Mondial 1954 : la RFA met fin au rêve hongrois

Ce n'est pas tant la victoire de l'Allemagne de l'Ouest que l'histoire retient de cette édition suisse du Mondial, mais plutôt l'échec en finale de la génération dorée hongroise, emmenée par Puskas. La RFA remporte chez le voisin suisse son premier titre de championne du monde.

(Fritz Walter et Ferenc Puskas se saluent avant la finale © AP/SIPA)
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Yann BertrandRadio France

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La finale : RFA 3-2 Hongrie

Berne, Suisse | Autant la Hongrie, archi-favorite de la compétition, était attendue en finale, autant la présence de l’Allemagne de l’Ouest, qui se relève difficilement après l’armistice de 1945, constitue une surprise. Et personne ne donne cher de sa peau, après le parcours des Hongrois emmenés par Ferenc Puskas et Sandor Kocsis. Le "onze d’or" a en effet atomisé la Corée du Sud (9-0), et déjà la RFA (8-3) – ou plutôt les remplaçants – au premier tour, avant d’éliminer le Brésil puis l’Uruguay (4-2) à chaque fois. Les Allemands, eux, accèdent à leur première finale de Coupe du Monde notamment après avoir sorti la Yougoslavie (2-0 en quarts de finale) et l’Autriche (6-1 en demi-finale). Le "miracle de Berne" est en marche. Menés rapidement 2-0, les Allemands égalisent et Helmut Rahn inscrit le but victorieux à cinq minutes du terme. Puskas croira bien égaliser quelques minutes plus tard, mais l’arbitre a vu un hors-jeu. Très discutable. L’Allemagne remporte en Suisse la première de ses trois Coupes du Monde.

 

Le parcours des Bleus

En ce début des années 1950, la France est l’une des équipes nationales les plus cotées. La génération dorée des Raymond Kopa, Roger Piantoni et Jean Vincent fait espérer des lendemains qui chantent. Las, les Bleus qui font le court déplacement en Suisse ratent leur entrée dans le Mondial en s’inclinant contre la Yougoslavie (1-0). Malgré la victoire face au Mexique (3-2), ils sont éliminés et devront attendre quatre ans de plus pour briller lors d’un Mondial.

L'équipe de la compétition

Ce devait être la Coupe du Monde de la Hongrie. Personne n’imaginait voir cette équipe magnifique, championne olympique en 1952 à Helsinki, qui marchait sur tous les adversaires qu’elle rencontrait à l’époque, passer à côté d’un sacre en Suisse. Même les Anglais, battus chez eux à Wembley (3-6) quelques mois plus tôt, s’en étaient rendu compte. Le Onze d’Or, emmené par Ferenc Puskas, était programmé pour gagner. Certes, le "Major galopant" était blessé à la cheville et n’a pas pu donner le meilleur à partir des quarts de finale. Pourtant, Sandor Kocsis y a mis du sien en inscrivant la bagatelle de 11 buts sur l’ensemble de la compétition. Mais la RFA, surmotivée, et apparemment aidée (voir ci-dessous) de manière illicite, a su déjouer tous les pronostics. La Hongrie est devenue en Suisse un perdant magnifique, un titre qu’allait connaître vingt ans plus tard les Pays-Bas de Johan Cruijff.

Le(s) anecdote(s)

En 2010, les résultats d’une étude menée par le Comité national olympique allemand ont levé le voile sur un possible scandale. Les joueurs allemands auraient en effet été dopés à la pervitine, dite aussi "drogue du soldat", un cocktail d’amphétamines distribué aux soldats pendant la guerre. Certains joueurs auraient souffert après le Mondial de jaunisse, l’un des effets secondaires les plus connus de ce produit. Le "miracle de Berne" aurait donc aussi été chimique.