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Paris. 103 supporters du Dinamo Zagreb placés en garde à vue

Des affrontements ont opposé des supporters croates à ceux du PSG dans la soirée de lundi. Un Croate a été sérieusement blessé.

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L'équipe de football du Dinamo Zagreb s'entraîne au Parc des princes, à Paris, le 5 novembre 2012. (FRANCK FIFE / AFP)

FOOT – Après les affrontements, les interpellations et les gardes à vue. Quelque 103 supporters du club de foot Dinamo Zagreb ont été placés en garde à vue mardi 6 novembre, à la suite d'affrontements à Paris avec des supporters du PSG, la veille. Ils ont été arrêtés dans un hôtel du 11e arrondissement, où ils sont en majorité descendus. Ils ont été interpellés à la sortie de l'établissement mardi matin.

Loubna Anaki, Sarah Bernuchon et Vivien Roussel - France 2

Lundi soir, un Croate a été sérieusement blessé, selon l'AFP. Contacté par francetv info, le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance, Frédéric Lagache, a évoqué "un blessé assez sérieux au thorax" et "une bagarre avec des fumigènes et des matraques téléscopiques". Certains hommes ont été conduits au commissariat du 11e arrondissement. Des riverains ont publié des photos sur leur compte Twitter. 

Lunid soir, 25 personnes ont été arrêtées. Parmi eux, six sont des supporters parisiens dont trois interdits de stade, 19 sont des Croates dont trois signalés comme particulièrement violents par les autorités de leur pays, a détaillé la préfecture de police. Les Croates sont en majorité des supporters du Dinamo Zagreb. Francetv info résume ce que l'on sait d'eux.

Ils sont proches d'un groupe nationaliste violent

Les Bad Blue Boys (BBB), groupe très violent proche des milieux nationalistes croates, constituent la principale organisation d'ultras du Dinamo Zagreb. Avec pour emblème un bouledogue, ils côtoyaient la frange nationaliste lors de la guerre d'indépendance de la Croatie (1990-1995), comme l'explique notre journaliste Pierre Godon dans un article détaillé sur l'histoire des BBB.

L'UEFA a sanctionné le club à plusieurs reprises après des violences provoquées par les BBB. En 1994, un policier français avait été grièvement blessé lors de violences en marge d'une rencontre contre Auxerre, et le club avait été banni un an de la scène européenne. Les BBB provoquent aussi des incidents à domicile, notamment lors des rencontres avec le club rival, le Hajduk Split.

Ils "nuisent à l'image" du Dinamo Zagreb

Ces incidents "nuisent gravement à l'image de notre club, de Zagreb et du sport croate en général", a déclaré la porte-parole du Dinamo Zagreb Morana Djurevic. "Ce qui s'est produit à Paris de la part de gens qui se présentent comme des 'supporters du Dinamo', quoi que nous ne les considérions pas comme des supporters puisqu'ils ne font que nuire à notre club, n'est qu'un nouvel épisode d'une série de tristes histoires", a-t-elle ajouté.

"Nous n'organisons pas de déplacements de nos supporters en dehors de Zagreb et à l'étranger", a souligné la porte-parole. "C'est une histoire dévastatrice. S'il s'avère qu'ils se sont rendus à Paris dans le seul but de s'en prendre aux supporters français, cela est encore plus triste", a complété Morana Djurevic.

Ils sont interdits de déplacement

Pour interdire le déplacement des supporters croates à Paris, afin "d'éviter l'ensemble des risques sérieux pour la sécurité des personnes et des biens", le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a pris un arrêté paru au Journal officiel dimanche 4 novembre. 

L'arrêté évoque "la venue probable à Paris de 150 à 200 supporters violents, les 'Bad Blue Boys', démunis de billets" pour assister au match. L'arrêté souligne "le risque élevé de violences et de dégradations dans les moyens de transport, sur les voies empruntées par les supporters croates pour se rendre à Paris, ainsi que dans l'agglomération parisienne toute entière, si ces supporters se trouvaient en présence de supporters du club de Paris Saint-Germain".

C'est d'ailleurs pour non-respect de cet arrêté ministériel, ainsi que pour "violences volontaires aggravées" et "participation à un attroupement armé" que les supporters ont été placés en garde à vue pour une durée maximale de 24 heures. Le maire de Paris, Bertand Delanoë, a condamné des scènes "inacceptables" et réclamé des sanctions fermes à l'encontre des responsables des affrontements. Les supporters interpellés risquent six mois de prison et 30 000 euros d'amende pour ne pas avoir respecté l'interdiction de se rendre en France. 

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