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Mondial 1978 : l'Argentine et le triomphe de Videla

L'Argentine accueille pour la première fois la Coupe du Monde sur son sol, et compte bien la remporter. Mais un personnage cristallise les critiques ; en tribunes, le dictateur Videla jubile. La contestation internationale n'aura pas eu la peau du Mondial argentin, et les Argentins pourront soulever le trophée, malgré les polémiques liées à l'arbitrage.
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Radio France
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 (Le général Videla assiste à la remise du trophée à l'Argentine © Heinz Ducklau/AP/SIPA)

La finale : Argentine 3-1 Pays-Bas (a.p.)

Buenos Aires, Argentine | La finale oppose deux nations qui n’ont jamais gagné la Coupe du Monde. Les Pays-Bas accèdent à une finale de Coupe du Monde pour la deuxième fois consécutive, après leur défaite en Allemagne quatre ans plus tôt. Devant leur public, et sous les yeux du dictateur Videla, les Argentins ont échappé de justesse à l’élimination au second tour (voir plus bas) en battant largement le Pérou (6-0). Les Néerlandais, eux, privés de Johan Cruijff, ont notamment battu l’Italie et l’Autriche. La finale se joue en prolongation, après des buts de Mario Kempes et Dick Nanninga pendant le temps règlementaire. Mario Kempes encore, puis Daniel Bertoni offrent sa première Coupe du Monde à l’Albiceleste. Les Pays-Bas repartent la tête baissée, une nouvelle fois battus en finale.

 

 

 

Le parcours des Bleus

En Argentine, le groupe de l’équipe de France est jeune, plutôt inexpérimenté, autour de Michel Platini, Maxime Bossis, Bernard Lacombe et Dominique Rocheteau. Mais les Bleus se battent avec leurs armes, et tombent au premier tour avec les honneurs face à l’Italie et l’Argentine (1-2 à chaque fois). Ils se reprennent en battant ensuite la Hongrie (3-1), ne pouvant malgré tout éviter l’élimination précoce. Mais le groupe en construction signera bientôt de belles pages d’histoire.

Le joueur de la compétition

Dans une ambiance pesante, la jeune dictature argentine de Videla récupérant cette Coupe du Monde à son profit, l’Albiceleste joue gros. Les attentes sont énormes. S’il fallait ne retenir qu’un seul joueur de cette génération exceptionnelle, ce serait évidemment Mario Kempes, El Matador, attaquant redoutable et meilleur buteur de cette édition à domicile avec six buts marqués. Le flair du sélectionneur César Menotti a payé : c’est lui qui a insisté pour que Kempes soit convoqué pour cette Coupe du Monde. En effet, la junte militaire au pouvoir refusait qu’un joueur évoluant à l’étranger, au FC Valence, vienne renforcer les rangs de la sélection nationale.

Le(s) anecdote(s)

Controversée, cette édition de la Coupe du Monde en Argentine l’a été. Pour le dictateur Videla, hors de question de voir "son" équipe rater "son" Mondial. Ainsi, les Pays-Bas vaincus en finale ont refusé d’assister aux cérémonies d’après-match, en partie pour protester contre les militaires au pouvoir. L’une des raisons qui a provoqué également le forfait du "Hollandais volant", Johan Cruijff qui ne remportera donc jamais la Coupe du Monde. Le football total des Pays-Bas de Johan Neeskens ou encore Johnny Rep reste peut-être la plus belle équipe jamais récompensée par un titre.

Autre polémique, celle qui concerne les conditions de la rencontre du second tour entre l’Argentine et le Pérou. L’Albiceleste s’impose 6-0, score incroyable, soit juste ce qu’il faut pour éliminer le Brésil, à la différence de buts particulière…

La mascotte

 

 (Gauchito, la mascotte du Mondial 1978 en Argentine © Fifa)

 

 

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