Malgré les protestations de l'Atlético Madrid, "en termes de droit, le transfert d'Antoine Griezmann est fait", selon un agent de joueurs

Selon Jennifer Mendelewitsch, l'Atlético Madrid "peut faire des recours, mais ça va être compliqué" pour le club madrilène. 

Antoine Griezmann en janvier 2019. 
Antoine Griezmann en janvier 2019.  (RODRIGO JIMENEZ / EFE)

Le bras de fer continue entre l'Atlético Madrid et le FC Barcelone à propos d'Antoine Griezmann. Le transfert du Français a déclenché une guerre ouverte entre les deux clubs espagnols. En cause, le montant du transfert à 120 millions d'euros qui ne convient pas à la formation madrilène. Madrid reproche aux catalans d'avoir trouvé un accord avec Antoine Griezmann avant le 1er juillet lorsque sa clause libératoire était encore à 200 millions d'euros, avant de chuter à 120 millions. Pourtant, "en termes de droit, le transfert d'Antoine Griezmann est fait", a estimé sur franceinfo samedi 13 juillet Jennifer Mendelewitsch, agent de joueurs. 

franceinfo: Comment les transferts fonctionnent-ils en Espagne ?

Jennifer Mendelewitsch : Il y a une clause libératoire, fixée dans le contrat de travail du joueur. C'est la règle en Espagne, c'est obligatoire alors que c'est interdit en France. Selon le processus, pour que le joueur soit libéré, il doit lui-même - ou en autorisant un tiers à le faire pour son compte - déposer les fonds correspondants à la clause libératoire auprès de la Ligue de football espagnole. Ensuite, une fois que tout est validé, la Ligue transfère les fonds au club vendeur.

L'Atlético Madrid est-il dans son droit ?

Il y a plusieurs choses. La première, c'est qu'Antoine Griezmann a déjà joué avec le feu. Il avait notamment mis en scène sa décision de rester à l'Atlético Madrid au moyen d'une vidéo en grande pompe. Il faut se souvenir que cette vidéo avait été produite par Gerard Piqué [un joueur du FC Barcelone], ce qui avait fait beaucoup parler et mis en colère un bon nombre de supporteurs de l'Atlético. En ce qui concerne les faits et le droit, l'Atlético est dans son droit quand il conteste le paiement de cette clause s'il arrive à avoir des preuves que l'accord a été conclu avant le 1er juillet. C'est assez compliqué parce que, en pratique, c'est le cas pour tous les transferts. En théorie, les clubs acheteurs n'ont pas le droit de discuter avec les joueurs sans avoir l'accord du club vendeur. En réalité, on sait tous que c'est une utopie et que les discussions doivent avoir lieu en amont avec le joueur, pour savoir s'il est intéressé et déterminer les conditions de sa future embauche. La question est : comment vont-ils le prouver ?

Pensez-vous que le transfert peut encore capoter ou le Barça ne va pas prendre le risque d'une humiliation et va régler ce qui reste à payer ?

En termes de droits, le transfert d'Antoine Griezmann est fait. L'Atlético peut derrière faire des recours pour demander la suspension mais ça va être compliqué parce que les clauses libératoires sont créées justement pour éviter ce genre de ce genre de litiges et les négociations à répétition. Historiquement, la clause libératoire a été conçue pour donner plus de liberté aux joueurs. Si quelqu'un paye le montant demandé, le club n'a rien à dire et le joueur est libre. C'est donc facile aujourd'hui de venir dire qu'il y a eu des accords avant. Il faut le prouver.