Copa America : le Brésil organisera bien la compétition, après les désistements de l'Argentine et de la Colombie

Prévue en Argentine et en Colombie à partir du 13 juin, la Copa America aura finalement lieu au Brésil.

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France Télévisions
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Le trophée de la Copa America exposé à Carthagène en Colombie, le 31 mai 2021. (JUAN BARRETO / AFP)

La Copa América sera finalement disputée au Brésil. Après les désistements de la Colombie puis de l'Argentine pour raisons sanitaires, et le flou entourant le bon vouloir du Brésil, le coup d'envoi de la compétition pourra être donné le 13 juin après la confirmation mardi du gouvernement. "Le Brésil accueillera la Copa América", a d'abord déclaré le président Jair Bolsonaro lors d'un événement au ministère de la Santé à Brasilia, assurant qu'au moins quatre des 27 Etats du pays étaient prêts à accueillir des rencontres.

Son chef de cabinet Luiz Eduardo Ramos, qui avait semé le doute lundi affirmant que rien n'était encore décidé, a tweeté : "Confirmé: la Copa América aura lieu au Brésil". Il a ensuite précisé que les rencontres seront disputées dans les Etats de Rio de Janeiro, du Mato Grosso, de Goias et du District fédéral, celui de la capitale Brasilia.

Cette annonce ne va pas pour autant calmer les vives critiques qui se font entendre depuis l'annonce surprise lundi par la Conmebol, l'instance du football en Amérique du sud, de l'organisation de la compétition par le Brésil, le deuxième pays le plus endeuillé au monde par la pandémie de Covid-19, avec plus de 465.000 morts.

"Au nom du football sud-américain, je tiens à remercier le président Jair Bolsonaro pour sa prise de décision efficace", a déclaré le président de la Conmebol Alejandro Domínguez sur Twitter. Dans son message, il a souligné que le tournoi se déroulera sans la présence du public et selon des protocoles sanitaires draconiens.

Neymar appelé au boycott

En revanche, au moins cinq gouverneurs avaient immédiatement refusé d'accueillir des matches pour raisons sanitaires. Celui de Sao Paulo, Joao Doria, farouche opposant du président Bolsonaro, avait déclaré lundi qu'il ne s'y opposerait pas avant de faire mardi marche arrière. Depuis la Coupe du monde organisée en 2014, de nombreux stades flambant neuf appartiennent aujourd'hui à des clubs, des municipalités, ou à des Etats.

"C'est une vraie folie d'organiser un tel événement ici", a affirmé l'épidémiologiste José David Urbaez, du Centre d'Infectiologie de Brasilia. "Les pires phases (de la pandémie au Brésil) en 2020 étaient trois à quatre fois moins importantes que ce que nous voyons aujourd'hui. Nous avons cette fausse impression que les choses se sont améliorées. La réalité est que nous sommes toujours dans une phase terrible de propagation très rapide", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le Brésil a connu une deuxième vague particulièrement meurtrière, le nombre de décès passant de 200.000 à 400.000 de janvier à avril. Les restrictions ont commencé à être allégées le mois dernier quand le nombre de décès quotidiens s'est stabilisé en-dessous des 2.000. Mais selon les experts, une troisième vague est à venir lors des prochaines semaines, alimentée par la propagation de nouveaux variants. Donc en pleine Copa América...

Une Commission d'enquête parlementaire au Sénat se penche depuis un mois sur la gestion chaotique de la crise sanitaire par le gouvernement. Mardi, le rapporteur de cette commission, Renan Calheiros, a fait appel à la plus grande star du football brésilien, Neymar, pour lui demander de boycotter ce tournoi qu'il qualifie de "championnat de la mort" : "Neymar, je veux m'adresser à toi. Ne sois pas d'accord avec la réalisation de cette Copa América au Brésil. Le tournoi que nous devons gagner, c'est celui de la vaccination".

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