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Sport français en crise : "Ce qui arrive aujourd'hui à la tête des fédérations est plus que nécessaire", estime l'ancienne ministre des Sports Roxana Maracineanu

Invitée du Club info, l'ancienne ministre des Sports, Roxana Maracineanu estime que les démissions et les mises en retrait à la tête des fédérations sportives suite à différentes affaires étaient "nécessaires". 

Article rédigé par franceinfo
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L'ancienne ministre des Sport, Roxana Maracineanu était l'invitée du Club info sur franceinfo. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Ce qui arrive aujourd'hui à la tête des fédérations est plus que nécessaire", a affirmé dimanche, dans le Club info de franceinfo, l'ancienne ministre des Sports Roxana Maracineanu, après les différentes affaires qui touchent plusieurs fédérations nationales, le football et le rugby notamment, avec la démission de Bernard Laporte, ex-président de la FFR, et la mise en retrait du patron de la FFF, Noël Le Graët.

Roxana Maracineanu met en avant la loi votée le 2 mars 2022 qui permet de "prévenir ce type de situation" où des personnes "agissent en toute impunité". Elle espère par ailleurs que Noël Le Graët suive "le bon exemple" de Bernard Laporte. "Je n'ai pas à lui dire de démissionner. Mais je compte sur sa femme", lance l'ancienne ministre.

franceinfo : Après les différentes affaires touchant le football, le rugby et le handball, est-ce que selon vous le sport français est malade aujourd'hui ?

Roxana Maracineanu : Ce qui arrive aujourd'hui à la tête de ces fédérations, c'est plus que nécessaire. Nous sommes à un an des Jeux olympiques en France. Et c'est important de montrer la meilleure des facettes de ce que nous savons faire, celle de la performance de nos athlètes, mais aussi celle de l'organisation du sport en France. Aujourd'hui, on assiste à la continuité d'un chemin que j'ai engagé dès l'arrivée à ce poste de ministre des Sports, et surtout avec la loi que nous avons inscrite, avec les parlementaires de la majorité, dans le marbre de la loi le 2 mars dernier. Ce sont des mesures qui sont importantes dans cette loi et qui vont permettre à ce qu'à l'avenir, on puisse prévenir ce type de situation dans laquelle on se trouve, avec des personnes qui sont là depuis longtemps, qui agissent en toute impunité et avec pas vraiment d'opposition et de liberté de parole en face qui puisse leur dire, ça suffit.

Comment expliquez-vous que l'on n'a pas pu prévenir ce qui s'est passé dans ces différentes fédérations ?

Parce que les personnes qui y sont en place, les présidents - parce qu'il y a très peu de femmes dans le sport à ce poste - sont là depuis longtemps. Ils n'ont pas d'opposition. Souvent, même quand il y a des places qui y sont réservées à la liste concurrente dans le comité directeur, ils sont très minoritaires, on ne les entend pas. Et ce sont des vrais personnages politiques à la tête de fédérations qui ont beaucoup d'argent, qui ont beaucoup de droits télé, où il n'y a pas de salaire ou d'indemnités qui sont capés, où il n'y a pas vraiment de contrôles des frais qui sont remboursés. Il ne faut pas trop s'étonner que les gens veuillent rester en place. Et il n'y avait pas non plus de limitation des mandats jusqu'au vote de cette loi que nous avons passé l'année dernière.

La démission de Bernard Laporte de la présidence de la Fédération française de rugby est-elle une bonne décision comme l'a dit la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra ?

Il n'avait pas tellement le choix. C'était là la meilleure chose à faire. Reste maintenant à voir ce que les personnes qui le soutenaient et qui l'ont accompagné au moment de l'élection - qui se retrouvent toutes seules aux manettes, sans opposition, sans représentant de la Ligue dans ce comité directeur - vont décider. Moi, j'en appelle à la sagesse, à la raison et au respect du monde associatif qui les ont élus. C'est important de repartir sur des nouvelles élections, avec la possibilité pour eux de présenter un nouveau candidat, une nouvelle candidate. Au moins, il n'y aura pas cette impression que c'est Bernard Laporte qui chapeaute tout ça de l'extérieur. Ils peuvent aussi trouver un autre candidat, le soutenir et bien sûr, une liste d'opposition ou plusieurs. Qu'ils se présentent et voir ce que ça donne au bout des élections,

Concernant le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, que doit-il faire selon vous ?

Il y a un bon exemple que Bernard Laporte a lancé. Ce n'est pas pour les mêmes faits, évidemment. Moi je m'en tiendrai aussi à ce besoin d'oxygène, ce besoin d'air nouveau à la tête de ces grandes fédérations. C'est sûr qu'on peut se poser la question à un an des Jeux en France, est-ce que c'est le moment ? En même temps on espère que les grandes stars du football français seront présentes aux Jeux. Mais ils sont dans une autre temporalité. Moi, je n'ai pas à lui dire de démissionner. Évidemment pas. Mais je compte sur sa femme.

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