement de président serait un retour en arrière, je n'y crois pas. Pour le reste tout est ouvert. Il y a un retard historique et un retard de compétences avec des clubs comme le Real Madrid. Le PSG essaye de combler ce retard à vitesse grand V avec des investissements massifs. Le problème est le décalage entre les mots, les annonces et les faits. On est dans la communication, le marketing, on écrit des histoires avant même que cela ne se passe sur le terrain.