Mort de Maradona : la justice argentine ouvre une enquête sur une éventuelle négligence

"Il y a déjà des irrégularités", a déclaré à l'AFP un membre de la famille.

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France Télévisions
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Le cercueil de Diego Maradona, le 26 novembre 2020 à Buenos Aires, en Argentine. (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

Dans quelles conditions est mort le "Pibe de Oro" ? La justice argentine a ouvert une enquête, vendredi 27 novembre, pour déterminer s'il y a eu négligence dans la mort de Diego Maradona, le parquet cherchant à savoir si l'icône mondiale a reçu les soins nécessaires. "Il y a déjà des irrégularités", a déclaré à l'AFP un membre de la famille.

Quelques heures après la mort du footballeur, l'avocat et ami de Maradona, Matias Morla, a dénoncé jeudi le fait "que l'ambulance ait mis plus d'une demi-heure pour arriver à la maison où se trouvait le [n°]10". Il a prévenu qu'il irait "jusqu'au bout".

Des tests toxicologiques en cours

Le champion du monde de 1986 est décédé mercredi à 60 ans des suites "d'un œdème pulmonaire aigu secondaire et d'une insuffisance cardiaque chronique exacerbée". Il se trouvait chez lui à Tigre, localité à 30 km au nord de Buenos Aires, où il résidait depuis le 11 novembre, après être sorti d'une clinique où il avait été opéré six jours plus tôt d'un hématome à la tête.

"Nous devons déterminer s'ils ont fait ce qu'il fallait ou non. L'infirmière [en service lorsque Maradona est décédé] a fait une déclaration au procureur le jour de la mort de Diego, et ensuite l'a modifiée, pour finalement aller à la télévision et dire que ce qu'elle avait indiqué lui avait été imposé. Il y a donc une certaine contradiction dans sa déclaration", a précisé à l'AFP un membre de la famille qui a requis l'anonymat.

Le parquet attend les résultats des tests toxicologiques. Il a réclamé le dossier médical ainsi que les enregistrements des caméras du quartier où Diego Maradona a vécu ses derniers jours.

Les témoins ont déjà commencé à être entendus

Autre polémique, les photos d'employés des pompes funèbres posant, pouce levé, à côté du cercueil ouvert où reposait le cadavre de Maradona avant la veillée funèbre, jeudi, ont scandalisé l'Argentine malgré les excuses répétées d'un des auteurs vendredi. L'avocat de Maradona a promis de poursuivre les coupables.

Les témoins ont déjà commencé à être entendus. "Nous avons pu établir qu'[un infirmier chargé de veiller sur lui] est la dernière personne à l'avoir vu vivant à environ 6h30 locales [9h30 GMT] mercredi, lors du changement de garde", a indiqué le parquet.

Dans son témoignage, l'infirmier a affirmé que Maradona "se reposait dans son lit" et "qu'il dormait et respirait normalement". En outre, l'infirmière qui a pris le relais et était présente au moment du décès a ensuite précisé son témoignage et assuré l'avoir "entendu bouger" environ une heure plus tard.

Auparavant, elle avait indiqué qu'elle l'avait vu dormir à 11 heures et n'avait pas voulu le déranger, préférant attendre l'arrivée à la mi-journée de la psychiatre Agustina Cosachov et du psychologue Carlos Diaz. Ce sont eux, voyant que Maradona ne réagissait pas en tentant de le réveiller, qui ont donné l'alerte. Un médecin du quartier a tenté de le réanimer. La première ambulance est arrivée à 12h27, a précisé le parquet.

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